25-05-2013 12:57 - Mokhtar Belmokhtar, «mister Marlboro»
Mokhtar Belmokhtar, alias Aboul Abbas, a fait ses premières armes en Afghanistan à la fin des années 1980. Il est touché par un éclat d'obus, perd un œil et gagne son premier surnom: «le borgne». Encore adolescent, il n'a que 18 ans, il est très vite fasciné par les exploits des moudjahidins afghans.
Il rentre en Algérie au début des années 1990 et retrouve un pays en peine guerre civile. Il crée la Katiba Echahada, la brigade du martyre. Il sera jugé par contumace ensuite pour le meurtre de 13 policiers. Son groupe est proche des GIA, les Groupes islamistes armés, qui commettront de nombreux massacres à partir de 1996.
Il rejoint le Groupe islamiste pour la prédication et le combat (GSPC) et y gagne le statut d'émir grâce à sa déjà longue expérience du combat. Il a en charge la zone 9, dans le sud algérien, un territoire immense à partir du quel il se rend souvent au Mali pour se procurer des armes et des munitions et pratiquer la contre bande.
Son activité se partage entre la le trafic de cigarettes et d'émigrés clandestins qui tentent de rejoindre l'Europe en traversant le désert du Sahara. Il y gagne un nouveau surnom: Mister Marlboro.
200 Ã 300 combattants
En 2003, il participe à la prise d'otage de 17 motards allemands et autrichiens en promenade touristique dans le Sahara. Ils seront libérés contre le versement de cinq millions d'euros, selon la télévision publique allemande. Il finit par s'installer au Mali et se lance dans le business des otages. Sa Katiba compte 200 à 300 combattants.
En décembre, il rompt avec al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et fonde une nouvelle Katiba baptisé «Les signataires par le sang». Cinq jours après le déclenchement de l'opération militaire française au Mali, il organise une surprenante et audacieuse attaque contre le complexe gazier algérien d'In Amenas. Trente-huit otages seront tués dans les combats.
En avril, le chef d'Etat major de l'armée tchadienne annonce que Mokhtar Belmokhtar est mort. Des photos du corps d'un homme lui ressemblant sont même diffusées, mais le décès n'est jamais confirmé comme du chef d'Aqmi, Abou Zeid, par des tests ADN.
Le double attentat de jeudi au Niger, contre un site d'Areva et une caserne de l'armée nigérienne, a été d'abord revendiqué par le MUJAO, un groupe formé surtout de combattants maliens puis le MJUA a affirmé qu'il s'agissait d'une opération conjointe montée avec le groupe à dominante maghrébine de Mokhtar Belmokhtar.
Le porte-parole de ce mouvement djihadiste El-Hassen Ould Khlil, alias Jouleibib, a précisé, pour sa part, que Mokhtar Belmokhtar était l'organisateur du raid et que l'opération portait le nom de Abou Zeïd, tué lors de l'opération menée par l'armée française et l'armée tchadienne dans l'Adrar de Tigharghar au nord du Mali en mars.
