27-10-2013 10:05 - 15/12/2010 – 17/09/2013 : Trois ans de ministère d’Etat qui ont paralysé l'Éducation

15/12/2010 – 17/09/2013 : Trois ans de ministère d’Etat qui ont paralysé l'Éducation

Mercredi 15 décembre 2010 le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a procédé à un remaniement ministériel partiel par lequel un ministère d’Etat à l’Education est créé et sa gestion confiée au Docteur Ahmed ould Bahiya qui était à la tête du ministère de l'enseignement secondaire et supérieur depuis le 11 Août 2009.

En plus, des ministres délégués auprès du ministre d’Etat, ont été chargés des différents secteurs de l'éducation (primaire, secondaire, professionnel ...).

La famille scolaire avait bien accueilli cette décision, considérant la dotation du secteur de l’Education d’un ministère d’Etat, à lui seul parmi tous les secteurs de la vie publique comme un geste de bonne volonté, une attention spéciale et une reconnaissance nouvelle de la place qui doit revenir à ce secteur.

La famille scolaire s'attendait à ce que les nouveaux responsables de l’Education travaillent en équipe soudée sous la coordination du ministre d’Etat afin de faire face aux défis majeurs du millénaire en matière d’Education.

L’on s’attendait à la multiplication des ateliers, des conférences et symposiums pour la réflexion, l’analyse et la planification stratégique afin que le secteur de l’Education puisse jouer pleinement son rôle académique dans la consolidation des concepts et pratiques de la société de la connaissance, s’acquitter de la responsabilité sociale de l'Education, prendre des initiatives en faveur du développement académique et administratif, prendre connaissance des classifications internationales des établissements d'enseignement et apprendre de l'expérience des meilleures écoles de par le monde.

Mais il ne s’est passé, malheureusement, rien de tout cela : l'équipe n’était point soudée, mais elle s’était livrée à des luttes intestines tout au long des trois années de vie du ministère d’Etat, à l’image des luttes que livrait le ministre de l’Enseignement Secondaire et supérieur contre ses collaborateurs avant le ministère d'Etat.

Aussi, le ministre d’Etat s’est accaparé de tous les pouvoirs concédés par le gouvernement et la présidence de la République, transformant les ministères délégués en coquilles vides sans prérogatives, les empêchant ainsi de jouer le moindre rôle significatif pour contribuer au développement de leurs secteurs respectifs.

Et pourtant, ni le ministre d'État, ni le gouvernement, ni la présidence de la République ne mesuraient, apparemment, l’importance de la mission confiée au ministre d'État à l’Education Nationale et la Recherche scientifique. Ils l’ont occupé en le chargeant de conduire le dialogue politique avec ce qui deviendra l’opposition «dialoguante».

Pendant ce temps, les défis se sont exacerbés, l’analyse et la planification ont été négligées, le secteur a manqué à son rôle académique dans la promotion de la société de la connaissance, il a failli à ses responsabilités sociales, il n’y a pas eu d'initiatives notables d'appui au développement administratif et académique et personne n’a cherché à s’inspirer des expériences des institutions académiques et des écoles modèles internationales.

Aujourd’hui, suite à la disparition du ministère d’Etat le 17/09/2013, peut-on espérer une relance de l’Education après trois ans d’expectative?

Nouakchott, le 26/10/2013

Sidi I. Boudide



"Libre Expression" est une rubrique où nos lecteurs peuvent s'exprimer en toute liberté dans le respect de la CHARTE affichée. 

Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.



Source : Sidi Idoumou
Commentaires : 2
Lus : 3228

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (2)

  • Ksaleh (H) 27/10/2013 20:01 X

    Malheureusement personne ne paye cash ses fautes dans les hautes sphères de la l'Etat, sinon, c'est Ould Abdel Aziz et son ministre d'Etat qui doivent répondre de ce désastre.

    Cette précipitation dans l'art de mettre les beaufs devant la charrue, intervenue après l'espoir qu'à fait naître à notre système d'éducation l'action de mint Habba au cours de la transition !

  • Homme Noir (H) 27/10/2013 12:51 X

    Mr sidi
    vous etiez les premiers a applaudir ce super ministère d'état pourquoi n'avez vous jamais condamnés ses anomalies jusqu'aujourd'hui ,vous etes tous les memes.