25-05-2013 13:36 - La menace terroriste au cœur de la conférence des donateurs pour le Mali
Mali - Cent huit pays et organismes internationaux se sont réunis la semaine dernière à Bruxelles à l'occasion d'une conférence sur la reconstruction du Mali, s'engageant à fournir une aide financière d'un montant de 3,2 milliards d'euros.
L'Union européenne est le donateur le plus important, offrant plus de 500 millions d'euros, suivie par la Banque mondiale et la Banque islamique de développement proposant chacune 250 millions d'euros, et par la France qui fournit 280 millions d'euros.
Les participants à ce sommet du 15 mai ont parlé des moyens d'améliorer la sécurité, la démocratie et le développement au Sahel. Ils ont également abordé la question des façons de lutter contre le terrorisme dans les régions du Sahel et du Maghreb.
"Le Maroc s'engage à ériger la situation au Mali et dans l'ensemble de la région sahélo-saharienne parmi les priorités de sa diplomatie", a déclaré le Premier ministre marocain Abdellilah Benkirane aux participants à la conférence de Bruxelles.
Le Maroc contribuera à hauteur de cinq millions de dollars à la reconstruction et au développement de l'Etat du Mali, a-t-il ajouté. La stabilité et la sécurité du Mali sont essentielles à celles de la région sahélo-saharienne toute entière, a fait remarquer Benkirane.
Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a parlé aux participants de l'expérience de son pays. Il a loué les efforts des Européens dans le cadre de la stratégie dite "sécurité et développement" au Sahel.
Le chef d'Etat mauritanien a affirmé que : "La tenue de ce sommet intervient à un moment crucial, où il faudra pérenniser les succès militaires décisifs obtenus sur le terrain, mais également et surtout, les consolider à travers un processus politique inclusif et consensuel, à même de garantir durablement le retour espéré du Mali à la paix et à la stabilité."
"Il est depuis longtemps admis que, dans leurs logiques et par essence, les phénomènes du terrorisme et du crime organisé ignorent les frontières étatiques, rendant ainsi impuissante à les contenir toute velléité d’endiguement qui serait proprement nationale", a-t-il relevé.
Et d'ajouter : "L’urgence en la matière est certes à la réponse sécuritaire mais, au-delà , nul traitement viable ne saurait se concevoir en dehors d’une prise en charge appropriée des dimensions politique, économique et sociale qui font le lit de ces phénomènes... C’est cette approche intégrée que nous avons adoptée, en Mauritanie."
Ould Abdel Aziz a expliqué comment, en Mauritanie, il avait veillé, par des débats et une sensibilisation continue, à toujours assurer la primauté de "l’Islam authentique".
Mais la Mauritanie est toujours confrontée à la menace du terrorisme. Le 14 mai, l'officier de police Abdallahi Ould Mohamed Ghailani a été condamné à dix ans d'emprisonnement pour avoir servi de "liaison" entre des membres d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et des prisonniers purgeant des peines pour terrorisme.
Cinq jour plus tard, le porte-parole d'Ansar al-Din Senda Ould Bouamama s'est rendu aux forces armées mauritaniennes à Bassiknou, à l'est de la frontière avec le Mali.
Dans une audition le 15 mai devant la Commission des affaires étrangères, de la défense nationale et des affaires islamiques à la Chambre des Représentants, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la coopération, Saad Eddine El Othmani, a parlé des problèmes sécuritaires auxquels son pays était confronté.
Le terrorisme est "devenu une menace directe pour les pays de l'Union du Maghreb, dont le Maroc fait partie", a déclaré El Othmani.
La prolifération des milices armées liées à al-Qaida est un facteur aggravant pour la situation du Mali, a-t-il indiqué.
"La sécurité des pays du Maghreb est liée à la stabilité et à la sécurité du Sud", a-t-il conclu.
