19-03-2014 08:54 - Le drame sans fin des diplômés-chômeurs du CFPP
Les élèves de la promotion de 2013 du Centre de formation et de perfectionnement professionnel (CFPP) de Rosso n’en peuvent plus d’attendre. Ils réclament ce qui à leurs yeux constitue un droit légitime : une insertion rapide dans le circuit du travail qui mettrait fin à leur calvaire de diplômés-chômeurs.
Leur drame s’est noué en mars 2013. A cette date ils sont admis suite à un concours organisé par le ministère délégué chargé de l’Emploi, de la Formation professionnelle… et orientés vers le CFPP de Rosso.
A leur entrée au Centre on leur spécifie clairement que leur formation durera cinq mois : un mois de formation au CFPP ; un mois de formation au parc de la Société nationale des aménagements agricoles et des travaux (SNAAT), trois de formation dans les rizières de M’Pourrié. On leur promet également une bourse de 10 000 UM par moi.
Ils acceptent, car pour eux il s’agit là d’une formation qui va déboucher à coup sûr sur une insertion dans le monde du travail surtout qu’on les a laissé croire que le CFPP n’a pris la peine de s’atteler à les former que parce que le secteur de l’agriculture réclamait dans l’immédiat le recrutement d’ouvriers qualifiés.
Mais en lieu et place de formation c’est un véritable asservissement qu’ils vont subir. «Moins d’une semaine après le concours, nous sommes entrés au CFPP. Au mois d’avril, nous avons été envoyés au parc de la SNAAT pour être initiés à la conduite de pelleteuses, tracteurs et moissonneuses. Et au mois de mai on s’est retrouvé à M’Pourrié sur des moissonneuses pour récolter le riz qui était mûr.
On travaillait de 8 heures à 18 heures. Pour le gite et le couvert on était obligé d’y aller de notre poche. En contrepartie du travail accompli, nous n’avons perçu aucun rond», se rappelle aujourd’hui un de ses élèves qui a eu la malchance de passer les épreuves du concours d’entrée au CFPP de Rosso en mars 2013.
Juillet 2013, nos cinq-vingt braves élèves perçoivent enfin chacun 50 000 UM de bourse, passent un concours de sortie à l’issue duquel ils réussissent tous sans exception et obtiennent la promesse qu’ils seront rappelés au mois de novembre 2013 pour servir comme ouvriers qualifiés avec un bon salaire. Mais depuis cette date c’est le silence radio du côté de leurs formateurs et leur ministère de tutelle à savoir le ministère délégué chargé de l’Emploi, de la Formation professionnelle…
Aujourd’hui ils lancent un appel désespéré au président de la République pour que ce dernier agisse afin qu’ils puissent - eux - trouver un travail. Et si jamais ils obtenaient gain de cause, cela ne sera que justice. Car, comme on dit familièrement, ils ont assez morflé comme ça… les pauvres !
SC
