22-01-2014 00:32 - L’Enseignement Originel: La montée des marches et la mobilisation pour le redressement de « la Madrassa de Boully»

L’Enseignement Originel: La montée des marches et la mobilisation pour le redressement de « la Madrassa de Boully»

Créée en 2007, la Madrassa de Boully (Guidimakha en Mauritanie), Mahadra à l’origine, est née d’une ingénieuse idée de N’Diaye Diadié Bidia. La Madrassa, en arabe, signifie «école» et n'implique pas une affiliation politique ou religieuse.

Soutenu dans son engagement pour l’éducation et l’accompagnement des enfants et même des adultes, il fut joint dans ses efforts par un groupe de volontaire. C’est dans cette dynamique qu’est née l’association de soutien à l’enseignement originel notamment à la Madrassa, en 2012.

La création de cette association « Jamiiyetel Kheire » a donné un nouveau souffle à cet enseignement, le travail devient plus consistant et régulier, même si l’établissement ne jouit pas pour l’heure d’une reconnaissance officielle au niveau de l’Etat.

La Madrassa de Boully, dispose aujourd’hui d'un effectif de 256 enfants et constitue un véritable refuge pour les enfants non scolarisés ou victimes de la déperdition des écoles publiques.

La création de cet établissement répond à une demande récurrente des populations de la localité de Boully relative à la mise en place d’une entité organisée adaptée au contexte et aux réalités du moment. Son but, est essentiellement, la conservation, la préservation des valeurs éthiques et morales de la religion musulmane, également la promotion de l’éducation religieuse.

Le français est également enseigné.

Bien que les premières Madrassas aient été fondées principalement pour "la connaissance de Dieu», ils apprennent aussi d'autres sujets, y compris les mathématiques et la poésie. Ceci est similaire aux institutions de l'Eglise catholique en Occident. Aujourd’hui, la situation de faillite de l’enseignement classique (l’école publique fondamentale) ouvre les portes d’une déshérence des enfants devenue de plus en plus préoccupantes.

La Madrassa, est alors, devenue incontournable dans notre société pour transmettre une éducation de base aux enfants. Cette école fait face aujourd’hui à des difficultés financières d’une ampleur exceptionnelle pour sa gestion au quotidien. En effet, elle ne subsiste que grâce aux cotisations mensuelles des membres de l’Association en raison de 200 UM et du soutien des quelques bonnes volontés.

Pour pallier au manque de financement de l’établissement, pour chaque enfant inscrit, une participation financière à hauteur de 500 UM est exigée aux familles. Cette contribution est devenue impérative pour la survie de la Madrassa, considérée comme une réelle nécessité pour les enfants de Boully.

A sa création, des enseignants « volontaires » donnaient bénévolement des cours sans aucune rémunération. Mais aujourd’hui, à défaut des salaires fixes, la prise en charge de la « motivation » s’impose avant qu’une solution ne soit trouvée.

Les fonds dont dispose la Madrassa ne permettent pas de faire face à ses frais de fonctionnement. Comme autre fois, la prise en charge technique des cours est assurée de façon hebdomadaire et à temps complet par les volontaires. Ces derniers ne disposent pas de salaire mensuel contractuel mais d’une rémunération appelée « indemnité de motivation » comprise entre 20.000 UM et 24.000 UM.

L’Etat et l’effectif de la Madrassa

Il s’agit d’une école de 6 classes au lieu de sept prévues initialement, construites en banco délabrées. Elle est composée d’un effectif de six enseignants dont deux maliens. Depuis la rentrée scolaire, trois classes ont été réfectionnées mais l’état d’une manière générale de l’Ecole est dégradant.

La Madrassa compte aujourd’hui 256 enfants. Pour certains il s’agit d’un choix ou une option, et pour d’autres, c’est par manque d’infrastructures d’accueil à l’école publique car Boully dispose d’une seule école et manque cruellement des moyens pour accueillir tous les enfants en âge d’être scolarisés. La Madrassa compte 124 garçons, 132 Filles. Contrairement à l’école publique, le nombre de filles est relativement plus élevé à la Madrassa.

