10-12-2012 07:50 - Kaedi : lycée de Kaédi, le pourrissement- [PhotoReportage]

Kaedi : lycée de Kaédi, le pourrissement- [PhotoReportage]

Entassés les uns sur les autres, les élèves du lycée de Kaédi suffoquent en raison des conditions d’apprentissage alarmantes, insoutenables. Des classes pléthoriques et mal entretenues voilà bien un quotidien qui exprime à lui seul tout le dégoût d’un système pourri dont l’odeur semble bien plaire aux responsables qui au demeurant comme des sangsues sucent l’âme d’un établissement du moins pour ce qui en reste.

Avec un effectif de plus de 2500 élèves ,le lycée ,ce fleuron qui a donné au pays ,à la région tant de cadres et de concepteurs se meurt lamentablement par le seul fait de la négligence, voire de l’indifférence.

En effet ,comment comprendrait- on qu’avec plus de 35 salles de classe qu’un seul manÅ“uvre qui a vu naître l’établissement puisse assurer la manutention, balayer les salles, les entretenir et jouer en même temps le rôle de planton ?

Dans cet environnement scolaire ou tout incite à la révolte, les murs sont dépeints et lézardés, les toits de certaines salles s’affaissent, les tables bancs malgré tout le tintamarre manquent cruellement, en somme tout y est pour faire de cet établissement une caserne ou élèves et professeurs, la mine grisâtre se partagent bon an mal an un désert ,oui un désert dans lequel comme des cactus ils dodelinent leurs bouilles autant vides que leur milieu d’autant plus arides que les livres made in IPN (Institut Pédagogique National) , comme supports pédagogiques brillent par leur absence totale.

Comme infrastructure qui manque de tout, de latrines et autres accessoires d’hygiène , le lycée de Kaédi dont les résultats depuis quelques années, en dépit de la médiocrité ambiante s’illustre par des résultats bien appréciés à l’échelle nationale, donne un bien mauvais cliché qui contraste d’avec son niveau de prestige d’antan qui s’émousse hélas davantage par le manque de personnel d’encadrement. A cette situation de décrépitude viennent se greffer des décisions hâtives et mal conçues qui mettent en évidence toutes les aberrations académiques qui donnent du tournis aux observateurs avertis.

Ainsi on y trouve logés dans l’enceinte du lycée le collège technique et un lycée d’excellence dont les contours encore mal définis est beaucoup plus le résultat d’une mode qu’une exigence pédagogique assumée.

Au moment ou notre pays commémore ses 52 hivernages du reste -mal arrosées- d’indépendance factice, Kaédi, le chef lieu de la Wilaya pleure son sort et avec lui les jeunes élèves tant l’abandon a été cruel du coté de l’administration scolaire , mais surtout du manque d’intérêt de ses ressortissants qui ont vite oublié que quelque part le devoir de rédevabilité est une exigence morale pour les générations montantes. En attendant la prise de conscience de l’une ou l’autre partie le souffle abandonne, dans un mutisme aux senteurs de culpabilité collective l’unique lycée qui agonise.

Seybane Diagana


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Commentaires : 12
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Commentaires (12)

  • hamewarga (H) 11/12/2012 09:57 X

    J'ai visité le lycée c'est inqualifiable, mais ce qu'il faut rappeler c'est que ces établissements relèvent de seule compétence de l'Etat à travers le gouverneur, heureusement peut être, car s'il dépendaient des communes ils seraient tout simplement vendus aux commerçants.

    A cet égard se sont les institutions de la REPUBLIQUE qui sont de mauvaise foi, mais également les parents d'élèves. Officiellement plus d'un tiers du budget de l'Etat est alloué au secteur de l'éducation et voila où nous sommes. Pourtant malgré les lacunes, l'Etat investi énormément dans ce secteur que je connais parfaitement mais les fonctionnaires (enseignants, les inspecteurs, les professeurs, les directeurs d'écoles ) sont dans une large mesure les premiers responsables de cette situation. ilS préfèrent profiter tranquillement des salaire de l'Etat et consacrer le plus clair de leur temps aux écoles privées des enfants de l’hégémonie.

    C'est facile de crier au voleur mais difficile de faire une analyse objective et surtout de se remettre en cause.

  • sambajam (H) 11/12/2012 08:43 X

    Et bien ! A tout cela s’ajoute le problème des professeurs absentéistes, retardataires, aux cours monstrueusement pédants, insipides et creux !

  • Nduyeejo (F) 10/12/2012 16:41 X

    Ils n'ont pas le choix du primaire au lycée, ils ont étudié ds des conditions suivantes. Je trouve qu'il sont courageux et déterminés sinon difficile d'étudier et de réussir ds ces cas la.

