14-02-2012 00:42 - Université : Gare au « printemps » des étudiants !
Attention aux dérapages ! Le pouvoir est en train de multiplier les gaffes et, partant, de courir des risques inutiles. Ceux qui crient à qui veut les entendre que la Mauritanie est à l’abri du « printemps arabe » qui a déjà soufflé en Tunisie, en Egypte et en Libye (et emporté les dictateurs dans ces pays) doivent bien recommander au président Aziz de se méfier du « printemps » des étudiants !
Car c’est connu, les universités ont toujours été le lieu de la contestation. Même dans un pays comme la Mauritanie où l’élite politique est connue pour son fatalisme, l’on sait que les étudiants ont toujours été à l’avant-garde de tout mouvement de revendication sociale. L’actuel pouvoir, qui peut être considéré comme le prolongement naturel de celui issu du coup d’Etat du 06 août 2008, en sait quelque chose.
Les grèves qui ont secoué le pays durant la « Rectification » n’avaient-elles pas poussé le président Aziz a se déplacer à l’Université et à promettre aux étudiants de régler, au plus vite, les problèmes de transport, de bourses et d’amélioration des conditions de vie et d’études ?
Pourquoi alors, pour des revendications similaires, certains tentent de « provoquer » les étudiants ? S’agit-il d’une tentative de récupération pour dire que les contestations parallèles (celles de la Coordination de l’opposition démocratique, de TPMN et d’IRA ainsi que des islamistes) y sont pour quelque chose ? Créer l’amalgame, en quelque sorte, pour que les revendications des étudiants ne soient pas considérées comme la partie d’un tout, mais une « excroissance » de cette action de sape, cette stratégie, que les opposants au pouvoir d’Aziz cherchent à inscrire dans l’agenda, toujours en cours, du « printemps arabe » !
On sait pourtant qu’une certaine logique commande au pouvoir et à ses soutiens de prendre garde à ne pas trop tirer sur cette ficelle. Le désir de « noyer » la grève des étudiants dans le « fleuve » de la COD (Coordination de l’opposition démocratique) peut être tentant, mais aussi risqué. Surtout quand, depuis Dakar où il assistait à une rencontre au siège de la RADDHO, le président d’IRA (Initiative pour la Résurgence d’un mouvement Anti-esclavagiste en Mauritanie), Biram Ould Dah Ould Abeid, déclare avoir appelé « toutes les forces vives de la nation en général, et celles de TPMN et de son organisation, « à travailler ensemble ».
Dans un tel contexte de remobilisation des troupes autour de questions aussi importantes que celles de l’Unité nationale, de la re-quête d’une démocratie véritable, autre que celle que les militaires ont essayé de « vendre » à l’élite du pays et aux populations, le président Aziz marche vraiment sur des braises.
Et donc, les autorités doivent éviter de donner le bon prétexte aux étudiants de choisir, une fois pour toutes, le camp de l’opposition. Trop de vexations et de mépris pour les jeunes qui veulent que leurs revendications (une augmentation-généralisation des bourses, entre autres) soient prises en compte au plus vite.
Sneiba
