28-03-2012 06:56 - La commission nationale des états généraux de l'éducation et de la formation (CNEGEF :

La commission nationale des états généraux de l'éducation et de la formation (CNEGEF :

Premiers pas maladroits et décevants.

Le système éducatif mauritanien fait face à d’énormes difficultés, d’ordre politique, institutionnel, administratif, pédagogique, professionnel, économique et social. Il a donc, véritablement besoin, d’être redressé.

Pour cela, les autorités politiques et administratives doivent, définitivement, rompre avec certaines pratiques - je ne dirai pas avec d’anciennes pratiques parce qu’elles sont si actuelles qu’on les rencontre tous les jours et en toutes occasions – et prendre des décisions courageuses qui privilégient l’intérêt suprême de la Mauritanie, dans toute sa diversité, au détriment des intérêts mesquins : personnels et sectaires.

Dans ce contexte, la préparation des Etats Généraux de l'Education et de la Formation, doit être perçue comme un premier pas, pouvant conduire à l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de la formation dans notre pays. C’est donc une chance à saisir.

Mais ceci n’est possible, que si le Président de la République, agisse avec doigté et perspicacité, pour ne pas être induit en erreur, comme le furent ses prédécesseurs, par des groupuscules sans scrupules, qui ne se soucient que de leurs propres intérêts et qui utilisent, à cet effet, tous les moyens possibles de conviction, pour déformer la réalité et parvenir à leurs buts.

En parlant des Etats Généraux de l’Education et de la Formation (EGEF), j’aborderai essentiellement deux points : le premier concernera certains aspects de la constitution - même de la Commission Nationale de ces Etats Généraux de l’Education et de la Formation (CNEGEF), quant au second, il sera relatif à l’Appel à candidature, pour le recrutement de huit Consultants nationaux. ;

La CNEGEF se compose de 16 membres, dont la plupart, y compris le président, sont issus de l’enseignement supérieur. On peut dire, sans risque de se tromper, que les autres membres n’ont qu’un statut de simples figurants, car ne disposant d’aucun pouvoir de décision. Ceci est une aberration, car instituteurs, professeurs de l’enseignement secondaire et inspecteurs constituent les principaux acteurs de notre système éducatif, et connaissent parfaitement les problèmes de l’école d’une façon générale et de l’école mauritanienne d’une façon particulière.

Il va sans dire également qu’ils possèdent les connaissances académiques, techniques et professionnelles nécessaires, de nature à leur permettre de mener à bien les différentes tâches qui doivent être identifiées et mises en œuvre avant, pendant et après la tenue des Etats Généraux de l’Education et de la Formation. Ils ne devaient donc pas être marginalisés, bien au contraire, les premiers rôles leur revenaient de droit.

De cette commission, on peut alors dire qu’elle n’est nullement en adéquation avec les réalités de terrain ni avec les exigences de développement de notre pays. En un mot, elle n’est ni objective, ni rationnelle et ne conduira, certainement, qu’à l’échec.

Le clientélisme, le favoritisme et la corruption qui profitent généralement aux plus médiocres doivent être bannis. Mais malheureusement cet objectif tarde à être atteint, car l’intégrité morale, l’expérience professionnelle, si riche soit-elle, et le haut niveau de qualification ne sont, généralement, aucunement pris en compte, bien au contraire, ils constituent, dans bien des cas, non pas un atout mais un handicap sérieux.

En ce qui concerne la grille d’évaluation des consultants, les critères retenus par la CNEGEF et la répartition des points ne garantissent pas l’efficacité de la sélection, ni l’équité entre les différents postulants, en ce sens qu’ils privilégient injustement et de façon flagrante les professeurs de l’enseignement supérieur, ce qui est inadmissible.

Par rapport aux activités de la CNEGEF, je citerai seulement quelques points qui me paraissent contraires à l’esprit d’efficacité et de transparence :

1 – Le président de la Commission a affirmé que « les notes ne seront sues qu’après la fin du processus », ce qui ne peut signifier qu’un manque véritable de transparence.

2 – Dans la grille d’évaluation des consultants, la Compréhension des Termes de Référence (TDR) est notée sur 4 points pour un total de 100 points, ce qui laisse vraiment perplexe toute personne possédant un minimum d’intelligence.

3 – Dans le procès-verbal de sa réunion du 1er Mars 2012, la CNEGEF n’a pas respecté le point 3 qui précise que pour chacun des 8 thèmes, elle retiendra 8 candidats…

4 – Les 28 candidats qu’elle a ‘’présélectionnés’’, l’ont été, non pas sur la base de l’ensemble des critères qui sont au nombre de 6, notés sur 100 points, mais seulement sur 5 critères pour un total de 85 points. Ceci est injuste et constitue une faute grave, car d’une part, cette présélection, qui n’est en réalité qu’une manœuvre, ne devait pas avoir lieu, car totalement contraire à l’esprit des TDR et de celui de tout Appel à Candidature, et d’autre part, ‘’le seuil de 28 points que la commission a adopté’’ n’a aucun sens et baigne dans l’opacité totale.

Ceci peut être explicité par un exemple très simple parmi tant d’autres : un candidat (présélectionné) peut avoir obtenu sur les 5 premiers critères 28 points et peut obtenir sur le 6ème 2 points, ce qui lui fera 30 points, tandis qu’un autre (éliminé) peut avoir obtenu sur les 5 premiers critères 27 points et peut obtenir sur le 6ème 13 points, ce qui lui fera 40 points. A vous de juger !

5 – La liste des 52 candidats n’avait pas été affichée, ce qui peut donner lieu à plusieurs intrigues.

6 –27 candidats présélectionnés sur 28 sont d’une même communauté.

Vu tout ce qui précède et compte tenu du manque de transparence observé dans la préparation des Etats Généraux de l’Education et de la Formation et particulièrement dans la sélection des huit consultants nationaux, il importe que les autorités compétentes prennent, pendant qu’il est temps, leurs responsabilités pour éviter que les choses n’aillent de mal en pis. Pour cela, il importe, à mon sens, que soient entreprises, de façon systématique, certaines actions dont notamment :

1 – L’adaptation de la composition de la CNEGEF aux réalités de terrain.

2 –L’annulation pure et simple de la présélection douteuse et opaque réalisée par l’actuelle commission et la sanction des principaux responsables de cette mascarade.

3 – La mise en œuvre de dispositifs rigoureux et fiables de suivi et de contrôle.

4 –La fixation de nouveaux Termes de Référence (TDR) objectifs et pertinents.

5 –La reprise du processus d’Appel à candidature pour le recrutement des Consultants nationaux.

La tenue des EGEF constitue une occasion d’une aussi grande importance et doit bénéficier, en particulier, de la part des décideurs politiques et des responsables de l’éducation, d’une attention toute particulière.

En ce qui me concerne, je continuerai, quelles que soient les circonstances, à dénoncer avec la plus grande énergie, tout ce qui est de nature à aller à l’encontre d’une bonne préparation et d’une bonne tenue des Etats Généraux de l’Education et de la Formation dans notre pays. Je considère que mon devoir est d’accompagner ce processus, mais à ma manière et en fonction de mes convictions et de l’intérêt suprême de la Mauritanie.

Nouakchott le 27-Mars-2012

Mohamed Ould Laghdal
Inspecteur Enseignement Fondamental Retraité.



Source : Khalil Sow
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