  • gorgui4 (H) 10/12/2012 15:22 X

    Pourtant nos lycéens semblent trés contents de la situation

  • Ksaleh (H) 10/12/2012 14:43 X

    Et maintenant ? Seront tenté de dire après la lecture de cette brillant étude des lieux qui dépasse tout descriptif, il faut maintenant que les autorités concernées, les populations locales et le leader sheep local se mobilise pour trouver une solution a cette situation inamissible.

  • silamaxan (H) 10/12/2012 12:50 X

    Tant que cette injustice existe seul un hypocrite me parlera de démocratie avec elle multipartisme... luttons d'abord pour changer les choses, commençons par ce cas précis qui est la priorité, sans une bonne éducation assurée a sa jeune génération aucun état ne peut prétendre a un développement et état qui néglige l’éducation va vers la dérive...

  • silamaxan (H) 10/12/2012 12:38 X

    Nous l'avons beau crier que les régents de ce pays se servent du système éducatif pour abroutir et du système économique, financier et dérives pour appauvrir certaines couches de la société considérées comme étant des exclus. Encore a nouveau l’Afrique du sud avant Mandela.....

  • alhambaral (H) 10/12/2012 12:00 X

    à travers ce que ces images illustrent, il n'est même plus utile d'ajouter un mot. La vérité est universelle. Au Lycée de Kaédi, la situation est plus déplorable que ce que ces images montrent.

    mon ami a parlé de 2500 élèves, mais non, il s'agit de 3000 élèves ou plus aujourd'hui. nous ne sommes pas dans des classes, mais des marchés, où le prof ne peut même pas circuler entre les tables, car on ne peut pas parler de rangées.

    Les élèves utilisent même le bureau du prof pour y asseoir. Ce qui vaut dire que le prof, lui n'est plus considéré.

    A 8 heures, les élèves font la course pour pouvoir trouver où s'asseoir, car il faut se mettre à 4 pour ne pas être au sol.

    Croyez, chers lecteurs et lectrices que la situation est plus que jamais critique et va de mal en pire, car les élèves continuent de venir de partout!

    Kaédi mérite plus qu'un Lycée! Il faut créer un autre!

  • Ibadou (H) 10/12/2012 10:28 X

    Dites – moi que j’hallucine ! Dites –moi que nous sommes dans une des villes du Darfour donc en zone de guerre ! En tout cas n’importe quel lieu sinistré sauf dans le célèbre lycée de Kaédi.

    Je m’étonne que des élèves se trouvent à quatre par table ou soient sur terre, après tous ces projets d’’’éducation n’’, après l’engagement de Ould Abdel Aziz à ce que tous les jeunes élèves soient sur des tables bancs. Si la situation se présente ainsi en ville que dire des villages et autres patelins de ce vaste pays.

    Cependant, il ne revient pas seulement à l’état et à ces braves professeurs d’être les seuls responsables de cet hécatombe, mais aussi les populations par le manque d’engagement ou leur passivité, puis la diaspora qui doit être mobilisée, après la faillite des hommes politiques de cette ville qui n’ont pas vu plus loin que leur nombril.

    Cette situation de décrépitude de notre système d’enseignement n’est pas étrangère à la fulgurance du banditisme dans ces villes, à la consommation des drogues dures et aux vols et autres cambriolages.

  • Ibadou (H) 10/12/2012 10:23 X

    Dites – moi que j’hallucine ! Dites –moi que nous sommes dans une des villes du Darfour donc en zone de guerre ! En tout cas n’importe quel lieu sinistré sauf dans le célèbre lycée de Kaédi. Je m’étonne que des élèves se trouvent à quatre par table ou soient sur terre, après tous ces projets d’’’éducation n’’, après l’engagement de Ould Abdel Aziz à ce que tous les jeunes élèves soient sur des tables bancs. Si la situation se présente ainsi en ville que dire des villages et autres patelins de ce vaste pays.

    Cependant, il ne revient pas seulement à l’état et à ces braves professeurs d’être les seuls responsables de cet hécatombe, mais aussi les populations par le manque d’engagement ou leur passivité, puis la diaspora qui doit être mobilisée, après la faillite des hommes politiques de cette ville qui n’ont pas vu plus loin que leur nombril.

    Cette situation de décrépitude de notre système d’enseignement n’est pas étrangère à la fulgurance du banditisme dans ces villes, à la consommation des drogues dures et aux voles et autres cambriolages.

  • dykrim (H) 10/12/2012 10:15 X

    A notre époque nous avions connu toutes sortes de mésaventures avec notre administration, pour n’être uniquement que des bons vendeurs de poulets.

    Mr Séybané dans ces conditions relatées par ces images, je me demande s’il aura au moins un médiocre vendeur de cola parmi ces élèves exposés à même le sol ?

  • kolliyadio (H) 10/12/2012 08:56 X

    Mon frère Seybane,
    ou sont les élus de cette ville et de la région, ses fils et ses filles ? Alors, il faudrait redonner à cette ville ce qu'elle nous avait gracieusement donné.