25-04-2013 00:13 - La cocaïne, coupable caché de la crise financière

La cocaïne, coupable caché de la crise financière

Des décisions insensées prises en plein délire mégalomane causé par la drogue. La cocaïne, dont raffolent certains banquiers et traders, serait, elle aussi, responsable de la crise financière, avance un ancien analyste financier.

"Wall Street a pris une cuite" : voilà comment George W. Bush avait commenté, avec son style incisif, l'irruption de la crise financière en juillet 2008. Deux ans plus tard, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King, déclarait que "le rôle d'une banque centrale en matière de politique monétaire [était] de cacher l’alcool lorsque la fête bat son plein". (Ce qui, a-t-il convenu, n’avait pas été fait.)

Mais peut-être ne faut-il pas incriminer l'alcool. Selon les déclarations du très controversé David Nutt, spécialiste en toxicomanie au Sunday Times, ce sont les banquiers cocaïnomanes avec leur "culture de l'excitation perpétuelle qui les conduit à en vouloir toujours plus (...) qui nous ont mis dans ce pétrin".

Je suis assez d'accord. La cocaïne (j’en sais quelque chose) est une substance qui vous plonge dans un état d'exubérance excessif et vous conduit à parler avec beaucoup de conviction de choses dont vous ignorez tout.

Aujourd'hui, tout le monde admet qu’une bulle du crédit s’est formée au milieu des années 2000, et qu’elle était la conséquence directe de ce qu’Alan Greenspan, ancien président de la Réserve fédérale (Fed), qualifiait d'"exubérance irrationnelle".

On pourrait également avancer qu'il était sans doute plus facile pour les traders de vendre ces armes de destruction massive qu'étaient ces produits financiers absurdement complexes après avoir pris des excitants capables de décupler leur assurance. En outre, seuls des bouffons ravagés par la cocaïne pouvaient acheter des milliards de dollars de titres adossés à des crédits hypothécaires dont il était évident qu'ils allaient exploser en même temps que la bulle immobilière.

Un ou dix rails chaque soir

J'ai vu pas mal de nez renifleurs et de mâchoires contractées dans les bars de la City [à Londres], le jeudi. Et au cours de mes douze années de carrière dans la banque, j'ai souvent entendu des jeunes gens débiter des sornettes avec un aplomb stupéfiant. On racontait aussi beaucoup d'histoires sur ces pointures de la finance, à New York, qui s’enfilaient un ou dix rails chaque soir.

Le bureau de [l’escroc] "Bernie" Madoff avait apparemment été surnommé "le pôle Nord" en référence aux quantités gargantuesques de "neige" que l’on pouvait y trouver. Et il était de notoriété publique que l'ancien PDG de la banque Bear Stearns, Jimmy Cayne, avait un flacon de médicament destiné à calmer ses aigreurs d'estomac qui était en réalité rempli de cocaïne.

Des décisions irrationnelles inspirées par la mégalomanie

Selon le docteur Chris Luke, un spécialiste des urgences à l'hôpital universitaire de Cork, en Irlande, qui a étudié les effets de la cocaïne sur les banquiers, "certaines personnalités en vue dans les cercles politique et financier ont pris des décisions irrationnelles inspirées par la mégalomanie que provoque la cocaïne. (...) Les gens prenaient des décisions insensées en pensant avoir raison à 110 %, ce qui nous a conduits au chaos actuel."

La cupidité, l'égoïsme, l’ignorance et la détermination impitoyable ont également compté, mais je pense qu'il serait stupide de ne pas voir le rôle joué par la cocaïne dans la création de cette bulle spéculative. Cet instinct grégaire, qui redouble en période d’incertitude, s'explique mieux quand on prend en compte l'insécurité permanente et le manque de discernement qui accompagnent la consommation de cocaïne.

Mais cette histoire navrante se termine bien. D'après mes anciens collègues et clients qui travaillent toujours à la City, la plupart des traders ne se risquent plus à sniffer de la colombienne. Les banquiers s'amusent sans doute moins, mais cela ne peut conduire qu’à un système financier plus mesuré et plus raisonnable.

The Guardian
Geraint Anderson


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Commentaires (6)

  • antipervers (H) 25/04/2013 14:09 X

    Cher hamdoulah,
    Je serai pervers ? Tous les éléments d’une personnalité perturbée existent dans une personnalité normale. J’ai des éléments anxieux, obsessionnelle, hystérique, narcissique perverse, en moi. L’avantage, c’est qu’à les connaitre je me soigne. La perversion narcissique est d’ailleurs un trait courant et prépondérant chez les politiques et les Religieux. Ils sont « normaux » eux aussi, mais ne se soignent pas. Voilà, je vous ai donné le sens profond de mon pseudonyme.

    Nourri aux allocations sociales ? Je vais vous enlever une envie : l’Europe n’est pas un Eldorado pour oisifs. Franchement, je ne vous souhaite pas d’y vivre d’allocations sociales.

