30-05-2013 16:05 - Rapport Amnesty International 2013 : En Mauritanie

Rapport Amnesty International 2013 : En Mauritanie

'Trente-six personnes au moins ont été arrêtées à la suite de manifestations pacifiques'.

Le Rapport 2013 d’Amnesty International a relevé toutes les violations des droits humains commis en Mauritanie, citant des restrictions sévères dans le domaine de la liberté d’expression, d’association et de réunion, mais aussi les menaces et arrestations dans les milieux antiesclavagistes et l’extradition d’Abdullah Senoussi en Libye où il risque la peine de peine de mort.

Rappelant que la Mauritanie a ratifié en octobre 2012 la Convention contre les disparitions forcées et le Protocole facultatif à la Convention contre la torture, le Rapport cite la disparition forcée de 14 détenus salafistes condamnés à des faits liés au terrorisme et les nombreux cas de tortures dans les postes de commissariat de Nouakchott.

Dans le premier cas, Amnesty International évoque la soustraction en mai 2011 de salafistes de la prison civile de Nouakchott, transférés selon les autorités à titre temporaire vers un lieu tenu secret pour des raisons de sécurité.

Dans le deuxième cas, le Rapport cite les commissariats du Ksar et de Tevragh-Zeine comme les lieux où des actes de tortures auraient été commis, notamment à l’encontre d’un étudiant arrêté suite à des manifestations estudiantines et deux détenues de la prison des femmes passées à tabac au moment de leur interpellation en 2010, puis durant leur interrogatoire.

Selon Amnesty, "aucune enquête n’a été ordonnée sur les allégations de torture et de mauvais traitement infligés pendant les gardes à vue et les interrogatoires". Dans le domaine de la liberté d’expression, il est fait mention de l’arrestation de trente six personnes suite à des manifestations pacifiques, la répression des mouvements estudiantins, l’arrestation d’une trentaine d’étudiants, dont certains libérés au bout de quelques jours et d’autres détenus pendant plus d’une semaine sans inculpation ni jugement.

La Mauritanie aurait eu également ses prisonniers d’opinion et ses prisonniers politiques, selon l’organisation internationale de défense des droits de l’homme dans le monde qui contredit les allégations de l’Etat mauritanien. Et de citer, le cas des 11 militants d’IRA arrêtés, dont son président Birame Ould Dah Ould Abeid, suite à l’autodafé de Riadh. Ils ont été par la suite remis en liberté provisoire après quatre mois de détention.

Le Rapport cite aussi l’arrestation de Mohamed Lemine Ould Dadde, ex-commissaire aux droits humains, remis lui aussi en liberté provisoire. Dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, le Rapport cite le jugement et la condamnation de dix-sept personnes à des peines d’emprisonnement ou la peine capitale.

Certains procès ne répondraient pas, selon Amnesty International, aux normes d’équité internationalement reconnues. Trois prisonniers au moins, dont Assad, Abdel Kader et Mohamed Ali auraient été maintenus en détention au-delà de l’expiration de leurs peines d’emprisonnement, avant d’être remis en liberté avec un retard de 4, 10 et 12 mois respectivement.

L’extradition d’Abdullah Senoussi en Libye est considérée par Amnesty International comme une violation de la législation internationale, le prisonnier devant être remis à la CPI et non à la Libye où il risque la peine de mort.

Six personnes au moins, ont été condamnées à mort au cours de l’année, note l’organisme, dont trois en avril. Il s’agit de Mohamed Saleck Ould Cheikh, Youssouf Ghalissa et Mohamed Lemine Ould MBallé, accusés de terrorisme et appartenance à un groupe terroriste.

Le même mois, Mohamed Abdallahi Ould Ahmedna condamné à la peine capitale en 2011 a vu sa sentence confirmée en appel, accusé d’appartenance à Aqmi et implication dans le meurtre d’un citoyen américain.

Dans le domaine de l’esclavage, Amnesty International note l’arrestation le 11 janvier de quatre militants d’IRA pour protestation contre un cas d’esclavage à Aïoun.

Sur le plan du respect des droits des migrants, Amnesty International accuse la Mauritanie d’avoir arrêté et incarcéré arbitrairement des migrants africains soupçonnés de vouloir se rendre en Espagne.

En tout, ce sont au moins 4.000 migrants qui ont été arrêtés et renvoyés au Mali ou au Sénégal, selon le Rapport. Ce dernier considère que beaucoup ont été retenus pendant des jours dans des centres de détention pour migrants à Nouadhibou avant d’être expulsés, sans avoir jamais eu la possibilité de contester le bien-fondé de leur détention ni de leur expulsion collective.

Synthèse : MOMS





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Commentaires (1)

  • foutaanke (H) 30/05/2013 16:15 X

    la torture c'est une specialité de nos force de polices et militaires ,elles ont meme dans le passé eu à former les polciers stagiaires d'autres pays dans ce domaine et croyez nos policiers et militaires ne sont pas prets à abandonner cette pratique