11-06-2013 21:57 - Le paradoxe sécuritaire : Vaincre le terrorisme et capituler devant la criminalité !!!?
Le terrorisme et la criminalité sont les deux grands maux auxquels s’exposent aujourd’hui les nations.Le premier de portée internationale et perçu comme étant le plus complexe, avec notamment des mobiles d’ordre politique, nécessitant un front de lutte orienté vers l’anéantissement de ses sources extérieures.
Le second est au contraire motivé par des raisons souvent économiques internes dont la pauvreté, le chômage, les inégalités, l’injustice et l’amateurisme de services sécuritaires sinon l’absence de moyens à la hauteur des responsabilités à assumer en la matière.
Les deux phénomènes sont aussi intrinsèquement corollaires l’un de l’autre. La recrudescence ou la baisse de l’un produit parallèlement des effets similaires sur l’autre.
Une règle qui semble non applicable à la Mauritanie, dont les importants exploits antiterroristes contre Aqmi largement salués par les Etats de la sous-région et l’Occident ont été paradoxalement accompagnés ces dernières années par de sérieux revers sécuritaires sur le plan intérieur, où les seigneurs de la criminalité font autant de massacres, de viols, d’actes de vandalisme et de saccage que les djihadistes et les narcotrafiquants à la fois.
Alors que le pays tout entier demeure hanté par le meurtre abominable de feue Penda Soghé, Nouakchott vient d’être le théâtre dimanche dernier d’un crime aussi horrible, commis par une bande d’individus sur la personne de Ould Cheikh Ahmed ; fort heureusement arrêtés le lendemain pour leur majorité.
Une terreur qui a conduit hier les parents de la victime à manifester devant les autorités chargées du dossier et à demander une punition extrême aux auteurs du drame proportionnelle à l’élimination physique et à sang froid de leur enfant, réfusant comme pour le cas de Penda tout arrangement avec les multirécidivistes fils de foyers nantis.
Pour la famille de Ould Cheikh Ahmed, leur fils a été tué exprès par 4 hommes mobilisés par l’artiste mauritanien Sidi Ould Dendenni pour cette liquidation. Selon les versions données sur ce crime abject, le disparu a été attiré dans un piège minutieusement placé par ses meurtriers avec la connivence d’une fille utilisée dans cette affaire pour dissiper les doutes de Ould Cheikh Ahmed et pour l’entrainer dans le guet-apens tendu par ses tueurs impitoyables une fois arrivé au lieu déterminé pour rencontrer la garce.
Ce crime n’est pas l’unique du genre du gros lot de l’insécurité qui plane sur tout le pays notamment dans les grandes villes telles que Nouakchott et Nouadhibou. En effet, il ne passe point de jour sans apporter son lot de viols, de braquage et d’enlèvement, d’évasion de prison de criminels.
Une situation qui devrait susciter de la part des pouvoirs publics la même mobilisation faite pour lutter contre le terrorisme, en se dotant les équipements et les ressources humaines capables de renverser la donne et d’assurer aux paisibles citoyens le service public minimal que représente leur propre sécurité.
C’est la réalisation de cet objectif primordial que le pouvoir doit se faire sienne, du fait que personne n’est aujourd’hui certain d’échapper à ces seigneurs de la terreur qui frappent partout, disparaissent et réapparaissent pour tuer de nouveau, violer et enlever en toute impunité.
Un défi sécuritaire véritable aussi dangereux qu’Aqmi qui doit susciter un sursaut de l’autorité militaire toute entière pour préserver le pays d’un mal qui laissé à son rythme actuel pourrait conduire progressivement au chaos, avec la résurgence de quartiers, de groupes tribaux et régionaux contraints de s’associer en milices retranchées pour assurer leur propre défense devant la démission de l’Etat devant ses responsabilités sécuritaires.
Md O Md Lemine
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