10-06-2013 14:59 - L'esclavage existe encore !

L'esclavage existe encore !

Nouakchott pratique l’esclavage malgré l’Onu et ses propres lois. Parce que cela leur donne bonne conscience, beaucoup de gouvernements préfèrent laisser entendre que l’esclavage par ascendance - être esclave parce que vos parents l’étaient - n’existe plus. Mais ce n’est pas vrai.

Aujourd’hui, en Mauritanie, le quotidien des populations serviles d’ethnie haratine (1) est une vie en dehors de la Déclaration universelle des droits de l’homme."


Biram Dah Abeid, président de l’organisation mauritanienne de lutte contre l’esclavage "Initiative de la résurgence antiesclavagiste" (IRA), lui-même descendant d’esclaves, est en tournée en Europe pour faire connaître son combat. Nous l’avons rencontré.

Contrairement à ce que l’on pense souvent - "et à l’idée qu’entretiennent les autorités mauritaniennes " - il ne s’agit pas d’une survivance du passé dans des milieux ruraux archaïques. "Là où nous luttons, c’est dans la capitale, Nouakchott. Dans les quartiers chics, résidentiels et administratifs, où vit la classe dirigeante. Les gens que nous avons réussi à traîner en justice sont issus de la bourgeoisie dominante, qui fait des études en Europe" , souligne M. Abeid.

"Le dernier cas auquel l’IRA a travaillé, est un homme d’affaires, cousin du Président, dont la maison est située à 30 m du palais présidentiel Comment peut-on dire que l’esclavage est confiné au monde rural ? , insiste-t-il. C’est dans ces milieux aisés que la pratique de l’esclavage continue. Il y a plus de cas dans les villes que dans les zones rurales."

Nouakchott ratifie sans appliquer

Car, souligne le militant antiesclavagiste, malgré le système des Nations unies, malgré les normes et conventions internationales, rien ne change en Mauritanie bien que Nouakchott signe et ratifie ces conventions. Et bien que l’esclavage soit devenu illégal sur son territoire depuis 1981 et criminel depuis 2007 (une loi punit de cinq à dix ans de prison ceux qui pratiquent l’esclavage mais n’a encore été appliquée qu’une seule fois).

"Il est même inscrit comme crime contre l’humanité dans la Constitution mauritanienne depuis 2012, souligne le militant. Finalement, ces conventions ne servent qu’à protéger les pays qui pratiquent l’esclavage, comme la Mauritanie : on signe, mais on viole sa signature - sans conséquence parce qu’il n’y a pas de système coercitif international. La coercition, la communauté internationale ne l’utilise que lorsqu’il y a des enjeux économiques, stratégiques" , ajoute avec amertume M. Abeid.

Un code du IXe siècle

Selon lui, la seule pression vient d’organisations de défense des droits de l’homme. "Quand ces organisations s’en mêlent, certains gouvernements écrivent des lettres à celui de Nouakchott." Rien de plus ? Une grimace. "Non" , répond le militant.

Biram Dah Abeid explique que conventions internationales et lois internes ne sont pas appliquées en Mauritanie parce que celle-ci leur préfère un code ancestral - l’Abrégé, de Cheikh Khalid Mohammed Ibn Ishagh - rédigé au IXe siècle et dont de nombreuses exégèses ont été écrites jusqu’au XVe siècle.

"En Mauritanie, ce code est considéré comme l’interprétation du Coran, donc comme la Sharia (loi islamique). Et la République islamique de Mauritanie considère, dans le préambule de sa Constitution, que la Sharia est la source de la loi. Or, ce livre divise les musulmans en deux catégories : les hommes libres et les esclaves, les noirs" - bien que le Coran interdise de faire un esclave d’un musulman.

Les esclaves - qui forment environ 20 % de la population mauritanienne - sont des biens que l’on peut vendre, qui n’ont pas droit à l’éducation et sur lesquels le maître a droit de vie et de mort. "Ce code dit aussi que les femmes esclaves sont les objets sexuels du maître, quel que soit leur âge.

Que le maître doit castrer les esclaves hommes pour éviter le mélange des sangs; c’est pour cela que l’esclavage se transmet par la mère : ses enfants seront automatiquement esclaves. Le code dit aussi que les femmes - en général, pas seulement les esclaves - n’ont pas les qualités requises pour choisir leur mari et qu’elles mentent plus que les hommes Ce code est une interprétation erronée et machiste du Coran, mais c’est lui qui est appliqué en Mauritanie"
, détaille le militant.

Apartheid

Le sort des esclaves affranchis et de leurs descendants, comme Biram Abeid - soit environ un tiers de la population mauritanienne - est également cause d’indignation. "Leur liberté est théorique. Ils portent des noms reconnaissables et sont donc victimes de fortes discriminations à l’école, face au droit de propriété foncière, face aux services publics. C’est un apartheid" , accuse M. Abeid.

