25-04-2013 07:55 - B’ il a dit…

B’ il a dit…

“L’enregistreur” enregistré…

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Dès son entrée sur scène, Mohamed Ould Abdel Aziz s’est épris d’une passion : écouter. Ecouter ses partenaires et ses adversaires, ses amis potentiels et ses ennemis probables. Le coup d’Etat contre Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a été, d’abord et avant tout un coup d’Etat grâce, ou à cause, des écoutes.

Les écoutes téléphoniques, car le palais présidentiel était déjà, dit une source présidentielle, dans ce qu’elle dit, à Biladi, mis sur écoute. Truffé, ce haut lieu de la République, de petits micros et autres bidules intelligents pour écouter l’infime soupçon de bourdonnement de l’insecte le plus inoffensif du palais.

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi était mis sur écoute, dans ses rencontres les plus secrètes, les plus intimes parfois. La passion avait déjà possédé le colonel, devenu général, entre temps, tendant la main et l’oreille au poste du premier magistrat du pays.

Putschiste, il ne se contentait plus des écoutes téléphoniques. Les vidéos intègrent la curiosité de l’homme. Et aucune personne n’est épargnée d’une mise sur écoute. Les hommes politiques, les journalistes et tant d’autres citoyens paisibles sont enregistrés par celui-là même qui leur accordait audiences, et qui était déjà en passe de troquer ses habits militaires contre d’autres plus ‘’civils’’. Les jours se suivent.

Les écoutes et les enregistrements audio et vidéo se suivent au rythme de la curiosité républicaine. Une cellule d’écoute est mise sur pied à la présidence de la République. Elle dirige ses antennes capteurs vers les sons et voix des hommes et femmes les plus proches du président, généraux, colonels, ministres et bien d’autres hauts dignitaires de la Mauritanie Nouvelle.

Il n’y a pas question, pour le président de la République, de rater la moindre discussion, l’insignifiante, ou signifiante, scène de ménage, survenue au cours d’échanges téléphoniques entre monsieur et madame, le général, le ministre…etc. Le général Mohamed Ould El Hadi, alors directeur général de la sûreté nationale, dont la mission consiste, entre autres, à écouter, a perdu son poste pour débarquer au garage de la périphérie du commandement, justement, à cause de quelques échanges téléphoniques rendus à l’oreille du premier citoyen du pays.

L’ex directrice adjointe du cabinet du président de la République, Zeinebou Mint Ely Salem, celle-là, n’avait pas tout simplement pris ses précautions. Elle ne savait peut-être pas, la pauvre, que les messages électronique des collaborateurs directs ou indirects du président sont les mieux partagées et les moins protégées au palais.

Au commencement fut l’écoute…

On ne sait pas vraiment expliquer l’obsession présidentielle à vouloir coûte que coûte – ou écoute qu’écoute- enregistrer toutes les conversations. On s’en souvient encore de ces enregistrements, tombés entre les mains d’un média électronique largement diffusés et rediffusés sur la toile.

Où on n’entendait le colonel Meguett discutant avec Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, alors président séquestré. Un autre enregistrement donnait la voix d’une paisible fille, qui était en charge du protocole de l’ancienne première dame, Khattou Mint El Boukhari. On peut dire que la République selon Ould Abdel Aziz se fait ou se défait en fonction des écoutes téléphoniques. Au commencement fut l’écoute téléphonique. A la fin elle sera…

Aujourd’hui, après la révélation de ce que l’opposition appelle déjà Ghanagate, on est presque dans le comique. C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. L’enregistreur enregistré. ‘’L’écouteur’’ écouté. Hypothèse sur hypothèse, toutes les thèses sont devenues possibles depuis ce coup là !

Il ne savait peut-être pas que lorsqu’il mettait Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, président de la République, sur écoute, Mohamed Ould Abdel Aziz était déjà écouté, lui, depuis quelque temps, dans une capitale africaine. Ou bien le savait-il et était déjà, pensait-il, récipiendaire de toutes les conversations qu’il a eues avec ces présumés mafiosi de la part de ses maîtres chanteurs.

Et il s’était permis alors, dans son génie, de s’inspirer de cette philosophie de l’écoute. Et depuis lors, il écoute. Toujours. Il écoute. C’est bien vrai. Mais, en réalité, en dépit de toutes ces écoutes, il ne fait que s’écouter lui-même. Il s’écoute parler.

On imagine bien les tonnes de discussions enregistrées par les services d’écoute de la présidence, du fameux BED et de bien d’autres officines à oreilles bien affûtées. Ailleurs, il faut bien se doter d’une structure pour prendre en charge toutes ces discussions, les décortiquer, écouter, réécouter, décrypter, analyser, synthétiser... Une cellule à part entière.

Des experts connaisseurs de tout ou presque. Qui sauraient décliner chaque mot dit, chaque phonème, dans n’importe quelle langue. Il lui faut, pour cette cellule, une encyclopédie grandeur nature, bien à elle ; essayer de recruter quelques intelligences, un peu partout, au niveau des différents centres de décryptage. Mais on est en Mauritanie. L’intelligence étant toute relative, on se contente de coopter par affinité clientéliste.

