23-04-2013 08:30 - Aziz contribue à la déconfiture de l’Etat ! - [Fac similé]

Aziz contribue à la déconfiture de l’Etat ! - [Fac similé]

Contrairement à l’idée que l’on veut répandre, l’Administration mauritanienne n’est jamais tombée aussi bas. Et comme le poisson pourrait toujours par la tête, ce sont les pratiques des plus hautes sphères de la République notamment les actes présidentiels qui ont donné le coup de grâce à une administration des plus inefficaces dans la sous-région.

Sevrée des moyens convenus à sa bonne marche, elle est depuis l’élection du président Aziz dans une tourmente totale du fait du népotisme et de l’instrumentalisation. Jamais chef d’Etat dans notre pays n’aura été cité dans d’inextricables affaires.

Il y eut certainement l’acte le plus rocambolesque de l’histoire administrative du pays. Un décret accordant une grâce présidentielle à des prévenus dans une affaire de drogue. Nulle part au monde une telle pratique ne se fait. Mais ce n’est apparemment que la partie visible de l’iceberg dans un pays livré à une horde de responsables départis de la moindre once d’honnêteté intellectuelle.

L’important reste pour certains de ses « collabos » de sauver leurs sièges éjectables et de profiter des deniers publics, en essayant de sauver la forme. Mais les artifices ne tiennent jamais. Et ce n’est pas un hasard si la dernière convention des nations-unies (2013) établit le cout de la corruption en Mauritanie à 60 milliards d’ouguiyas.

Les grandes entreprises minières s’enrichissent tout en arrosant les hauts responsables de l’Etat. C’est de saison et c’est connu. Les miettes restent pour les populations qui font aussi face à tous les aléas environnementaux quand elles ne sont pas chassés de leur terroir comme y procède actuellement Taziast.

Dans ce secteur notamment c’est l’opacité totale sur la production et les ristournes. Des avions bondés d’or font la navette avec Las Palmas. Et personne n’a un droit de regard sur les chargements. Idem pour le secteur des pêches où les réformes de la consignation trahissent des velléités de tenir en laisse des porte-feuilles.

Quant à la BCM et à la Caisse de Dépôt et de Développement, devenue une caisse noire où le Pouvoir puise pour «acheter » son influence politique et la compromission d’anciens officiers de l’Armée. Même la grande muette n’est pas épargnée par la mauvaise gestion; mais là encore tous les officiers supérieurs pourraient toujours redevables de leur «généralisation». Une promotion qui en dit long sur ses motivations profondes.

Mais dans la réalité, ces pratiques d’un autre monde durent depuis que le président Aziz a échoué de se départir de la conception de caserne qu’il veut imprimer à son pays. Le respect des procédures et les dépassements ne peuvent souffrir d’aucune contestation. Cela est perceptible dans la réforme des marchés publics. Malgré l’esprit, elle a été déphasée par la pratique.

Outre, la politisation de cette administration, les marchés publics (comme celui révélé récemment sur l’affaire des engrais) sont soumis à un favoritisme inouï. Pas même d’une discussion objective dans son camp. Tout le monde s’affaisse pour plaire au «boss» même si de telles décisions peuvent se retourner contre lui. La satisfaction des désirs présidentiels caractérisent ainsi une instrumentalisation de l’Administration.

Le rôle traditionnel d’une administration de développement se travestit au gré du clientélisme et du népotisme en une succession de scandales qui éclaboussent leur initiateur. Si cela est tout à fait perceptible aujourd’hui avec l’Etat policier qui se construit avec des pratiques anticonstitutionnelles d’espionnage des citoyens lambda, cette manière de gouverner saute aux yeux avec une multitude de cas de déni de justice où les prévenus croupissent en prison depuis plusieurs mois en attendant que la Justice veille bien se souvenir de leur existence.

Mais comme il n’y aucune autonomie de volonté des juges, c’est le Pouvoir politique qui détermine les audiences et même les verdicts. Et c’est précisément parce qu’il est aux abois que le Pouvoir a recours à des procédés digne de la Gestapo. Une filature à travers tous les canaux de communication et au besoin en inventer pour charger les adversaires.

Il n’y a donc l’ombre d’aucun doute que malgré son élection, reconnue, le président Aziz continue, quatre ans plus tard, de gérer le pays avec les œillères du commandant de régiment qu’il était avant d’accéder aux charges suprêmes. Cet état d’esprit –nous n’y avons pas pris garde- a été inauguré depuis longtemps (voir ici un décret présidentiel signé, en 2011, et non enregistré concernant l’ANESP).

Si au regard de la législation et du droit qui régente les relations de l’Administration pour l’opposabilité de ses actes, ces pratiques ne résistent pas un seul instant au filtre de la légalité. Or, le président ne s’en tient encore qu’à ses objectifs personnels qu’une cohorte de responsables applaudit, l’enfonçant, chaque jour davantage, vers le précipice mortel.

L’affaire des enregistrements audios et de sa citation de «parrainage d’un trafic de drogue» ont fini altéré l’image que le président tentait de donner de lui : homme sobre et président des pauvres.

Quelques soient les issues de ces affaires, son image en sort écornée et il lui faudra bien un « miracle » pour convaincre ses compatriotes qu’il n’a jamais été pris à l’amour de l’argent. Vaste programme pour un homme entouré de poissons-pilotes attendant que le requin morde pour se servir. Un schéma finalement répétitif. Mais comme bien avant lui, ils auront encore assez de ressorts hypocrites pour l’indexer comme seul responsable du chaos vécu.

On pourra tout dire du président Aziz, sauf qu’il n’aura pas été lui-même témoin d’un tel scénario. Or, le président Aziz semble aujourd’hui perdu dans les méandres d’une gestion tourmentée des affaires publiques. Ce qui lui laisse très peu de marge de manœuvre pour se ressaisir.







