04-05-2013 11:30 - Discours de Biram Dah Abeid, président d’IRA-Mauritanie, lauréat 2013 du prix du risque des défenseurs des Droits Humains...

Discours de Biram Dah Abeid, président d’IRA-Mauritanie, lauréat 2013 du prix du risque des défenseurs des Droits Humains...

...,octroyé par l’organisation Front Line Defenders [Vidéo & PhotoReportage].

Excellence, Monsieur le président de la république d’Irlande,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les députés et élus,
Mesdames et Messieurs les représentants des ongs des droits humains,
Mesdames et Messieurs les membres et dirigeants de l’organisation FrontLine Defenders,

Je m’adresse à vous aujourd’hui, tout d’abord, pour vous remercier de m’avoir accordé votre soutien, le long de ces dernières années au cours desquelles j’ai été confronté à la dangereuse hostilité de segments intolérants, au sein de ma société, et au sein du pouvoir politique et judiciaire de mon pays, la Mauritanie.

Je remercie en substance, le jury Européen et Irlandais de FrontLine, qui me distingue, ainsi, d’une liste des 90 personnes, les plus valeureuses dans le monde, en terme d’abnégation, de sacrifice et de contribution à la défense et protection des droits humains.

A cet instant solennel, honorable assemblée, ma pensée va directement, à ces milliers de femmes et d’hommes, militants et sympathisants d’IRA-Mauritanie et d’organisations amies, à mes loyaux compagnons de lutte, qui m’assistent et me secondent dans la rude épreuve de gestion d’une organisation non reconnue et victime d’une mise à l’index ;

ma pensée, elle va aussi au comité de la paix, ces dizaines de jeunes d’IRA, qui ont décidé de me défendre par leurs corps, cœurs et plumes au péril de leur liberté, et de leurs vies; ma pensée va à mon épouse et aux membre de ma famille, qui, fidèlement et stoïquement, partagent avec moi, le difficile quotidien de la lutte et se battent à mes cotés et en premières lignes ;

je n’oublie pas, non plus, les enfants et les femmes libérés par IRA du joug de l’esclavage ; leur gaité retrouvée et le gout, redécouvert, d’une vie sans maître, me comblent d’un réconfort moral et d’une satisfaction intérieur, ma pensée va, enfin, aux amis de l’ombre, y compris dans la système de domination, qui le trahissent, chaque jour, pour nous informer, nous prévenir, nous révéler les failles de l’oppresseur.

Sans leur concours précieux et discret, l’effort s’avèrerait bien plus ardu. Je voudrais aussi réitérer ma solidarité aux voisins infortunés dans la prison civile de Nouakchott, victimes de l’injustice comme Jibril Amoss et Cheikh Ould Maouloud, maillons faibles de la chaine (un noir et un hratin) prisonniers bouc-émissaire de la « lutte contre la gabegie ».

Je transmets aussi à partir de cette tribune, toute mon empathie de croyant et de défenseur des droits humains, avec les femmes, les enfants et les mères des quatorze jihadistes mauritaniens condamnés à mort et à d’autres peines lourdes ; ces familles se retrouvent privées de visite et leurs proches soumis à l’isolement carcéral.

Je rappelle en outre, mon engagement indéfectible en faveur des veuves, veufs ou orphelins qui ont perdu tant de parents, au cour de la tentative de génocide qui a endeuillé les noirs de mon pays entre 1986 et 1992 ; je me souviens ici, de toutes les familles noires qui ont eu à souffrir par l’humiliation, l’expropriation et/ou l’exil.

Chers amis, le lutte pour la sanction et l’éradication du crime d’esclavage se trouve dans le centre des préoccupations et des activités d’IRA-Mauritanie ; en République Islamique de Mauritanie, posséder un être humains, le vendre, le donner, le gager, le céder, l’astreindre aux violences et exploitations sexuelles, travaux forcés, dangereux et /ou dégradants et sans rémunération, le priver de l’éducation, du mariage ou du voyage, exercer sur la personne des châtiments et des mutilations corporels, c’est l’ESCLAVAGE, qui était totalement légal jusqu’en 1981.

