08-07-2013 13:21 - Des chauffeurs de taxi étrangers traînés en justice
Les limiers du Groupement Général de la Sécurité Routière (GGSR) ont déferré Mardi, 2 Juillet quatre étrangers, deux Sénégalais et deux Guinéens, pour conduite sans le permis vert.
Les prévenus sont arrivés au Parquet de la République, les traits tirés et les yeux rouges après trois jours de garde-à -vue. Selon les forces de l’ordre, il s’agit de multirécidivistes maints fois sommés de se conformer à la législation nationale qui exige dorénavant la détention du permis vert pour le transport.
Jusque-là , les compères s’en tiraient avec une amende de 6.000 UM. Cette fois, ils ont été immobilisés, leurs véhicules conduits aux fourrières, puis déferrés en justice.
Ndiaw Diop dont le père vivait en Mauritanie depuis les années 50 avant de rejoindre son pays, le Sénégal, se croyait presque Mauritanien, lui dont certains des frères et sœurs sont nés en Mauritanie et que lui-même y vit depuis 1995.
Il a toujours exercé le métier de taximan dans le pays, le seul travail qu’il connaît et trouve anormal de se voir priver son gagne-pain. Il ne cessait de rouspéter, alors que son compatriote plus calme, ruminait sa peine, la tête enfouie entre ses deux mains.
Les Guinéens hochaient la tête, maudissant la nouvelle réglementation qui les oblige à déserter un travail qu’ils pratiquaient depuis des années en Mauritanie. Ils ont tous promis qu’ils vont quitter le pays.
Le Substitut du Procureur de la République s’est contenté pour sa part de leur infliger à chacun d’entre eux une amende de 10.000UM, avec le conseil de ne plus recommencer. La Mauritanie a une nouvelle règlementation pour son transport public, aux autres de s’y conformer, a-t-il fait comprendre aux prévenus, dont les proches étaient heureux qu’ils s’en aient sortis à peu de frais.
Beaucoup d’étrangers qui exerçaient le métier de taximan en Mauritanie ont soit regagné leur pays ou se sont convertis dans d’autres métiers, selon les chauffeurs. L’Empire Islamique des Sables (Mauritanie) n’est pas contre les chauffeurs étrangers mais elle veut qu’ils soient adaptés aux nouvelles règles de circulation.
Sit-in des membres d’IRA devant le Palais de Justice
Les membres de l’organisation antiesclavagiste IRA ont manifesté Mardi 2 Juillet 2013, devant le Palais de justice de Nouakchott pour protester contre le cas de Mbarka Vall et sa fille de 20 ans toujours en esclavage selon ses déclarations. L’affaire de Mbarka Vall a été portée à la connaissance du Commissariat du Ksar 1 qui avait procédé à l’arrestation des présumés esclavagistes, la famille Moulaye et son épouse.
Arrêtés pendant quelques heures et déferres au Parquet, le couple a été relâché sous garantie et le dossier de l’affaire bloquée jusqu’à présent. Mbarka Vall libérée par IRA travaille aujourd’hui comme bonne dans une famille tandis que sa fille de 20 ans serait toujours esclave chez la sœur de Moulaye à Tintane, selon eux. C’est pour relancer le dossier et juger l’affaire que les membres d’IRA ont repris la voie de la contestation pacifique. Cette affaire s’est déroulée depuis le mois de Mars de cette année.
Abou Cissé.
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