13-05-2013 08:14 - Prix Front Line Defender : IRA célèbre en pompe sa distinction internationale
L’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) a organisé samedi 11 mai 2013 à la Nouvelle Maison des Jeunes de Nouakchott une cérémonie grandiose pour célébrer la distinction accordée à son président, Birame Ould Dah Ould Abeid, lauréat 2013 du Prix Front Line Defender, qui récompense chaque année le défenseur des droits de l’homme qui s’est le plus distingué par son combat dans le monde.
La cérémonie a été marquée par la présence massive de centaines de militants d’IRA, dont des dizaines de dockers, ainsi que des membres de son directoire, sous le son de la musique Rapp, des chansons traditionnelles propres à la culture Harratine, de la danse, avec la troupe Sbeïnyatt de Rosso.
Les thèmes scandés ont tourné autour de l’esclavage, du racisme et du combat d’IRA, notamment celui de son président Birame Ould Dah Ould Abeïd. La manifestation a été également marquée par le discours prononcé par le vice-président d’IRA, Brahim Ould Bilal.
Après avoir souhaité la bienvenue aux militants et cadres de l’organisation antiesclavagiste, en particulier la section IRA-Nouakchott pour le succès de la mobilisation et les membres du «Comité de la Paix» pour la qualité de l’organisation, il a appelé l’Etat mauritanien à mettre en place les conditions idéales pour la cohabitation sociale, en faisant de la citoyenneté, de l’égalité et de l’équité entre les Mauritaniens un vécu réel et non plus un simple slogan creux.
Selon lui, les Mauritaniens restent inégaux en termes d’emploi, de richesse et d’ascension sociale, soulignant qu’aucun Hartani ne peut obtenir une nomination ou un privilège s’il ne commence d’abord par critiquer les Harratines et à les fustiger. Il considère que la Mauritanie est encore dominée par un racisme d’Etat qui empêche l’épanouissement de l’homme mauritanien débarrassé de toutes les pesanteurs ethno sociales.
Brahim Ould Bilal a déclaré qu’en cinq ans d’existence, malgré le refus de reconnaissance, IRA a créé une véritable révolution sociale dans le pays, soulignant que les débats sur l’esclavage qui occupent ces temps les médias, les hommes politiques, les décideurs et la classe intellectuelle sont le fruit du combat mené par IRA, tout comme la création de l’Agence nationale de lutte contre les séquelles de l’esclavage est le résultat de sa lutte pacifique et courageuse.
Le discours de Brahim Ould Bilal a été suivi par la projection du film montrant la cérémonie de remise du Prix Front Line Defender à Birame Ould Dah Ould Abeid des mains du président de la République d’Irlande. L’élément a été projeté dans une salle archi comble, au milieu des applaudissements sonores et des you-you stridents.
Cheikh Aïdara
