22-02-2014 12:14 - Le développement passe par la vulgarisation des langues nationales (universitaires)

Le développement passe par la vulgarisation des langues nationales (universitaires)

APS - Des experts, des professeurs d’université, des linguistes et autres intellectuels ont affirmé, vendredi à Dakar, que le Sénégal est toujours à la traine dans la vulgarisation de ses langues nationales, seul moyen, pour eux, d’intégrer les masses et de mettre le pays sur les rampes du développement.

La célébration de la journée internationale de la langue maternelle leur a servi de prétexte pour porter le plaidoyer. ‘’ Il y a urgence à mettre l’accent sur le développement des langues nationales. Il faut faire des langues d’enseignement des langues d’administration et des langues officielles’’, a dit Fatou Kiné Camara, enseignant-chercheur à la Faculté de Sciences juridiques et politiques de l’UCAD.

Elle prenait part à une table-ronde sur les expériences de traduction et d’interprétation en milieux multilingues. Abordant ‘’les difficultés liées à la langue quant à l’éducation citoyenne des populations sénégalaises en général et des femmes en particulier, le Professeur Camara estime que ''la cohésion nationale passe par la reconnaissance des langues locales''.

‘’La prise en compte des langues nationales va faire que chaque citoyen sénégalais va se reconnaître dans la nation, parce que la nation reconnait sa langue. On ne peut pas se développer sans l’utilisation des langues maternelles (…). Apprendre seulement à lire, à parler et à compter par une langue d’autrui n’a pas de sens’’, a-t-elle martelé.

‘’Cela ne veut pas dire s’enfermer dans une langue. Mais il faut maîtriser sa langue d’abord avant de s’ouvrir aux langues extérieures et aux langues de communication. Aujourd’hui, le savoir universel s’est développé sans nous’’, a-t-elle fait remarquer.

‘’La prise en compte des langues nationales va faire que chaque citoyen sénégalais va se reconnaître dans la nation, parce que la nation reconnait sa langue. On ne peut pas se développer sans l’utilisation des langues maternelles (…). Apprendre seulement à lire, à parler et à compter par une langue d’autrui n’a pas de sens’’, a-t-elle martelé.

‘’Cela ne veut pas dire s’enfermer dans une langue. Mais il faut maîtriser sa langue d’abord avant de s’ouvrir aux langues extérieures et aux langues de communication. Aujourd’hui, le savoir universel s’est développé sans nous’’, a-t-elle fait remarquer.

Secrétaire générale de l’Association pour le développement de l’édition bilingue (ADEB) qui vise à encourager l’édition de manuels scolaires en français et en langues nationale, Fatou Kiné Camara a relevé ‘’des incohérences’’ dans les textes constitutionnels du pays et appelé les pouvoirs publics à rectifier le tir.

‘’90% de la population sénégalaise ne parlent pas le français. Pourquoi imposer dans la Constitution que tout candidat à l’élection présidentielle doit maîtriser le français. Tous les Sénégalais parlent au moins une langue locale, mais développons l’alphabet uniforme et ils deviendront tous des lettrés capables de participer au développement économique et social du pays’’, a-t-elle dit.

A sa suite, le Professeur Aly Sambou, enseignant-chercheur, spécialiste de traduction à l’UFR Lettres et Sciences Humaines de l’Université Gaston Berger a rappelé une histoire teintée d’ironie.

‘’L’ancien président Léopold Sédar Senghor avait répondu à une interpellation de Cheikh Anta Diop en disant que le jour où il y aurait 100 thèses d’Etat sur les langues nationales, on en fera une en langue officielle, mais actuellement il y a moins de dix thèses sur le sujet’’, a dit M. Samb.

Mais pour Fatou Kiné Camara, cela passe par le développement de manuels secondaires en français et en langues nationales qui seront intégrés dans le corpus pédagogique à partir de l’élémentaire. ‘’Nos meilleurs mathématiciens maîtrisent parfaitement leur langue maternelle’’, a-t-elle dit, citant Cheikh Anta Diop, Sakhir Thiam ou encore Mary Teuw Niane.

‘’Le Japon parle japonais, la Corée parle coréen et l’Afrique du Sud qui a 11 langues nationales a en utilisé une pour sa langue officielle. Mais nous on est resté là à dire que le français c’est le ciment de la cohésion nationale, mais le véritable ciment de cette cohésion est de respecter les droits de tous’’, a insisté le Professeur Camara, militante des droits humains.

Landing Massaly
, président de l’Union nationale des associations des langues (UNAL) a rappelé la mise à l’essai des langues nationales à l’école avec le groupe des six premières langues que sont le Wolof, le Sérère, le Pular, le Diola, le Manding et le Soninké.

Selon lui, ''le Sénégal a déjà codifié 21 langues nationales, mais il reste encore cinq à six langues à codifier pour ne pas exclure personne et aller au bout de la logique''.




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Commentaires (5)

  • Don Quichotte (H) 23/02/2014 00:33 X

    Hebbiya74,
    ça se voit que tu ignores carrément l'histoire de ton pays !

  • rimois (H) 22/02/2014 20:18 X

    Moi je dis qu'on ne doit pas nous attarder sur la question de la langue car la langue n'est qu'un support. Donc choisissait votre langue de travaille a votre guise et l'important sera le produit, résultat technique et scientifique que vous allez ajouter sur notre chemin vers le développement peut importe votre langue professionnel.

    NB: l’esthétique de la langue n'est qu'une perte de temps. voir le français de France et le français du Canada. Donc ce qui importe c'est pas la qualité de la langue mais la qualité du travail technique. On ne doit forcer a personne une langue. on doit plutôt proposer toutes les langues et à chacune de faire son choix. ça, à mon avis c'est le premier pas vers le développement technique et économique. Nous devons plutôt parler de formations techniques et d'utilisation au maximum de nos ressources techniques afin de pouvoir espérer des résultats palpables

  • sidi009 (H) 22/02/2014 16:24 X

    HEBBIYA,
    Moi je comprends bien qu'on soit attaché pour des raisons objectives ou même subjectives à une langue comme celle , très belle, de Molière. Cependant, la moindre des choses serait, sur un commentaire d'une petite phrase, d'avoir un minimum de respect pour la syntaxe de cette langue .Tres amicalement .

  • Hebbiya74 (H) 22/02/2014 14:18 X

    @ Don Quichotte,
    il ne faut pas oublier que la langue arabe dont vous cautionner est dans les même positions que le français tous des langues étrangères aux yeux de la majorité des mauritaniens, et en plus ce qui me fait plus mal, les arabes dont vous courez derrière ne vous reconnaissent même pas .

  • Don Quichotte (H) 22/02/2014 12:49 X

    En effet c'est ce que croie où prône certains ici : "le français est le ciment de la cohésion nationale. mais c'est faux ! c'est juste cette adoration qu'on a pour la France ! on en a rien à faire avec cette langue. il faut que la langue de l'administration soit l'arabe et les langues nationales soit enseignées à l'école.