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Commentaires (14)

  • conseil (H) 29/04/2013 11:44 X

    Les Mauritaniens doivent avoir peur du bon Dieu, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, et de n’écrire ou dire que la vérité du fait des contradictions flagrantes entre les articles, ainsi que les commentaires dans notre presse depuis quelques temps

  • pablodia (H) 26/04/2013 19:11 X

    Les Mauritaniens font semblant de travailler et l'état fait semblant de les payer.

    Qui dit mieux?

  • sindibad (H) 24/04/2013 15:48 X

    vous etes vraiment ignobles , vous savez bien ques durant le règne de aziz touts les grands projets réalisé son sur le frais de l'état grace à la politique constructive de du président aziz. durant les époques qui de sidi ou de ely de maouya la mautritanie à reçut beaucoup des dons internationaux qui on servit à rien de puis 30 ans.

  • DEBELLAHI (H) 23/04/2013 23:23 X

    On dirait que l'ANESP est un second Premier Ministère. En effet, au lieu de mettre l'Agence à la disposition des Ministère, c'est l'inverse qui est fait.

    L'un des principaux problèmes de notre administration, est que tout le monde fait tout, et finalement rien se fait, ou se fait dans des conditions qui manquent de professionnalisme.

    Rien ne pourra se faire, sans une répartition claire, de rôles préalablement définis, pour tout agence ou administration.

  • rajoul (H) 23/04/2013 22:04 X

    Brabak,
    Raoul est recrutée par l'état mauritanien, ça me donne du punchs. Toi , tu es recruté par qui? Le diable peut être ou son luter ego.

  • brabak (H) 23/04/2013 18:36 X

    Les KANTAKI, RAJOUL ET AUTRES NE SONT QUE DES AGENTS DE PROPAGANDE RECRUTES PAR L'ETAT.

  • sidaty1 (H) 23/04/2013 16:30 X

    Les mauritaniens très conscients de l'etat dans lequel se délabre leur beau pays ainsi que les graves risques encourues se demandent quand est ce que tout cela finira? Quelle voie moins couteuse les issues pourront elles suivre?

  • sndioro (H) 23/04/2013 15:43 X

    Notre maison a toujours brule. MOAA a ajoute du petrole sur le feu.

  • synthetiseur (H) 23/04/2013 13:23 X

    Cher Rajoul,
    S'il n'y a plus Aziz, il n'y aura plus de boulot officiel, Et quel boulot peut autant absorber pour empêcher d'écrire trois ou quatre bons paragraphes bien ciblés et très argumentés? A moins que ces messieurs et dames pensent que se dévisager c'est insulter l'avenir en ces temps qu'ils croient incertains....

  • rajoul (H) 23/04/2013 12:20 X

    Cher Synthétiseur,
    Il ne faut pas compter sur les officiels pour défendre le gouvernement; ils ont leurs boulots qui les absorbent. Ce sont les électrons libres, les internautes passionnés comme moi et toi qui doivent se mettre à l'oeuvre pour défendre ce régime qui fait notre fierté.

    Le régime actuel a fait des réalisations importantes que chacun voit sur le terrain.

    Il faut plutôt contrecarrer les ennemis qui nous attaquent et qui tentent par divers moyens de tourner en dérision ces réalisations. Ils ont des moyens colossaux et ont pillé ce pays depuis l’indépendance. Ils ont une longueur d'avance sur nous en terme de moyens mais en terme d'argument nous ne leur envions rien. Nous devons nous atteler à les abattre par notre forte argumentation.

  • synthetiseur (H) 23/04/2013 10:04 X

    Moi ce qui m'étonne, c'est l'absence d'articles de fonds défendant professionnellement, arguments à l'appui les idées et les acquis innombrables de ce régime et signés et publiés par des cadres et ils sont légion qui mangent tous les jours dans le râtelier du régime avec de très gros salaires.

    Où sont le DG de l'AMI, de Radio Mauritanie, de la TVM, les Directeurs centraux du Ministère? les hâbleurs de l'UPR dans les meetings et les salons et qui se mettent au premier rang pour être aperçus par le Président? Où sont les chargés de communication de la Présidence et de la Primature? Où sont.... Où sont...... Le double jeu ça suffit!!!

  • KANTAKI (H) 23/04/2013 09:33 X

    Mauriweb, Qdn, Quels sont les objectifs de votre croisade contre le Président? Vous devriez d'abord définir ces objectifs, comme cela nous pourrons nous situer par rapport à ce que vous écrivez tous les jours.

    La gabegie est un concept bien flou pour être dessiné comme un mouton et la vertu est l'idéal encore le plus flou que vous pouvez rêver de dessiner..

    Reste la place du journaliste, son credo, et le vrai gaspillage c'est de perdre tout son temps à brosser une image irréaliste, corrompue du président et de son oeuvre...

    Attendons donc les Elections et voyons comment le peuple, lui, analyse la situation.

  • rajoul (H) 23/04/2013 08:45 X

    C'est un nouveau tract de Mauriweb qui illustre le degré de haine et de diffamation qui caractérise les articles ''payés à l'avance'' de cette officine contre le président Aziz et son Gouvernement.

    Malheureusement, les auteurs de cette manœuvre contre la presse nationale finiront par étouffer et enterrer pour de bon notre jeune presse.

  • antipervers (H) 23/04/2013 08:35 X

    Il n'y avait pas grande "confiture de l'Etat" à déconfir à l'arrivée de Aziz!!! Les mauritaniens lorsque vous aurez changer d'état d'esprit, celui de vos gouvernants changera à votre image!