10-03-2013 00:11 - Rencontre au lycée Jean-Monnet Choc d'univers entre Mauritanie et cosmétique.

Rencontre au lycée Jean-Monnet Choc d'univers entre Mauritanie et cosmétique.

Des élèves de seconde en bac pro Esthétique du lycée Jean-Monnet à La Fère ont rencontré un journaliste mauritanien, réfugié politique en France.

«C'est intéressant. » Cela ne coûte rien de le dire, mais au sortir du centre de documentation du lycée professionnel Jean-Monnet, jeudi après-midi, à La Fère, Gwendoline Godulla, 15 ans, élève de seconde en bac pro Esthétique, cosmétique et parfumerie, avait eu un peu de mal à rester toujours bien concentrée sur le propos de l'invité de Christine Liégaut, documentaliste, et de Brigitte Derbois, professeure de lettres et d'histoire, Mohammed Houssein, 27 ans, journaliste mauritanien, réfugié politique en France.

Décrocher, peut-être, parfois…

« Cette rencontre entre dans le cadre de l'opération « Renvoyé spécial » du Centre des liaisons des enseignements des moyens de l'information et de la Maison des journalistes de Paris, qui accueille les journalistes réfugiés politiques », expliquait la documentaliste avant les premières questions des élèves. « Elles ont travaillé en amont avec moi, précisait Mme Derbois. En français, elles étudient la construction de l'information et la liberté de la presse. »

Mohammed Houssein répondait aux premières interrogations, liées à l'esclavage dans son pays. Le message mauritanien était délivré à l'abri d'étagères où l'on trouvait un livre sur le massage californien, les rayons esthétique-beauté et parfum-manucurie étant voisins, dans la bibliothèque, des rayons éthique-racisme et droits de l'homme.

Mais en garder quelque chose

Pendant que Mohammed Houssein parlait d'un esclavage inscrit dans la société mauritanienne sur les plans social, économique et religieux, assise à quelques pas du livre Cheveux chéris, frivolités et trophées, Gwendoline portait peut-être un peu trop d'égards à ses ongles chéris, le grand cahier posé sur ses genoux, tardant à se remplir. Mais, cahin-caha, question après question, le fil un peu ténu restait tendu entre les élèves et le journaliste mauritanien. « Les changements chez nous se font par des coups d'état successifs… »

Sur une autre rangée, les yeux de Tatiana Caron entre leurs grands cils noirs le fixaient tandis qu'il parlait du mouvement djihadiste, d'un séjour en prison (et du risque d'y demeurer des années pour un rien), de sa famille restée en Mauritanie, de l'aide de Reporters sans frontière… ou de son goût à Paris de travailler la nuit.

Arrêté dans son pays pour sa production sur le Net, interrogé en prison, on lui demanda : « Dis-nous qui est ce Facebook ! » « Comme s'il s'agissait d'une personne et non d'un réseau social. » Mouvement amusé dans l'assistance. L'anecdote permettait à Mohammed Houssein de mieux capter l'attention pour évoquer des conditions de vie de la population et les risques encourus rien qu'à faire son métier en Mauritanie : « Il faut avoir le courage de faire quelque chose, même si ce qu'on fait ne peut pas changer grand-chose. »C'est peut-être cette phrase, saisie au vol, qui fit dire à Tatiana, à l'issue de la rencontre : « J'ai été contente de l'écouter, c'est du vécu ! »

François Fene


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Commentaires (1)

  • echweina (F) 10/03/2013 06:46 X

    J'ai rien compris à cet pseudo-article. Pourquoi, s'aventurer dans des styles littéraires qu'on ne maitrise pas? C'est complètement nul et ca brouille complètement, comme ce papier.

    Pour ce qui est de l'"Exilé politique" Mohamed Hussein, je le plains, car il est entrain de se prostituer lui aussi, peut-etre, pour prendre la relève de l'autre... mais s'il n'est pas arrivé à "accrocher" son jeune public, c'est certainement à cause de l'absence de sincérité, de conviction dans ce qu'il dit!