A cette date, une junte militaire qui a pris le pouvoir par les armes et gérait le pays par décret, a adopté une ordonnance d’abolition de l’esclavage sans toutefois le délégitimer ni le désacraliser ; d’ailleurs, ironie du sort, l’article 2 de la nouvelle norme ordonne « l’indemnisation financière de ceux qui doivent se séparer de leurs esclaves qui sont considérés des biens de manière implicite par cette ordonnance. » !!!!!

Le décret d’application de la loi, n’ayant pas vu le jour, les pratiques esclavagistes et les rapports maitres-esclaves, resteront en l’état ; en 2007, face à l’activisme des organisations anti-esclavagistes, l’Etat mauritanien, dominé et dirigé depuis toujours par des segments tribaux - qui ont fondé leur mode de vie, code d’honneur et échelle de valeur sur l’esclavagisme - édictent une loi élevant l’esclavage au rang de crime passible d’une peine d’emprisonnement de 5 à 10 ans.

Mais hélas, c’est l’Etat lui même, étrange paradoxe, qui conceptualise, parraine et finance la résistance à l’application du droit ; le contingent assigné au sabotage de la loi se compose d’abord des préfets, des gouverneurs, des juges, des officiers de police judiciaires ; les ministres et chefs d’Etat et, bien sur des dizaines d’ongs, dirigées par des membres ou thuriféraires du pouvoir ou des groupes dominants, s’ingénient à nier le phénomène, du moins à le relativiser, en parlant de « séquelles ».

En plus de tous ces corps et corporations, les chefs tribaux, les érudits, les élus, la classe politique, l’élite instruite, contribuent, en majorité, à empêcher l’application de la loi contre l’esclavage : la production d’un négationnisme ambiant passe par la délation à l’intérieur du pays et le faux témoignage dans les médias, et les forums internationaux.

C’est pourquoi, dans mon pays, le ministère des Droits de l’Homme, la commission nationale des droits de l’Homme et plus de 99 pour cent des ongs des « droits humains », sont les nids des indicateurs, de faussaires et de contrefacteurs supplétifs de la police politique.

Honorable assemblée je serais dans l’obligation d’évoquer la démarche de duplicité qu’utilise l’Etat et les groupes dominants mauritaniens pour narguer le droit international et se jouer des organismes et partenaires internationaux ;

la Mauritanie édicte de plus en plus des lois modernes contre l’esclavage et ratifie des conventions internationales de promotion et protection des droits humains mais, parallèlement, en sourdine, l’Etat continue à promouvoir les anciennes références, tirées de manuels d’exégèses esclavagistes; ces écrits sont foncièrement et explicitement producteurs d’inégalité fondées sur la race ;

de tels livres partagent les musulmans en deux catégories : maitres et esclaves ; ils stipulent que l’esclave est un bien pour son maitre et que le propriétaire peut vendre son esclave, le céder, le gager, le donner ; le maitre dispose ainsi de la force de travail de son esclave sans rémunération et du corps des femmes qui sont ses esclaves même sans leur consentement et abstraction faite de leur âge ou de leur nombre ;

dans un souci d’eugénisme digne du Comte de Gobineau et des Nazis, le maître y possède la faculté de castrer son esclave si la beauté de ce dernier est susceptible de susciter la convoitise de femmes nobles; le maitre pourrait aussi vendre une partie de son esclave et en excepter une autre, c'est-à-dire vendre une femme esclave à quelqu’un et excepter son vagin ; en conséquence, l’acheteur exploite la force de travail et le vendeur continue à disposer sexuellement de l’esclave.

Cette description – non exhaustive - du Code Noir, toujours en vigueur et enseigné dans bien des écoles de droit et de théologie, se trouve codifié dans les livres qu’IRA a symboliquement incinéré le 27 avril 2012 à Riyadh, à Nouakchott ; l’Etat, les érudits, les partis politiques mauritaniens les considèrent sacrés et infaillibles, malgré les contradictions grandes et flagrantes avec l’essence égalitaire, libératrice et humanitaire de l’Islam originel.

Le gouvernement mauritanien confère à ces textes infâmes une supériorité établie aux conventions et traités internationaux ; ces écrits que nous décrions sont à la base de la formation en Mauritanie, des magistrats, des officiers de police judiciaire, des administrateurs de commandement, des imams et des érudits ; c’est aussi, dans ces pages cruelles, que la Mauritanie cherche la substance de sa législation tels les codes, pénal et du statut personnel.

