25-01-2013 12:08 - La Mauritanie lutte contre l'analphabétisme

La Mauritanie lutte contre l'analphabétisme

Le gouvernement mauritanien prévoit de faire de l'alphabétisation une priorité pour promouvoir le développement du pays. La Mauritanie a célébré dimanche 20 janvier la Journée nationale de lutte contre l’analphabétisme à l'Institut Ibn Abbas de Nouakchott.

Ahmed Ould Neini, ministre des Affaires islamiques et de l’Enseignement originel, a présidé la cérémonie marquant cet évènement placé cette année sous le thème "L’alphabétisation, base du développement durable".

"La célébration de cette journée s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour la lutte contre l’illétrisme et la nécessité de l'éducation des adultes pour leur permettre de contribuer au développement du pays", a déclaré le ministre.

"L’illétrisme, qui touche 38 pour cent de notre société, est un handicap socio-économique majeur qui entraîne marginalisation et pauvreté. La lutte contre ce phénomène requiert la coordination des efforts, l’action continue et la mise à disposition de tous les moyens possibles, conformément aux dispositions internationales", a-t-il souligné.

Au cours de cette journée, des spécialistes ont présenté un certain nombre d’exposés portant sur l’illétrisme en Mauritanie et sur les impacts socio-économiques de la lutte contre ce phénomène. Ils ont également évoqué sa relation avec l’emploi, ainsi que la méthodologie et les résultats de l’action engagée durant les deux dernières années.

"L’illétrisme a été identifié par la communauté internationale comme un obstacle majeur au développement et au plein épanouissement de la personne humaine", a expliqué l'économiste Djibril Cissé.

"Ce phénomène marginalise ceux qui ne savent pas lire et les prive des opportunités et des bienfaits du développement de leur pays, dans un contexte international de mondialisation où l’inégalité entre les hommes est d’abord intellectuelle avant de se traduire sous la forme de biens, de services et de capitaux", a-t-il ajouté.

Cissé a noté que les treize wilayas que compte le pays pouvaient être classées en quatre groupes sur la base du taux d’alphabétisation.

Le premier groupe affiche un taux entre 76 et 84 pour cent. Il est formé des régions de Dakhlet Nouadhibou, Tiris Zemmour, Nouakchott et Inchiri.

Le deuxième groupe affiche un taux légèrement supérieur à 65 pour cent. On y retrouve les wilayas de Tagant, de l’Adrar et de Trarza.

Hodh El Charghi, le troisième groupe, connaît un taux légèrement supérieur à 50 pour cent (53,6 pour cent).

Le quatrième groupe, enfin, concerne les wilayas dont l’économie repose sur l’élevage ou l’agriculture traditionnelle et où moins de 50 pour cent des adultes de plus de 15 ans sont alphabétisés. Ce sont les régions administratives d'Assaba, Hodh El Gharbi, Brakna, Gorgol et Guidimagha.

Afin de lutter contre la pauvreté, le gouvernement a lancé en 2012 le Programme d’alphabétisation et d’apprentissage de métiers (PALAM).

L'objectif poursuivi par le PALAM est de "mettre l’accent sur le développement des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être chez les groupes cibles, en prenant en compte leurs besoins d'apprentissage et les spécificités de leurs milieux", a expliqué le gouvernement.

Par Bakari Gueye à Nouakchott



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Commentaires (2)

  • maham68 (H) 26/01/2013 01:20 X

    Rendez d'abord l'école gratuite et obligatoire jusqu'à 16 ans, car on a un pays de 2 millions d'analphabètes? L'arabisation a créé une vague de hassanophones qui sont analphabètes en arabe et en français et font tourner le pays en rond et à la fin le vertige emportera tout le monde eux les premiers.

  • hathlele (H) 25/01/2013 13:49 X

    Moi, je pense que si nous continuons avec la même méthode connue de concentrer nos efforts sur les adultes et uniquement en Arabe, la campagne sera un échec comme les précédentes depuis 1990.

    Il faut ouvrir des écoles pour tous et dans les langues écrites: l'arabe et le français. Et pour quoi pas une formation technique. Moi,je me suis porté volontaire en 1991 à Chingutti, mais après un mois de travail, les élèves ont abandonnés vu que je ne pouvais pas leur enseigner le Français.

    A Zouerate, j'ai ouvert une classe gratuite mais les élèves demandaient aussi le français. 0r, le ministère veut surtout l'arabe. Et ''tout le monde est musulman'' comme me répètent les élèves continuellement.

    Prof sidi ould Bobba
    Zouerate