    Je serai athée ? : Non, je n’ai pas cette souffrance. S’en est une, si on y réfléchit, non selon le dogme, mais selon le cœur. Par contre, je suis trop souvent « mécréant », insuffisamment « croyant » et c’est assez de souffrances ; je vous prie de me croire ! Néanmoins, je n’envie pas les apparences de certitudes inébranlables, trop bien affichées de beaucoup de mauritaniens. Je sais ce qu’elles essayent de préserver en terme de VIDE intérieur. En cela, je les respecte mais ne m’y associe.

    Je raisonne mal ? : Oui, d’évidence, puis que je n’ai pas su vous parler de façon à ce que vous compreniez. J’en suis désolé. D’autres ont peut être compris, temps mieux. A mon tour, il m’arrive de mal comprendre. Peut être, vous ai-je mal compris. Mais si ce que vous dites soutient qu’il faille, pour tout musulman , faire du prosélytisme à tout va , alors oui, vous avez raison de m’identifier comme adversaire - pas ennemi- adversaire. Mais il me chaut, aussi, que vous transformiez cela « en guerre », car je ne redoute aucune guerre qui m’est imposée.

    PAIX ! ( pour échapper à sallaam, mot pourtant plus beau, mais que les reflexes pavloviens d’un pays musulman finissent par vider de sens)

  • Hamdoulah (H) 25/04/2013 12:14 X

    antipervers,
    vous ne méritez pas ce pseudo, avec votre raisonnement à la con et s'il se trouve même que vous serez athée, je vous respecte, mais épargnez moi tes verbiages stériles de quelqu'un d'oisif nourri des subsides des services sociaux français.

    Je ne fais que rappeler la position de notre sainte religion, et si tu penses qu'elle est pratiquée dans toues ces dimensions, tu peux fermer les livres et te boucher les oreilles.

    Les exemples que tu citent sont édifiants dans le sens de ramener ces gens à la pratique religieuse qui te calmera de tes turpitudes.

    Sans rancune, instruisez vous et cultivez la modestie et l'humilité en évitant le donneur de leçons à con. Antipervers c'est l'antidote de votre propre personnalité.

  • antipervers (H) 25/04/2013 11:07 X

    @Hamdoulah,

    pour finir avec vous Invoquez dieu pour vous même et votre famille, parlez en à CELUI qui le demande et DANS le sujet, mais Préservez votre religion des immondices terrestres quand elle n’a rien à y faire. Sans quoi, vous la faite éclabousser, sans le vouloir.

    Par exemple par ceci : En Arabie Saoudite, les gens sont très croyants et pratiquants et sniffent de la cocaïne. En Mauritanie, de même, et ils sont souvent voleurs etc.

    Après ces constats objectifs, vous allez vous lancer dans des arguments réels mais polémiques pour défendre l’Islam. Mais pourquoi diable, jeter l’Islam en débat polémique, sans nécessité ?

  • antipervers (H) 25/04/2013 10:51 X

    Il n'y a pas qu'en Mauritanie où on achète la presse. Ceci est un papier inspiré par les maitres de la finance, qui pour expliquer un crime économique, reportent depuis le début, la faute sur leurs employés (les traders, simples agents commerciaux en pratique). A présent, ils invoquent la maladie (une addiction) pour absoudre en quelque sorte le crime par les deux bouts.

  • antipervers (H) 25/04/2013 10:50 X

    @Hamdoulah J e vous comprend, mais votre remarque n'est pas à propos. Les religions, pour leur respect, ne sont pas à invoquer à tout propos. Elles sont un repère moral important sans lequel il y aurait, sans doute, davantage de chaos. Mais elles ne peuvent tout empêcher. Y faire référence sans cesse, c'est aussi rappeler leurs échecs ou limites. C'est injuste envers elles!

    Je vous invite à aussi réfléchir à votre rapport intime (et non social ou politique) avec l’Islam. Je vous donne une image : prenez la personne qui vous est la plus chère au monde, peut être votre mère. Passez votre temps, à la citer de façon édifiante à tout bout de champ et tout propos. Vous finirez un jour par rencontrer quelqu’un qui vous dira quelque chose d’humain au sujet de votre mère mais pas nécessairement édifiant. Au demeurant, on remarque, que personne de normal ne passe sont temps à parler à tout propos de chose qui lui sont chères et vraiment intimes. Réfléchissez à « l’intimité » avec Allah, et vous aurez la précaution de ne pas mêler la religion à tout et à tout bout de champ.

  • Hamdoulah (H) 25/04/2013 00:53 X

    Comme quoi saluons le mérite de notre Noble Religion l'islam qui est intransigeante avec ces substances, par la grâce d'Allah ! Et à l'endroit du prophète psl nous disons qu'Il a bien transmis le message.