06-11-2012 16:48 - Challenge de l’école
L’école mauritanienne a ouvert ses portes depuis un mois, jour pour jour. Un éternel recommencement. Entre la dernière fermeture des classes et l’entame de la nouvelle année scolaire, rien n’a changé. On a pris les mêmes administrateurs, els mêmes enseignants, les mêmes programmes et les mêmes habitudes et on a recommencé. C’est justement en changeant tout cela qu’il fallait redémarrer. Dommage.
Le challenge de l’école nouvelle est aujourd’hui des plus difficile. Il va falloir s’y prendre ave force. Tout le monde sait que le système de l’éducation est profondément malade, gangrené qu’il est par les pratiques maffieuses entretenues par un lobby d’obscurantistes mercantiles qui l’a toujours tenu en otage.
Les élèves n’ont jamais su ce qu’on leur inculque. Leur maître ou professeur, supposé être l’éducateur en chef, ne le sait même pas lui-même. Souvent, il se contente de les maintenir en classe, le temps de "laisser passer son heure ".
Son cours de français, d’arabe ou d’histoire n’est que les bribes de notions qu’il appréhende lui-même à peine. L’atmosphère est délétère dans l’école. Les bâtiments sont généralement sales, mal entretenus et peu sûrs pour les enfants. Le maître s’ingénue le plus clair de son temps à tromper son directeur, par certificats médicaux à la petite dose, le directeur s’évertue à berner les inspecteurs et ces derniers trompent allègrement le ministre sur le rendement des uns et des autres. Le patron du département lui, s’accommode de peu, de chiffres et de quelques statistiques bidon pour les brandir au gré des séminaires nationaux et régionaux. En fait, on ne lui a jamais demandé comme performance que d’éviter une grève pendant l’année scolaire.
Quand un ministre de l’Education parvenait à contenir les syndicaux durant toute une année, il avait les félicitations du Président de la République et de son Premier ministre. Quant aux taux qui font pâmer de jalousie les voisins, c’était juste pour la galerie. A la qualité de l’enseignement, on avait choisi les chiffres, ronds et surtout froids. L’ENI était devenu une usine à fabriquer des cancres qui à leur tour allait dispenser leur poison à de petits enfants qui parvenaient à peine à écrire leur nom, en français comme en arabe, en classe d’entée au collège.
Disons-le clairement, l’éducation est le grand malade de la Mauritanie. Que ceux qui prétendent vouloir nous sauver nous sauvent d’abord de notre secteur de l’éducation et de la formation, qu’ils le réhabilitent, qu’ils le réfléchissent très objectivement pour créer le nouvel homme mauritanien à même de nous extirper du cercle vicieux dans lequel nous tournons depuis des décennies. Le mercantilisme institué en règle dans le système éducatif, la dévalorisation du savoir, le mépris de la morale, de la connaissance et de ses hommes, ont sonné le glas.
Sneiba.