Mesdames et Messieurs, ces livres sources de nos malheurs en tant que populations serviles (hratin), et vecteur d’une publicité du pire à la religion musulmane, représentent la doctrine de d’Etat et la principale source de loi dans mon pays ; elles réglementent la vie, par la seule volonté d’une minorité qui domine et fonde sa continuité sur la nécessité de l’esclavage ; elle trouve dans la littérature du crime, la caution et la motivation de sa forfaiture, reproduite depuis des siècles;

la duplicité est telle que dans les forums et organismes internationaux, la Mauritanie se targue du record de ratifications alors qu’à l’intérieur , les pouvoirs exécutif et judiciaire invoquent la sacralité des lois traditionnelles, donc leur supériorité sur le droit international.

Chers amis, nous avons besoin de vous, pour :

1 Amener la Mauritanie à renoncer à la ligne politique et diplomatique du déni actif, en reconnaissant l’existence de pratiques massives et multiformes de l’esclavage contre les Hratin;

2 Pousser la Mauritanie à rompre avec la duplicité et à conformer ses lois nationales - non seulement avec ces engagements internationaux qu’elle a souverainement adoptés - mais aussi avec ses prétentions de République Islamique, et ce en souscrivant aux préceptes égalitaires, justes et humanitaires de l’Islam originel ;

3 Abroger l’enseignement et la publicité de l’esclavage et autres formes d’inégalités contenus dans les livres et codes multiséculaires que seul notre pays entoure encore d’immunité et d’inviolabilité.

Le 03 mai 2013-05-02
Dublin, Irlande.

Avec Cridem, comme si vous y étiez...












Source : IRA Mauritanie
Commentaires : 18
Lus : 2572

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Commentaires (18)

  • BELMAGVAR (H) 05/05/2013 15:59 X

    vraiment un guignol!

  • leguignolm (H) 04/05/2013 22:36 X

    Biram, vraiment un candidat potentiel en face Aziz 2014 pour détrôner ce système beidane, mais quand je pense que lui aussi, il suffit que son Ahmed ould Daddah se présente devant lui comme le cas du leader avorté en 92 et la suite!!!

    Quant à vous les autres, je comprends bien vos grincements de dents, malheureusement s’est le seul qui vous reste pour se soulager !!!

  • unioniste (H) 04/05/2013 19:11 X

    fidelis
    Est-ce que tu sais ce que veut dire hartani? Sache que ce mot veut dire libre. Ton ami BIRAME est en contradiction avec lui-même quand il dit que les hratin sont maintenus en esclavage.

    S'agissant de leur condition, c'est ce que j'ai dit que BIRAME péfère continuer à vendre. Pourquoi de lutte-t-il pas pour les faire instruire pour mieux gagner une vie meilleure. Non vous des vendeurs de causes mais sachez que les acheteurs de celles-ci se rarifient de plus en plus.

  • Fr (F) 04/05/2013 18:55 X

    BIRAME
    Fais attention. BELMAGVAR a raison, tu sera laché par les sioniste quand les relations qui ne seraient que suspendues reprendont. Il faut profité et vite. Comme l'a si bien dit UNIONISTE c'est une arnaque dont les principales victimes sont les Haratines.

  • fidelis (H) 04/05/2013 17:58 X

    Tres cher unioniste,
    tu n'es qu'un pauvre hartani, inconscient, égoïste, hypocrite et foncièrement affecté par une myopie incurable. Descends au charbon tu comprendrais mieux l'endurance de Biram et ses amis.

  • najoorebonde (F) 04/05/2013 17:48 X

    Merci Biram Dah Abeid pour cette mise à nue inimitable et dont toi seul as le secret du système retrograde mauritanien, n'en déplaise aux envieux, aux esclavagistes et aux racistes qui assistent, impuissants, à la mort lente mais irréversible de leur dit système et méthodes avilissantes!!

  • BELMAGVAR (H) 04/05/2013 17:01 X

    La puissance médiatique du lobby sioniste mondial n'est pas à démontrer. C'est cette puissance qui gouverne les USA et on peut dire qu'elle manipule le montier entier actuellement. Mais malgré tout,les manipulations, montage ne trompe personne.

    Ce cinéma fait autour de Biram ould ABEID pour lui forger une place, n'est que l'oeuvre de ce lobby sioniste, qui garde une dent contre la Mauritanie pour la rupture de relation avec l'entité isréal.

