29-04-2014 02:13 - Partenariat Programme BGP : Lancement officiel du Master GAED
Mauriweb - Depuis le 2 mars 2014, une trentaine d’étudiants de la sous-région ouest-africaine ont entamé une formation en Master GAED (Gérer les impacts des activités extractives) à l’USTM. L’objectif de cette formation, dispensée grâce au concours des partenaires au Programme « Biodiversité, Gaz et Pétrole » est d’assurer un transfert de connaissances aux africains en relation avec les différents enjeux de l’exploitation des hydrocarbures et des mines sur un Continent en friche.
Une cérémonie officielle pour ce lancement du Master Gaed a été organisée dimanche à l’USTM.
Seize étudiants mauritaniens, huit sénégalais, deux tchadiens, deux burkinabés, un camerounais et un bissau-guinéen constituent la première promotion d’étudiants en Master GAED organisé conjointement par les Universités de Nouakchott et de Gaston Berger de Saint Louis (Sénégal) avec le soutien technique et financier des partenaires au Programme « Biodiversité, Gaz et Pétrole » (GIZ, PNUD, UICN et WWF).
Un Programme lancé en avril 2012 à l’initiative du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable conjointement avec le Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime et le Ministère du Pétrole, de l’Energie et des Mines pour aider initialement la Mauritanie à concilier le développement du secteur pétrolier avec les intérêts du secteur de la pêche et la protection de la biodiversité marine et côtière.
Une volonté de partager et de booster la recherche
La formation constitue donc l’aboutissement d’une recommandation faite dans le rapport final 2009 du Panel scientifique indépendant sur l'exploitation pétrolière et gazière en Mauritanie. Ce dernier a notamment recommandé la formation des ressources humaines pour répondre aux besoins en compétences nationales en vue d’une prise en charge de la gestion des impacts des activités extractives.
Cogéré par l’Université des Sciences, de Technologie et de Médecine (USTM) de Nouakchott et l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, le Master GAED prépare ainsi cette première vague des ressources nationales africaines à « intervenir dans la gestion plurielle des activités extractives que ce soit au sein des entreprises minières, des services de l’Etat, des collectivités locales ou de la société civile ».
C’est en raison des enjeux complexes pour une meilleure péréquation entre, d’une part, une gouvernance durable des ressources naturelles et d’autre part, l’exploitation des hydrocarbures notamment en offshore que les deux universités, l’USTM de Nouakchott et l'UGB de Saint-Louis, valident ce diplôme international. Le cursus des étudiants est sanctionné soit dans le cadre d’un parcours complet (diplôme de Master) soit dans le cadre d’un parcours partiels (certificats).
L’intérêt d’outiller les compétences nationales africaines dans ce domaine pointu n’a pas échappé aux officiels à l’occasion de l’inauguration du Master GAED. Dr. Ismael Ould Sadegh, évoquera, en présence de son vis-à -vis de du ministère de l’Environnement, cette formation comme « une réponse aux besoins en nouvelles compétences africaines capables de comprendre et de gérer les opérations extractives dans une période où se sont multipliés les projets d'extraction d'hydrocarbures et de ressources minières au niveau de l'Afrique de l'Ouest».
Même constat dressé par le Professeur Ahmedou Ould Haouba, président de l’USTM et le Recteur de l’Université Gaston Berger, le Professeur Lamine Gueye.
Le représentant des partenaires à cette cérémonie officielle, Mohamed Lemine Ould Baba de l’Uicn, «ce sujet au centre de nos préoccupations depuis déjà quelques années, un sujet déterminant pour la gestion durable des ressources naturelles de l’Afrique en ce 21ème siècle, suscite autant d’enthousiasme au plus haut niveau».
Les étudiants entre espoirs et notoriété
Le lancement du Master GAED réjouit d’abord les premiers bénéficiaires. Pour les étudiants c’est une innovation louable au moment où un boom exploratoire traverse tout le Continent. C’est en tout cas le sentiment Dia Mamadou Aliou, étudiant mauritanien prétendant à ce nouveau Master GAED. « Nos attentes sont énormes » explique-t-il estimant qu’une telle formation permettra une meilleure appréhension des différents enjeux des activités hydrocarbures et minières.
Dia Mamadou Aliou, géologue, inscrit en EIES (Etudes d’Impact Environne-mental et Social) estime qu’outre le plaisir de se rendre utile à son pays qui fait face à beaucoup d’enjeux en termes de «négociations de contrat, de transparence», il aura un débouché certain. En effet, cette formation en Master GAED pourrait ainsi aider les étudiants à acquérir des compétences sérieuses en matière de gestion de l’interface qui préparent aux métiers de la gestion des impacts des activités extractives.
Une opportunité dont reste conscient, Ndour Seidna Mohamed, étudiant sénégalais. Ce dernier loue également la dimension internationale du diplôme expliquant, que cette première promotion s’inscrit parfaitement dans le souci des africains à prendre en charge leur devenir.
L’Afrique recèle d’énormes potentialités minières mais elle manquerait encore d’expertise. Il se félicite que de l’appui des partenaires et de la coopération entre les Universités mauritanienne et sénégalaise pour « innover » dans la recherche. Néanmoins, Ndour Seidna Mohamed a lancé un appel en direction des bailleurs pour aider davantage les étudiants à parfaire leurs compétences et métiers de demain en leur apportant un concours financier comme des bourses. Pour lui, sur la trentaine d’étudiants inscrits, il y aurait seulement quatre qui disposeraient de bourses.
JD
