24-04-2013 09:05 - La COD dévoile sa commission d’enquête sur les « biens mal acquis et les scandales financiers »

La COD dévoile sa commission d’enquête sur les « biens mal acquis et les scandales financiers »

La coordination de l’opposition démocratique COD a organisé ce mardi 23 avril 2013, en début d’après midi, un point de presse à l’hôtel Mauri Center. Au cours de cette rencontre avec la presse, la COD a dévoilé la composition de la commission d’investigations qu’elle a mise en place pour enquêter sur les scandales financiers dans lesquels le pouvoir en place est empêtré.

Présidée par le député Moustapha Ould Bédredine, vice président de l’UFP, la commission comprend, les parlementaires suivants : Bâ Aliou Ibra de ADIL, comme vice président, Yacoub Ould Moine, du RFD, Saleck Ould Sidi Mahmoud de Tawassoul, Kadia Malick Diallo, de l’UFP, Mariem Mint Bilal du RFD, de Zeinabou Mint Deddi.

Dans son introduction, le président de la commission est revenu sur l’ensemble des scandales qui ont jalonné le pouvoir de Mohamed Ould abdel Aziz dont le dernier est son implication supposée dans le «blanchiment d’argent », dénommé par la presse « ghanagate ».

Pour Ould Bedredine, jusqu’en 2008, les régimes en place en Mauritanie se sont enrichis par les intermédiaires, contrairement à l’actuel régime dont le chef ne « s’embarrasse pas de courtiers », parce qu’indique le président de la commission, « il n’a confiance en personne. »

Le président Bedredine s’est étonné face à l’ampleur des dégâts, du silence des organes de contrôle nationaux et internationaux. Et c’est face à ce mur de silence que la COD, consciente de sa responsabilité devant le peuple mauritanien, de l’image du pays qui vient d’être déclassé par Transparency International et la Sherpa, a décidé de mettre en place cette commission d’enquête.

Sur ses moyens d’investigations, Bedredine dira : la commission demande le concours de tous les mauritaniens et des organisations internationales pour faire la lumière sur les scandales financiers mettant à nu le pillage des ressources du pays et qui ternissent ainsi son image. Le président de la commission reconnaît que la tâche est difficile mais dit savoir compter sur le souci des mauritaniens de connaître la vérité sur l’ensemble des scandales financiers.

Rappelons que la création de cette commission parlementaire d’enquête intervient au lendemain de la demande formulée par la COD au pouvoir de faire la lumières sur les « enregistrements » mettant en cause le président de la République. Face au refus du pouvoir, la COD s’était engagée à mener ses propres investigations.

Au terme de ses travaux, indique son président, la commission portera ses résultats à la connaissance du peuple mauritanien et à l’opinion internationale. Signalons enfin qu'au cours de cette rencontre avec la presse, la COD a exprimé sa "solidarité" avec les dockers, "objet d'une violente répression des forces de l'ordre, parce que tout simplement, ils ont osé réclamer des droits à leurs employeurs''.




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Commentaires (8)

  • hasnie (H) 24/04/2013 13:57 X

    Cette bande de politiciens aux abois, doivent tous jeter un petit regard vers leur passé sombre, avant de s'attaquer à son excellence, qui n'a rien à se reprocher. C'est terrible, l'envie, quand elle vous tient!

  • antipervers (H) 24/04/2013 13:10 X

    @ leptcitoyen
    Je vais essayer de répondre à votre question suivante : « Mais pourquoi notre président reste il silencieux sur cette machination du ganagaite? pourquoi sa version des faits n'est pas exprimée? »

    Sans le moins du monde connaitre le président mauritanien, ni ses motivations, voici des pistes :

    1° Politique et juridique : Un pouvoir se discrédite à poursuivre n’importe qu’elle rumeur.

    un pouvoir répond à des accusations, quand elle ont des conséquences légales, par une action qui peut avoir des effets légaux contre ses initiateurs Les affirmations de personnes faites hors cadre juridiquement qualifiable, des enregistrements sauvages, des dénonciations sans saisine légitime de juridictions compétentes, sont des rumeurs et non des faits juridiques. S’y attaquer peut juridiquement se retourner contre soi.

    2° La culture mauritanienne : « laisser dire et agir si besoin ». Mais aussi, « débattre c’est se rabaisser » ; mais aussi « laisser dire et la meilleurs marque de mépris. »

    3° La réalité de la corruption structurelle de l’oligarchie politique : Bien sûr que Aziz et ceux qui le soutiennent savent qu’ils ne sont pas irréprochables, ni en terme de probité économique, ni en terme de respect des lois qu’ils ont le devoir d’incarner. Mais dans le même temps, ils savent n’avoir aucune raison de baisser les yeux, face au camp adverse de l’oligarchie politique, profondément corrompu. Néanmoins, le pouvoir ne peut pousser trop loin la logique de légitimité, qui si elle existait, donne en droit, la possibilité d’envoyer en prison tous les meneurs de l’opposition (appel à la révolte publique pour résumer).

