23-04-2013 17:22 - Mali : l'opération militaire française va se prolonger

Mali : l'opération militaire française va se prolonger

Les parlementaires ont reconduit lundi l'opération militaire française au Mali. Les députés se sont prononcés par 342 voix en faveur de la prolongation, avec zéro voix contre, seuls les élus du Front de gauche ayant choisi de s'abstenir. Le Sénat devait se prononcer à son tour dans la soirée.

Imposée par la Constitution à chaque fois qu'une opération extérieure excède quatre mois, l'issue du vote sur le renouvellement de «Serval» ne faisait guère de doute, un large consensus ayant accompagné l'intervention au Mali. La séquence rappelle en revanche que les militaires français sont installés pour longtemps dans la région.

Trois mois et demi après le début de l'opération, les principaux objectifs militaires fixés par la France ont été atteints. L'intégrité territoriale du Mali a été restaurée.

Les forces françaises ont «cassé les reins» des groupes djihadistes, notamment d'Aqmi, comme le leur avait demandé le président de la République. Symboliquement, plus de 500 soldats ont déjà été rapatriés depuis la mi-avril. La baisse des effectifs doit se poursuivre progressivement, jusqu'à atteindre 2 000 hommes en juillet et un millier fin 2013. Mais le retrait définitif sera «fonction de la situation», affirme l'Élysée, qui veut s'assurer que «le terrorisme ne reviendra pas au Mali».

La force militaire française «?parallèle?» restera au Mali investie de plusieurs rôles?: s'assurer que les groupes djihadistes ne se reconstituent pas, épauler les forces africaines, assurer la sécurité pendant les élections. La force militaire française «parallèle» restera au Mali investie de plusieurs rôles: s'assurer que les groupes djihadistes ne se reconstituent pas, épauler les forces africaines, assurer la sécurité pendant les élections. Un programme qui pourrait durer «plusieurs années», reconnaît un officier. Mais dont Paris, qui avait pourtant annoncé son intention de ne pas s'éterniser au Sahel, ne peut apparemment pas faire l'économie.

Si l'opération militaire fut un remarquable succès, qui a confirmé le niveau d'excellence des armées françaises, ses acquis risquent en effet, sans maintien d'une force française conséquente, d'être remis en cause par les retards du processus politique. À Paris, les diplomates ont mis de longs mois à investir le dossier malien. La Commission du dialogue et de la réconciliation n'est toujours pas opérationnelle. À Bamako, l'incurie institutionnelle est criante. Quant au dialogue Nord-Sud, il n'est pas même amorcé. «Ces deux problèmes persistent et l'intervention française ne leur apporte pas de réponse», explique le député européen UMP Arnaud Danjean.

Même crainte chez Jean-Pierre Chevènement et Gérard Larcher, les coprésidents du groupe «Sahel» au Sénat, qui déplorent dans un rapport que le dialogue avec le Nord, «nœud gordien de la reconstruction de l'État et de la refondation politique du Mali», n'ait pas commencé. L'insistance de Paris à organiser des élections en juillet laisse les observateurs sceptiques. «Ma crainte est que la France confonde vitesse militaire - bienvenue pour ce qui est de l'intervention et légitime quand on parle de retrait - et précipitation politique», prévient le président de la sous-commission défense du Parlement européen.

«Fort du succès incontestable de “Serval”, c'est comme si Paris voulait capitaliser au maximum sur cette victoire en se retirant vite pour éviter le syndrome afghan et en encourageant la prise de relais par les forces politiques et militaires maliennes et africaines. Or, rien ne semble plus aléatoire et fragile que ces deux processus.»

Par Isabelle Lasserre


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