25-03-2013 19:03 - Achats d’avions militaires : Ces fatalités pour les jeunes officiers et les caisses de l’Etat

Achats d’avions militaires : Ces fatalités pour les jeunes officiers et les caisses de l’Etat

L’opinion publique nationale est aujourd’hui indignée par le silence coupable qui entoure l’hécatombe des accidents de l’aviation militaire, effeuillant depuis quelques années la vie de jeunes officiers alors que les ressources astronomiques destinées à la flottille aérienne ne serviraient qu’à acheter de la pacotille.

Ainsi, les scandales au sein de la Grande Muette se succèdent sans qu’une tête ne tombe, la vie de valeureux soldats et la dilapidation des maigres ressources nationales ne valant certainement pas la tranquillité d’une hiérarchie civile et militaire qui voit les « chiens aboyer et la caravane passe ».

Aucune sanction n’a été prise à l’encontre de qui que ce soit et aucun procès-verbal d’enquête établi dans les normes n’a été soumis au public ou aux moins à ses représentants.

L’accident d’Aoujeft qui vient de coûter la vie à un jeune mécanicien d’avion, Aboubakry MBodj et des fractures multiples au pilote de l’appareil Tucano qui vient de s’écraser après un vol d’essai, remet sur la table l’épineux problème de la flottille aérienne de l’armée. Il semblerait que le pilote de l’avion, le capitaine Ahmed Taleb Ould Hmeida se serait fait éjecter après avoir échoué à atterrir en catastrophe, abandonnant le jeune mécanicien qui s’est fait carboniser à l’intérieur de son cockpit. Une mission d’enquête aurait été expédiée lundi 18 mars dernier sur les lieux du crash.

Cette affaire remet en mémoire une investigation que des confrères avaient mené suite à l’accident survenu à l’aéroport de Nouakchott en 2012 et où le crash d’un autre appareil de l’armée avait causé la mort de ses sept passagers. L’état défectueux des appareils à l’achat, l’absence de toute maintenance et l’état délabré des ateliers de l’aviation, ajoutés à la négligence et à l’improvisation des vols, seraient parmi les causes essentielles qui rendent aujourd’hui suicidaires la conduite des aéronefs de l’armée de l’air.

Certains n’hésitent pas à parler de marchés juteux, où les responsables militaires n’hésitent pas acheter au prix du neuf, des pièces de rechange défectueuses et de vieux appareils en fin d’exploitation. Résultats, les avions de la Direction de l’Air tombent comme des mouches. Rien que dans les deux dernières années, pas moins de 4 appareils ont crashé, causant la mort de 8 personnes, réduisant grandement la flottille composée de 12 avions achetés au prix fort sur le marché de l’armement.

Pas une seule des enquêtes menées n’a abouti à la moindre sanction ni à la moindre explication sur les causes de tel ou de tel crash. Parmi les accidents les plus atroces enregistrés, celui du 10 août 2011 qui avait causé aux alentours de Chinguitty la mort du jeune lieutenant pilote Boukhary Ould Ahmed.

L’enquête menée suite au crash lui faisait porter la cause post mortem de l’accident. Accusation facile d’autant plus que le pauvre n’était plus là pour se défendre. La Mauritanie perdra au passage un appareil Tucano de fabrication brésilienne et un brillant pilote formé au prix d’un sacrifice national.

Un autre appareil de type Z9 s’écrasera entre Nouakchott et Akjoujt et fut détruit à 90%. Le capitaine Ahmed Salem Ould Hamza s’en sortira miraculeusement. Là, encore l’enquête conclut à une faute de pilotage, comme d’habitude. Mais le capitaine ne sera jamais sanctionné et le document d’enquête fut renvoyé aux calendes grecques. Des mauvaises langues avancent que sa parenté avec le Directeur de l’Aviation militaire l’aurait sauvé des foudres de la sanction disciplinaire.

Selon le confrère alakhbar.info qui avait mené à l’époque une enquête judicieuse dans le domaine, l’avion récupéré sera expédié en Chine sans accompagnateur, ne serait-ce qu’un technicien pour bénéficier d’un transfert de compétences.

Un autre appareil tombera du ciel quelques temps après, en avril 2011. Il s’agissait d’un ULM qui s’écrasa à Atar à cause du mauvais temps, avait-on avancé. Là également le pilote français s’en tira sans bobos. L’avion est jusqu’à maintenant immobilisé.

Le 11 juillet 2012, c’est un avion de type Y 12 qui s’écrasera en plein aéroport de Nouakchott quelques minutes après son décollage. Ses sept passagers furent tous tués. Il devait transporter des travailleurs d’une société minière et revenir avec des produits finis. Reste un deuxième appareil Y 12, acheté dans le même marché que l’autre qui s’est écrasé. Malgré les appels à la prudence, cet appareil continue d’être utilisé.

Il est question, selon alakhbar.info, d’un autre marché que la Direction de l’Air serait en train de négocier avec la France pour l’achat de cinq hélicoptères de type Z9. Selon les experts, ce marché est plus que douteux et s’annonce comme l’un des plus gros scandales, dans la mesure où les hélicoptères de type Z9 ne seraient utiles que pour le transport de personnalités.

Ils n’auraient aucune utilité militaire, ni dans la surveillance du territoire, à cause de leur autonomie limitée de vol, ni dans des offensives armées à cause de leur légèreté qui les empêche de transporter des bombes ou des armes lourdes. Ils ne peuvent non plus transporter des troupes parce que leur capacité d’accueil ne serait que de 3 à 4 places.

Cheikh Aïdara


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Commentaires (4)

  • lass77 (H) 26/03/2013 08:50 X

    Il est temps d’être conforme par rapport à son époque. La Mauritanie veut être puissance militaire alors cela doit exiger des moyens humains sans équivoque pour maitriser du ciel. Il faut cesser d'acheter c es tucano alors que le Maroc et l'algerie se paient des F-15, Su 35 en sachant qu'on veut les ressembler. La Mauritanie aussi a les moyens d'avoir ces avions que j'ai cités.

  • lenoiritanien (H) 26/03/2013 00:54 X

    reposes en paix cher cousin babacar

  • sindibad (H) 25/03/2013 20:55 X

    cheikhj haydara,
    vous ne connaisser rien sur les citconstances de se crach ;le crache d'avions miltaire arrivent aux avions les plus sofestiqués amercains , russes avec les pilotes les expérmentés donc il n'est uniquement fatalité mauritaniennes. concernant l'achat d'hélicoptère avant d'ironiser il faut s'avoir les besoins de l'armmée en moyens de transport, de surviance ou bien de combat pour juger les priorités pour quel types d'appareil.

  • Ksaleh (H) 25/03/2013 20:12 X

    Non ne parlons pas de fatalité quand il s'agit de la défense de la patrie mauritanienne qui n'admet aucune erreur. Les défaillances doivent être connues et des sanctions prises contre d'éventuels responsables.