Répartition par classes:

• 1èreannée : 72 élèves dont 36 garçons, 36 filles
• 2èmeannée : 69 élèves dont 46 filles, 13 garçons
• 3èmeannée : 59 élèves dont 29 garçons, 30 filles
• 4èmeannée : 25 enfants dont 11 filles, 13 garçons
• 5èmeannée : 19 enfants dont 7 filles, 12 garçons
• 6èmeannée : 12 enfants dont 2 filles, 10 garçons

Quelques besoins essentiels

Dans le cadre du renforcement des capacités d’accueil de l’école et la prise en charge des besoins élémentaires indispensables, quelques actions sont nécessaires à entreprendre immédiatement :

• La construction de plusieurs autres salles de classes et la réfection de l’école d’une manière générale,

• La reconnaissance officielle de l’école par l’Etat,

• L’amélioration de la qualité de l’enseignement par la mise en place d’un système de formation pour le renforcement des capacités pédagogiques des enseignants,

• La mise en œuvre et l’enseignement de programmes adaptés au contexte national et international,

• La disponibilisation des outils et documents pédagogiques,

• La construction d’une bibliothèque,

• L’accès à l’eau (mise en place d’un robinet)
• L’installation d’un système d’électrification de l’établissement,

• La mise en place d’une rémunération contractuelle des enseignants et la sécurisation de la prise en charge financière des frais de fonctionnement de l’établissement.

Le cadre d’intervention

Le 04 janvier 2014, une réunion des soutiens de l’école, a eu lieu dans la ville d’Aubervilliers en France. Les difficultés de financements de la Madrassa ont été les points de focalisation de cette rencontre. Un bureau a été créé composé d’un Président, d’un Secrétaire Général et d’un Trésorier pour coordonner les actions entreprises par des membres bénévoles engagés dans le financement par une contribution individuelle à hauteur de 20 € par mois.

Parallèlement aux actions de financement et d’organisation entreprises en France, un dossier a été constitué en Mauritanie pour obtenir la reconnaissance officielle de la Madrassa par l’Etat. Cette reconnaissance aura pour conséquence, la prise en charge définitive du budget de fonctionnement par le Ministère des Affaires Islamiques, de l’Enseignement Originel et de l’alphabétisation en charge de l'exécution de la politique nationale en matière des affaires islamiques, de l’enseignement originel et de l’alphabétisation.

Les acteurs en charge de ce dossier lancent un véritable cri d’alarme pour sauver la Madrassa de Boully avec des actions d’appui et d’assistance pour sa survie.

Auteurs: F.Samba Doulo & D. Waly Boubou




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Source : Bouly.org
Commentaires : 4
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Commentaires (4)

  • NIONKO (H) 22/01/2014 11:10 X

    Au GUIDIMAKHA, les populations ont tout fait pour sauver leur région. Ils ont financer des écoles, des postes de santé des mosquées et d'autres infrastructures de base. Le seul absent c'est l'Etat qui ne pense qu'à nos voix pour les élections.

  • diawarawaly (H) 22/01/2014 10:32 X

    Vous pouvez faire parvenir vos dons en vous connectant sur le site www.boully.org dans la rubrique cotisations et dons.

  • rimania (H) 22/01/2014 09:01 X

    Cette école a tout d'un projet privé. Dans ce cas que ses promoteurs montent une demande de subvention, qu ils peuvent déposer auprès d'éventuels bailleurs, qui peuvent ne pas être forcément l'état mauritanien. Ensuite vous avez plus intérêt à vous occuper de l'école de votre village que de cette soit disant madarssa qui est sûrement l'émanation d'islamistes, et qui sans doute va plus obscurcir l'esprit de vos enfants au lieu de les éclairer.

    Je crois qu en mauritanie l'enseignement originel est assez développé dans l'école publique pour qu on n'ait pas besoin dans nos villages des madarssas de ce genre.

  • sahelien (H) 22/01/2014 03:00 X

    Effort extra-ordianire et que dieu vous benisse chers parents de Bouly pour ce travail.

    La grande question est celle-ci, chers : F.Samba Doulo & D. Waly Boubou: pourquoi ne pas d'abord et avant tout enseigner la culture autochtone soninkee dans cette ecole?? Pourquoi ne pas enseigner le Koran en Soninkee a nos enfants?? ainsi que des valeurs soninkees?

    Comment faire parvenir nos dons pour cette oeuvre magnifique? merci encore