    L’opposition, ne peut transformer ses accusations en saisine juridique car elles sont intraductible en droit et en l’Etat, et serait rapidement rattraper par ses propre malversations si la logique du droit est poussée à sont terme.

    Alors la lutte se passe des deux côtés sur le terrain extra-légale et selon la vraie culture politique du pays : le rapport de force non régulé par une loi reconnu de tous et respectée (celle d’une république)

    Coté opposition : propagande de salon et internet, invocation sans recours effectif au droit ; lequel est de toute façon , est un accessoire de pure utilitarisme, pour les deux bords. Revendications pseudo- démocratiques ; appel à la rue, "complotisme" auprès des tribus, de l’armée et de tout pays étranger pouvant servir.

    Coté pouvoir : propagande de salon et internet, surveillance policière, pressions par les redistributions etc.

    Pour résumer, les mauritaniens ont affaire à une oligarchie politicienne au pouvoir et dans l’opposition, qui connait ses limites de légitimité, dans un Etat peu légitime face à une population faites d’identités d’ethniques et tribales, sans esprit national.

    Cette élite se dispute pour « qui aura la plus grosse part » d’un pays dont les lois et l’idéologie officielle ne sont pas issu de la pensée, de la culture et des choix de sa population. A partir de là , il devient simple de comprendre pourquoi des partis politiques peuvent décider d’une commission parlementaire sans être dissous et qu’un président peut décider en conseil de ministre de la nomination d’un chef de service d’administration, sans que cela ne choque personne !

  • rasshmar (H) 24/04/2013 12:27 X

    A quelques encablures des élections législatives et municipales, quelle peut être la crédibilité de Députés périmés pour diligenter une enquête parlementaire ?

  • leptcitoyen (H) 24/04/2013 11:32 X

    Antipervers,
    Effectivement cette commission n'est pas crédible et sa création constitue une rébellion par rapport au status des parlementaires qui la composent. Mais pourquoi notre président reste il silencieux sur cette machination du ganagaite? pourquoi sa version des faits n'est pas exprimée?

    Tout le monde sait que Aziz n'a pas besoin de ce genre d’intermédiaires pour se faire de l'argent si jamais il cherchait à en acquérir d'une manière malhonnête. A supposer qu'il le fasse, pensez vous qu'il va utiliser une jeune femme nouvellement nommée à la présidence et qu'il connaissait, à l’époque, à peine et qui doit ensuite passer par plusieurs aéroports étrangers dont certains sont bien équipés pour détecter les faux billets?

    Toutes ces accusations ne sont pas sérieuses, mais il y a tout de même un déficit réel de communication de la part du chef de l’état et certains peuvent trouver ce silence presque coupable

  • etudiant (H) 24/04/2013 10:23 X

    Qu'est-ce que BA Aliou Ibra fait dans cette commission? Lui qui est élu de Bababe, n'est jamais revenu dans ses terres pour s'enquérir de la situation, lui qui ne se présente presque jamais à l'Assemblée Nationale et une fois les élections arrivées, il pointe son nez chez les joueurs de cartes, d'échec ou de paisibles personnes qui ne connaissent même pas le nom du Président actuel du pays pour les demander de voter pour lui.

    Si vraiment les biens mal acquis sont recherches, vous les trouverez chez lui, pas à Bababe, mais chez lui tout simplement.

    Seule Kadiata Malik a le poids d’être dans cette commission, tous les autres ce sont des SARAGUE

  • foylla3 (H) 24/04/2013 10:11 X

    Bonne chance, c'est une excellente initiative si ça tiens vraiment, mais jusqu'à quand? et comment?

  • Yehdid (H) 24/04/2013 09:59 X

    Encore un non événement de la part de la COD. Si la COD veut avoir toutes les informations alors elle doit d'abord gagner les élections législatives (avoir une majorité), former son gouvernement et déclencher une procédure judiciaire contre X pour noircissement d'argent (issue de la poudre blanche...).

  • antipervers (H) 24/04/2013 09:48 X

    La COD est à la mauvaise manœuvre : Il n’y a pas eu de peuple pour faire sa révolution rêvée. Elle en revient à son favori : La tentative de putsch institutionnel.

    Dans un pays normal, la commission de disciple de l'assemblée convoque les 7 individus pour entretien avant sanction. Le parlement étudie la levée d'immunité en vue de permettre à la justice de se saisir d'un acte de négation des institutions. Comme ce pays, n'est pas "normal" cette initiative extra-institutionnelle devient un sujet de débat et c'est au demeurant son but.

    La réponse, en débat, est simple: L'un des arguments de la COD est que le président Aziz agit en despote face aux règlements. Il a, lui, au moins attendu d'être élu pour cela. La COD nous dit d’avance ses dispositions despotiques avant que l’un des siens ne soit élu président.