25-02-2013 23:00 - Le Mauritanien de demain : Notre école est mourante.
C’est pourquoi les états généraux de l’éducation ont été organisés la semaine dernière. c’est aussi pourquoi il y a trois ans, les Autorités ont créé le prytanée militaire de Nouakchott. L’objectif étant de former des Mauritaniens de demain hors du sérail de l’éducation nationale.
L’école mauritanienne, dans sa forme actuelle, n’est pas capable d’assurer une bonne éducation aux Mauritaniens. L’école est effectivement en agonie. L’alerte a toujours été donnée. Chaque fois qu’une Autorité nouvelle s’est installée, les promesses de la réhabilitation du secteur de l’éducation ont été rabâchées.
Cette fois, le pas a été franchi. Il n’y a pourtant jamais eu de progrès dans la manière de conduire le secteur… Et les Autorités actuelles ne sont pas en reste.
Un système d’enseignement et de formation nul, ne peut produire qu’un encadrement qui ignore les règles élémentaires de la pédagogie, des administrateurs qui ne sont pas capables de satisfaire aux demandes des administrés, des juges qui ne voient pas plus loin que leur nez, des policiers qui ne savent pas dresser un PV, des maçons incapables de construire un mur droit, des chauffeurs qui ignorent le code de la route…
Il est dommage de constater que la Mauritanie a cessé depuis longtemps d’être ce terreau du savoir et de l’excellence. La politisation extrême du champ éducatif, rempart présumé contre une acculturation sans fondement, a fini par faire de notre pays, une terre de médiocrité intellectuelle et éducative afférente. L’école mauritanienne n’est pas seulement malade de son environnement, de ses règles, de l’incompétence de ses enseignants, du laisser-aller total à tous les niveaux, elle souffre aussi du manque de vision plus handicapant que tous les autres facteurs réunis.
Depuis les années imbéciles des réformes de carpeaux, nous ne savons plus que faire. Au lieu de poursuivre la politique éducative choisie en la réformant aux forceps, et en améliorant les acquis réels obtenus à partir du milieu des années 60, nous avons été subitement plongés dans un système qui n’a aucun autre pareil dans le monde. L’Etat a décidé de diviser les Mauritaniens par l’école. Il a créé la double citoyenneté dans le pays. Un territoire deux peuples. Et c’est ce qui est encore en train de nous poursuivre aujourd’hui.
Si l’école mauritanienne est à présent par terre, c’est parce qu’elle a longtemps filtré avec des démons des Djinns plus puissants que tous les mauvais esprits de notre hémisphère.
Espérons pour le bien des fils malheureux de ce pays, que les états généraux de l’éducation qui viennent d’être clos, présentent des conclusions qui travaillent réellement à améliorer notre école.
JOB
