17-06-2014 17:33 - Au secours! Notre Education se meurt

Au secours! Notre Education se meurt

Sidi Idoumou - Les épreuves du baccalauréat pour l’année scolaire 2013-2014 ont débuté hier lundi 16 juin 2014, sur toute l'étendue du territoire nationale. 41.621 élèves participent à ces examens repartis sur 106 centres, affirme l’Agence mauritanienne d’informations.

La même source affirme que le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, M. Bekaye Ould Abdel Malick, ministre de l'éducation nationale par intérim, a déclaré que le taux de candidats de l'enseignement public à cet examen est de 28,44 % seulement, alors que le taux de candidats de l’enseignement privé a atteint 40,46%, tandis que les candidats libres constituent 31,10%.

Par ailleurs, la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira avait commencé samedi à diffuser une nouvelle émission de son programme "l’économie et les gens", consacrée à la situation en Mauritanie.

Cette émission a indiqué, entre autres, que l'éducation en Mauritanie est retombée à l'avant-dernier rang des pays arabes, devant le Yémen, avec seulement 3% du budget total de l'État. Elle a affirmé que la Mauritanie occupe l’avant-dernière position au niveau mondial en termes de faiblesse de la vie humaine en général, et la 143e sur 178 pays sur l’index de la corruption.

Ajoutez à cela le Rapport mondial de suivi sur l'Education pour tous pour 2013-2014, publié par l'Unesco, qui situe la Mauritanie parmi 21 pays dont moins de la moitié des enfants apprennent les compétences de base en lecture et en calcul.

Des données qui s’entremêlent pour peindre un tableau sombre de l'éducation dans notre pays, et qui n’étonnent personne, car personne n’ignore la crise profonde dans laquelle se débat notre système éducatif.

Dans notre système éducatif, les mutations et les nominations du personnel se font sur base de favoritisme politique et clientéliste. Dans notre système éducatif, les enseignants qui ont reçu une formation initiale se font de plus en plus rares et la formation continue est presque inexistante.

Dans notre système éducatif, le personnel enseignant ne perçoit pas de salaires lui garantissant des conditions de vie décente : logement, nourriture, santé, transport, etc.

Cette situation contraint les enseignants à rechercher de nouvelles sources de revenu. Dans notre système éducatif, les enseignants ne disposent pas de matériel didactique, et sont dans certains cas (mathématiques, par exemple) contraints d’en payer (règles et autres) sur leur maigre revenu.

Dans notre système éducatif les établissements ne disposent plus de personnel de soutien suffisant, et regorgent d’ordures et de matières fécales. Notre système éducatif ne fournit plus des cahiers et des stylos aux élèves. Et même les manuels scolaires, il n’en existe quasiment que de vieux livres délabrés pour la plupart et qui sont entre les mains des élèves depuis 2007-2008.

Dans notre système éducatif, le personnel d’encadrement des établissements d’enseignement sont obligés de tenir des classes, au détriment du travail administratif, etc.

Tels sont, à titre d’exemples, quelques aspects de la réalité de notre Education. J’espère qu’ils retiennent l’attention de nos décideurs pour qu’ils volent à son secours.

17 juin 2014,
Sidi Idoumou Boudide



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Source : Sidi Idoumou
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Commentaires (1)

  • Mohamedene (H) 17/06/2014 21:40 X

    J'aimerai bien partager avec vous cette réaction d'un ami tunisien qui correspond bien en parti au désastre que vous décrivez : Bonjour!

    J'ai commencé une réponse à un dénommé Chokri Ben Issa (légiste et activiste?) qui a publié un article rétrograde et passéiste dans le "très progressiste" journal électronique Bab Bnet. Dans sa contribution, Mr Ben Issa justifiait les malheurs du système éducatif tunisien par le maintien de l'enseignement de la langue française.

    Au bout de deux lignes, j'ai craqué car, face à ces terroristes du verbe, il faut garder son calme. Néanmoins je tiens à signaler à ces d’intellectuels bouchés que la France est plus proche de la Tunisie (culturellement et humainement) que le Qatar, que l'Arabie Saoudite, que le Yémen, que l’Égypte etc.. Au fait, le désastre tunisien s'explique en partie par l'arabisation irréfléchie de son enseignement et de son administration.

    L'arabe n'a jamais participé à l'évolution des arabes et a contribué largement à leur isolement et au développement de l'extrémisme chez eux. Doit- on tirer une fierté quelconque à entendre prononcer en arabe les sentences pour tuer des pauvres gens en Irak et Syrie ? Avez vous vu un seul exposé en arabe d'un seul beau résultat scientifique dans une université d'envergure?

    Bien que fervent défenseur de la langue arabe comme étant un produit culturel qui fait partie de notre histoire et admirateur de la poésie et de certains textes arabes depuis longtemps, je n'appellerai jamais à l'assassinat du français!

    J'appellerai à un meilleur enseignement des langues, y compris l'arabe, pour donner la possibilité à la jeunesse d'aller visiter les différentes cultures et de s'abreuver de savoir la où il existe.

    Ces intellectuels rétrogrades qui pullulent n'apportent que du "wabel " (désastre) à ce pays, car ils cherchent à exister par la destruction de ce qui tient debout. Ils n'ont qu'un seul but : épouser les thèses des obscurantistes pour blanchir leurs intentions lugubres et s'assurer une part du nouveau magot! Les hommes d'une seule pensée, d'une seule langue et d'un seul modèle sont des individus dangereux. Ils brouillent, ils profitent, ils détruisent, ils dissimulent, ils divisent et ils trahissent . Il ne faut pas les écouter!

    Bonne journée
    !..AH..!

    Ps: j'aurais pu écrire ce texte en arabe littéraire pour faire l'éloge de la langue française, et vice versa!"
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