(1) Descendants des Bafours (autochtones présents dans la région avant l’invasion arabo-berbère du XVe siècle) et des esclaves amenés d’autres régions.



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Commentaires (9)

  • lelion (H) 11/06/2013 10:56 X

    Mauritaniens!!!! Soyons courageux et faisons face à nos réalités. Le courage reste la première valeur d'une âme noble. Courage alors chers compatriotes.

  • Belphegor (H) 10/06/2013 18:06 X

    Heureusement que le thème de l'esclavage est et demeure un excellent fonds de commerce pour ceux qui disent se battre pour son éradication tout comme le passif humanitaire.

    Je me demande vers quoi se tourneront ceux qui en récoltent actuellement les divers bénéfices (aux dépens de leur communauté) lorsque tous ces maux seront réglés une bonne fois pour toutes.

  • sraghaa (H) 10/06/2013 17:58 X

    quel gros menteur , l'euro fait dire n'importe quoi!!!!! l'esclavage n'existe encore que pour ceux qui l'utilise comme fond de commerce .et ils feront tout pour faire croire au monde exterieur qu'il existe encore ET l'etat laisse faire CES arrivistes sans bouger le petit doigt à croire qu'il est absent

  • mujaoman (H) 10/06/2013 17:17 X

    Si les haratines representent 20% alors combien sont les Maures blacs (70 % )??????? L esclavage existe encore chez nous personne n en doute ;ici a l etranger , en tant que noir Mauritanien cela me concerne aussi bien que le Haratine .

    On est aujourdhui en l an 2013 ,cette pratique doit disparaitre avec tous les moyens a bord , ayons le courage et travaillons ensemble pour la construction d une societe nouvelle sans haine ,ni segregeation.

  • Sekkak (H) 10/06/2013 16:57 X

    Article insipide et nul. Un ramassis de n'importe quoi. C'est pas étonnant: c'est du Biram dans un journal Belge.............

  • jakuza (H) 10/06/2013 16:41 X

    A propos d'Apartheid, ou developpement séparé, des dirigeants du FLAM auraient démarché Mandela pour le mobiliser contre le régime mauritanien qui pratiquerait l'Apartheid... . Mandela aurait posé quelques questions:

    - Vont enfants vont-ils dans des écoles séparées et à eux dédiées?
    - Habitez-vous des quartiers à l'écart de vos autres compatriotes?

    La réponse à ces deux questions étant NON le sage Mandela leur demanda de changer d'angle de tir!

    Le poids des mots Biram....

    Moi je n'ai pas d'esclaves et je pense que l'esclavage en tant que tel n'existe plus en Mauritanie mais bien de séquelles qu'il faut combattre au quotidien...

  • YEHESS (H) 10/06/2013 16:38 X

    Mensonges contre l'argent des juifs... Mensonges contre l'argent des juifs... Tout est à vendre: la religion à vendre... La cohésion nationale à vendre... La morale à vendre... Tout est à vendre... Notre existence à vendre... Tout est à vendre chez-moi Birame...

    Ceci devrait ponctuer ce texte plein de mensonges et de contre-verités .

  • labeid (H) 10/06/2013 16:34 X

    Cet article met le doigt sur un vrai problème en Mauritanie: la présence de castes héréditaires (pas seulement en Mauritanie mais dans la plupart des pays africains). Mais il comporte des contres vérités comme "l'invasion arabo-berbère" or on sait que les berbères sont sur ces terres et jusqu'au fleuve Sénégal depuis plus de 7000 ans. Le fleuve Sénégal est dérivé de fleuve Sanhaja (tribu berbère).

    Dans les faits l'article a été écrit pour les européens qui ont besoin pour se donner bonne conscience d'entendre dire que le diable est en Afrique. Oui le diable c'est celui qui a assassiné Lumumba... Birame est une devenu une pièce du théâtre médiatique européen ce qui lui permet de voyager aux frais de la cause haratine dont la solution ne peut venir que des mauritaniens eux-mêmes. Une histoire belge de trop...

  • mohamed w.l (H) 10/06/2013 16:01 X

    biram ta pas honte de mentir, on est tous d accord qu il faut combatre ce mal, mais quand tu dis -Les esclaves - qui forment environ 20 % de la population mauritanienne - sont des biens que l’on peut vendre, qui n’ont pas droit à l’éducation et sur lesquels le maître a droit de vie et de mort. "Ce code dit aussi que les femmes esclaves sont les objets sexuels du maître, quel que soit leur âge.

    tu fait rire mm tes amis d IRA car sa montre te vilgarite et ton vrais visage