30-04-2013 19:41 - Front de libération des forces africaines de Mauritanie : Grandes manœuvres politiques avant le retour

Front de libération des forces africaines de Mauritanie : Grandes manœuvres politiques avant le retour

Ould Abdel Aziz a rencontré au palais présidentiel, le 28 avril dernier, le vice-président des FLAM, Ibrahima Mifo Sow et le membre de son bureau exécutif National chargé de la jeunesse et des droits de l'homme, Mamadou Wane.

A en croire la note d’information publiée par le site du mouvement, «les échanges francs et respectueux entre les parties ont porté, d'une part, sur la situation sociale, politique et économique du pays, et d'autre part, sur les préoccupations de sécurité et de liberté des Flam et de leurs militants». Le mouvement s’est félicité de la «diligence avec laquelle le Président de la République a bien voulu recevoir leur délégation» indiquant au passage que ses représentants animeront très prochainement une conférence de presse à Nouakchott.

Samba Thiam aurait-il amorcé le retour des Flam en Mauritanie ? Sans doute ! Et cela conformément aux décisions du 7ème congrès des flam tenu en France les 28,29 et 30 Mai 2011 en France. Ce congrès, venait après celui de Cincinnati (USA) de 2005, pour se pencher sur le redéploiement du mouvement en Mauritanie.

Car beaucoup de militants grinçaient des dents puisqu’ils se posaient des questions. En effet, ils pensaient que l’exil du mouvement ne se justifiait plus, même si les candidats au retour ne vont pas se bousculer, alors que sur le terrain en Mauritanie, des organisations politiques égrènent de plus en plus le chapelet de revendications des FLAM, cohabitation, esclavage, langues nationales, passif humanitaire, partage équitable du pouvoir, problème des terres…

On l’aura d’ailleurs noté, à l’ouverture de ce congrès, Samba Thiam très remonté contre le président Mohamed Ould Abdel Aziz, dénonçait l’absence d’équilibre dans la représentativité dans la haute administration, l’évacuation de la question du passif humanitaire, l’arrêt brutal du retour des réfugiés, la spoliation des terres de la Vallée, et le laxisme dans la gestion de la question de l’esclavage. Pour le président des FLAM, le constat est clair et amer : « le régime, par toutes ces pratiques, est entrain de révéler sa vraie nature : une dictature camouflée, arrogante, répressive et raciste, qui œuvre à préserver le même Système discriminatoire, à l’origine des régimes militaires arabo-berbères qui l’avaient précédé !

Comme ces derniers, le régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz élude les questions centrales pour n’aborder, au petit bonheur la chance, que les questions périphériques, techniques, secondaires ». Il reviendra ensuite sur les violences contre les étudiants noirs à l’université de Nouakchott avant de minimiser la portée de la décision prise par les autorités mauritaniennes de répertorier les tombes des disparus depuis l’indépendance. La charge est violente contre le régime en place durant ce congrès de 2011. Elle le sera à peine moins pour « les forces de la résistance ».

Samba Thiam ne se montre pas tendre en effet avec ces organisations, les FLAM comprises, qui se livrent à une querelle de clochers, « jouant au leader », organisant leurs propres manifestations… Il fustigera également la gestion des sites électroniques sur fond de chasse aux visiteurs, regrettant qu’elles donnent dans l’auto flagellation au lieu de s’attaquer au Système.

« A situation nouvelle, stratégie nouvelle »

Le fantôme du congrès de Cincinnati a-t-il été conjuré ? Congrès qui a vu l’organisation traverser une sévère crise qui semble s’éloigner. Samba Thiam a poursuivit en appelant à l’unité la plus large possible avec les forces patriotiques, démocratiques et progressistes qui partagent, avec eux, les mêmes aspirations. « S’unir ou périr tel est le sens et l’alternative de l’instant, tel est l’enjeu du moment ». Les lignes semblent bouger. Et le président des FLAM de déplorer l’autosatisfaction et la condescendance auxquelles son organisation a pu céder par moments.

C’est qu’après avoir rendu un hommage appuyé aux martyrs qui ont donné leur vie et aux militants qui font preuve de persévérance, Samba Thiam en est arrivé à la conclusion qu’ « il serait illusoire de croire qu’une seule organisation, même toute puissante, au vu des conditions internes de plus en plus difficiles et complexes, fut en mesure de venir à bout, toute seule, du Système en cours ». L’auditoire saisit la portée de la déflagration et la couvre de ses applaudissements.

Un véritable tournant s’annonce. Ce congrès ne ressemblera décidément pas aux autres. Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, le président des FLAM martèle qu’il faudra se préparer à « prendre les décisions courageuses qu’impose l’évolution de notre organisation, voire sa survie ». Un autre tabou va tomber : le mouvement va se redéployer en Mauritanie. C’est l’objet d’une vieille querelle qui vole en éclats.

Désormais, plus rien ne sera comme avant. En se débarrassant de ces écueils, les FLAM renvoient habilement la balle dans le camp des autres organisations et partis. Les FLAM se disent prêtes pour le rassemblement et le combat sur le terrain.

Enfin que le mouvement de Samba Thiam ait opté pour cette stratégie du retour au bercail. Flam rénovation de Bâ Mamadou Bocar l’avait compris très tôt en décidant de quitter le mouvement et de créer un parti avec l’AJD devenu AJD/MR dirigée par Ibrahima Moctar Sarr. L’homme fût cofondateur du Flam en 1983. Vivement un regroupement d’anciens camarades de combat au sein d’un même parti plutôt que la dispersion des forces.

Moussa Diop


Commentaires : 3
Lus : 1981

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (3)

  • Mariem Mohamed (F) 01/05/2013 08:36 X

    Le Président n'aurait dû JAMAIS RECEVOIR CES ÉGARÉS, NI LEUR DONNER DE POIDS. En fait, ils ne représentent rien, même pas leur ombre. Qu'ils aillent se faire rencontrer par les inspecteurs de police.

  • BELMAGVAR (H) 30/04/2013 22:49 X

    Néamoins, le président doit exigé la revision de la charte de FLAM avant de l'accepter sur le territoire en tant qu'entité politique. Car la charte est consue sur un esprit raciste et sectaire.

  • BELMAGVAR (H) 30/04/2013 22:45 X

    Cette voie est plus judicieuse que celle initialement adoptée par FLAM et qui consiste à lutter pour obtenir une mauritanie autre que celle des maures, toucouleurs, soninkés, wolofs et bambaras. Nous sommes fréres et condamnés à vivre et mourir ensembles. Le reste n'est que folie, rêve, loin d'être logique et irréalisable.