15-03-2012 22:01 - De la nécessité de revoir les salaires…
Nos fonctionnaires se sont habitués à connaître à l’entame de chaque année, une augmentation substantielle de leurs salaires. La décision était toujours prise en janvier pour être appliquée à la fin du même mois.
Dix ans après l’entame dudit processus, les agents de l’Etat ont finalement vu leurs salaires aller du simple au triple. Relevez leurs revenus mensuels en 2000 et comparez-les à ceux d’aujourd’hui et vous mesurerez le bond qui a été effectué en avant, au grand bonheur des ménages. Manifestement, cette situation semble appartenir à un passé révolu.
Les fonctionnaires sont en passe de boucler le premier trimestre de l’an 2012, sans voir la moindre prémisse de reconsidération de leur statut. Soulevé par les centrales syndicales lors de leur entrevue de la semaine dernière avec le ministre de l’Emploi, le sujet ne semble plus être à l’ordre du jour.
Pourtant, le gouvernement n’a jamais été aussi mieux loti en technocrates que maintenant. En outre, le Premier ministre avait lui-même soutenu que les caisses de l’Etat sont pleines et que le pays se porte au mieux de sa forme financière. Cette situation, ajoutée à une franche volonté de revoir les conditions de travail des fonctionnaires, peut bien amener les pouvoirs publics de l’heure à perpétuer la tradition. D’autant que les commerçants impassibles, et maîtres absolus du marché de l’approvisionnement du pays en produits de consommation, serrent davantage les goulots d’étranglement contre les travailleurs !
L’impératif d’une reconsidération des salaires s’impose. Les temps sont durs. Surtout pour les agents subalternes. Cherchez le salaire du simple soldat, du policier du coin même revu à la hausse, de l’enseignant, de l’infirmière, du gardien de l’immeuble, du planton, et jetez un regard sur les prix des produits de consommation… vous vous étonnerez certainement de voir ces gens survivre, malgré des coups et contrecoups qu’il subissent.
La décision de revoir les salaires des fonctionnaires est une nécessité de justice sociale. Il n’y a pas de raison que les commerçants bénéficient d’égards dans le traitement de leurs affaires, que les cadres supérieurs soient payés décemment alors que les petits employés, ceux qui se tapent le boulot à longueur de journée dans la poussière et la chaleur soient misérablement traités.
L’infirmier qui fait face aux endémies et aux caprices insupportables des malades et qui risque sa vie dans un environnement très peu favorable avec des moyens de travail dérisoires et pour la plupart dangereux, ne doit pas continuer à être réduit à quémander auprès de ses patients pour pouvoir s’assurer le prix de son transport, à la fin de sa garde.
L’agent de sécurité ne doit pas se planter jour et nuit pour préserver la quiétude des populations et assurer la pérennité de l’administration, avant de se rendre chez lui, les poches trouées. Peut-il d’ailleurs assurer son service normalement quand il sait que sa famille ne mange pas à sa faim et n’est même pas soignée comme il se doit ?
La décision de revoir les salaires des travailleurs est d’une importance capitale. Particulièrement, les salaires des laissés-pour-compte.
Ceux d’en haut ne se plaignent pas, quand on sait qu’en plus de leurs salaires, les caisses de l’Etat servent le plus souvent de réserve. La morale et l’humilité imposent une reconsidération de la situation, ne serait-ce que pour la survie de l’Etat.
Un cadre supérieur, ça doit avoir honte de vivre dans le luxe, l’insolence matérielle affichée et l’arrogance autoritaire que confère le statut au moment où les autres crèvent la dalle et essaient en vain de tirer le diable par la queue.
MOMS.