C’est ce qui rend toute cette stratégie d’écoutes, d’enregistrements et de décryptages des exercices d’amateurisme au mieux, sinon de voyeurisme. Il n’est pas étrange, ici, de nos jours, sous le règne de la rectification pour le citoyen mis sur écoute – l’écouté- de se voir aborder par un gars, qui lui dirait : ‘’ En fait, c’est vous monsieur tel, téléphone Mattel… le Mauritel… et le Chinguittel, et les différents téléphones de votre épouse et de votre traiteur méchoui ?

Je suis chargé, justement, de vous écouter, là-haut. Dites-moi, hier vous avez discuté une heure durant avec un ami. Et vous n’avez parlé que Samuel Beckett, et d’un homme qui est dans la chambre de sa mère… puis un autre, qui arrive, ensuite vous avez parlé de la lune, de la reptation, des cailloux et des gens qui attendent…’

’ On n’a pas compris ça. Et même les experts de décryptage n’ont rien compris. Dites-moi, ce Beckett-là, ce n’est pas Moustapha Chafi, par hasard ou Ely Ould Mohamed Vall ?’’ Dites-moi, s’il te plait et je te promets que je débrancherai la connexion dès que tu commences à dire des mauvaises choses sur le président !’’

C’est bien possible et on en sait quelque chose, au niveau de B’il a dit et redit. On est en Mauritanie, la banalisation est de mise. Il y a combien de partis politiques déjà ? Combien de journaux ? Les écoutes, c’est à l’image de tout cela. Trop d’écoute ‘’tu’’ l’écoutes.

A toutes les attitudes et les altitudes, on vole…

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Le commissaire aux droits de l’homme et à l’action humanitaire, Mohamed Abdallahi Ould Khattra, vient de recevoir une mise en demeure de la part de l’Inspection Générale de l’Etat. Il devrait rembourser la très modique somme de 12 millions d’ouguiyas, au trésor public. Un petit montant.

C’est vrai. Mais, quand on voit la misère qu’il y a dans les quartiers précaires des métropoles et des villages paumés du monde rural, on ose bien croire à la dépense outrancière de ce montant au niveau du seul cabinet du commissaire à l’action humanitaire. Comme on ne peut pas manquer de marquer l’indignation contre les dizaines d’emplois népotistes offerts par le commissaire aux Droits de l’Homme. Or, il est bien loin, le temps où les rapports de l’IGE émeuvent les plus hautes autorités du pays.

La lutte contre la gabegie a été un slogan bien utopique. Puisque la cascade de rapports accablants tel responsable ou tel responsable sont légions. Entassés dans les archives sombres de la présidence de la République. Il n’y aura pas de poursuite contre Ould Khattra. C’est une notabilité qui draine des voix qui disent, dans ce qu’elles disent, oui. Oui au rectificateur !

Et un oui au rectificateur, en période pré-électorale, vaut mieux qu’un petit montant de douze millions et une pléthore d’emplois complaisants. Et pour Hassenna Ould Ely, le directeur général de M.A.I, qui doit justifier plus d’un demi-milliard d’ouguiyas de dépenses non justifiés sous forme de marchés, on aimerait bien savoir le prix de la rançon, qui allait le dédouaner. Devrait-il compter sur un réservoir électoral, afin de contenir, sinon atermoyer, le courroux présidentiel ?

Ou tout simplement s’appuierait-il sur quelque artifice invisible. Jusque-là, c’est vrai, la Mauritanian AirLine volait, dans les basses altitudes. On ne pensait qu’elle saurait faire dans les abysses de l’altitude. Mais, Avec Hassenna, si on s’en tient, au rapport de l’IGE, on vole, chez les MAI, même si les avions sont cloués au sol.

Mohamed Yahya Ould Horma : Rattrapage et satisfaction…

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. L’arrivée au département de la communication de la seconde personnalité de l’Union Pour la République, Mohamed Yahya Ould Horma, est tout sauf un signe d’une quelconque ouverture. Il faudrait chercher dans le registre de la crispation et de la surenchère. Ould Horma espère un peu rattraper le temps perdu. Le temps qu’il a, négligemment, raté pour ne pas compter déjà, depuis l’époque Maaouya, parmi les thuriféraires les plus zélés. Il s’était tu pendant tout le règne de Maaouya.

On le croyait même différent. Refusant la salissure ambiante de l’époque. Un homme debout, en somme, prétendait-on. Or, à l’époque, les thuriféraires savaient vivre. Et s’adonnaient, essentiellement, comme axe central de leur démarche et marche, de et vers la courbette, à mettre en exergue la magnificence de l’homme fort de l’époque. Ould Horma observait la scène. Il n’en était pas satisfait.

On allait comprendre son insatisfaction bien des années plus tard, lorsqu’il a été introduit et mis sur la sellette publique par le truchement de son ancien bienfaiteur et bienfaiteur de son actuel bienfaiteur, Mohamed Ould Bouamatou. La satisfaction de l’homme apparait des plus belles, ou mauvaises. Il faut bien magnifier le prince. Mais il faut surtout médire l’opposition. C’est un peu la petite touche du nouveau ministre de la communication. Se courber à la reptation au premier citoyen du pays, c’est utile, pour lui.

Mais, vociférer et proférer des avanies et anathèmes à l’adresse de l’opposition, c’est vital. Il vit, enfin bref, il essaie de marquer ses premiers signes de vie. A peine nommé ministre de la communication, il donne à ce département, censé pourtant promouvoir la liberté d’expression, le goût du totalitarisme et de la pensée unique.

B’…






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