    Les droits de l'homme, la politique maintenant et ce qui suivra, sont le dernier soucis de ce monsieur.

  • unioniste (H) 04/05/2013 16:00 X

    Pour expliquer mon précédent commentaire, je précise que les cas d’esclavage que l’on rencontre ça et là sont la cause, comme je l’ai toujours écrit dans la presse et dit publiquement et en privé, de la misère et surtout de l’ignorance que mon neveu Birame ne veut pas combattre comme s’il préfère que cela continue. Je comprends, maintenant, pourquoi. C’est par calcul qu’il veut que nous, haratine, restons misérables pour vendre notre cause comme présentement.

    S’agissant du cas des écrits religieux, c’est un amalgame qu’il entretient pour, justement, se rapprocher des ennemis de l’Islam. En effet, l’esclavage dont ces livres parlent n’est pas ce qui se pratiquait chez nous.

    Toute personne honnête et qui veut la vérité sur cette question peut correspondre avec moi.

    Mohamed ould Mohamed Ahmed
    unioniste@live.fr

  • dauphin (H) 04/05/2013 15:28 X

    Merci, merci, merci a l'infini.
    Quelles vérités, continuez a porter encore plus hauts les voix des sans voix et a dénoncer les injustices explicites et latentes en Mauritanie, tout ça au nom de l'ISLAM, malmené chaque jour par nos pseudo oulémas.

    Quant aux dénigreurs et jaloux, qui ont tant profité des privilèges du moment, n'y prêtes pas attention. Car la pilule de la vérité est dure a avaler. A bon entendeur, salut

  • unioniste (H) 04/05/2013 15:25 X

    Mon neveu Birame.
    Tu n'as pas dit la vérité à ces occidentaux. S'il y a encore des esclaves ils sont très loin des chiffres que tu donnes. Ce n'est pas honnête de ta part vis à vis de tout le monde: hrantine, occidentaux et ton pays. C'est de l'arnaque. Tu à porté préjudice à chacun des trois pour un prix et des miettes. L'histoire te punira. Pourtant je suis hartani et je ne suis pas hartani de service mais quelqu'un d'honnête.

  • ahznar (H) 04/05/2013 15:11 X

    Tout apôtre de la justice doit se retrouver gaillardi et honnoré par ce discours. Il traduit en terme de valeur et de verité comment l'esclavage est cimenté en Mauritanie. Peut être Mr. Abeid sera invité un jour pour defendre la cause juste au podium des Nations Unies.

  • Top man (H) 04/05/2013 15:08 X

    Merci Monsieur le Président BIRAM et BRAVO mon frère.

    Vous avez fait comprendre au Monde entier le racisme et le népotisme, les esclavagiste ne sont pas seulement ce qui le pratique, il y'a ce qui disent aimer les noirs et n'ont d'amis que les noirs et avoir été décoré par tous les grands seigneurs de la terre, alors qu'ils sont féodales et racistes, mais ils se cachent derrière les noirs pour les espionnés au profit de l'état....

    Président il faut dénoncé ce type de personnes qui se disent des personnalités solvables.

  • diop saidou (H) 04/05/2013 14:49 X

    Biram est un illuminé, qui verse dans les délires et la paranoïa, qui se rêve en gourou de la secte des haratine qu'il trompe. Il a vendu son âme au diable avec le lobby juif qui lui ont discerné ce prix et qui le publie sur leur site jssnews.com dans lequel il fait l'apologie du rejet de l'islam.

  • titan2013 (H) 04/05/2013 13:15 X

    Le lobbye sioniste à l'oeuvre...

  • edenah (H) 04/05/2013 13:00 X

    Au moins une fois, Meriem mint Med a bien dit et bien trouvé. Un esclave agacant. Il aurait du trouvé son laureat en matiere de vente de charbon.

  • layma (H) 04/05/2013 12:25 X

    Merci, merci encore d'avoir porter si loin la réalité de la Mauritanie. Je te souhaite du courage et que vive la Mauritanie.

  • Mariem Mohamed (F) 04/05/2013 11:44 X

    A beau mentir qui vient de loin!!!

  • mohamed w.l (H) 04/05/2013 11:43 X

    combien ses monsieurs sont des menteur sur tout une sertaine Fatimata Mbaye dans la video quel honte