03-11-2014 20:30 - Education : Colère des enseignants rappelés après « les magouilles » au Ministère de l’Education Nationale

Education : Colère des enseignants rappelés après « les magouilles » au Ministère de l’Education Nationale

Mauriweb - Après les annonces, tambours battants, du Ministre de l’Education Nationale et sa nouvelle vision, une liste de 573 enseignants détachés sur près de 2000 identifiés vient d’être discrètement affichée. Il s’agit là des paumés de l’Education; ceux qui n’ont pas assez de bras longs pour défendre leur cause.

Tout s’est passé dans une opacité totale et les résultats, plus que mitigés, montrent à quel point les velléités d’une véritable réforme du secteur de l’Education nationale sont encore lointaines.

En effet, après bien des tergiversations et dans une cacophonie générale, les responsables du Ministère de l’Education Nationale se sont résolus à afficher, cette liste de toutes les discordes en oubliant au passage de prévoir une colonne « discipline » pour bien cacher leur jeu.

S’agit-il de francisants ou d’arabisants ? Quelles sont les principales disciplines concernées ? Tout ce que l’on sait est que 70% des fonctionnaires figurants sur la liste sont des instituteurs.

Comme l’a si bien dit le Directeur de la revue pédagogique dans son numéro de septembre dernier: « …des enseignants détachés depuis des décennies n’ont plus aucun lien direct avec l’enseignement. C’est comme si l’on demandait à un chirurgien ayant perdu 20 ans de pratique professionnelle de revenir dans un bloc opératoire ».

Ainsi donc, après toute une campagne de Communication orchestrée par le Ministre de l’Education des fins fonds du terroir, la montagne vient d’accoucher d’une souris portant la politique de deux poids, deux mesures au stade de credo.

Nombre d’observateurs estiment que la gestion hâtive, calamiteuse et sans transition de ce dossier va probablement entraîner le secteur de l’Education nationale dans une situation inextricable.

Une mesure jugée disproportionnée par tous les syndicats des enseignants et qui risque d’éclabousser plus d’un responsable à commencer par le Ministre de l’Education Nationale considéré aujourd’hui comme le principal artisan de cette politique de la terre brûlée.

A leur tour, les fonctionnaires semblent décidés à défendre leur cause. Les jours qui viennent nous édifieront sur la solution de sortie de crise au sein du secteur de l’Education où le feu continue de couver sous les cendres des espoirs déçus.

La plateforme revendicative des enseignants rappelés est sans ambiguïté :

- Moratoire pour l’année scolaire 2014-2015 ;

- Mise en place d’une commission pluridisciplinaire présidée par le Ministère de tutelle ;

- Choix de critères objectifs et scientifiques pour le personnel éligible ;

- Analyse des CV/emplois occupés et priorités du pays ;

- Etude d’impact, notamment préjudices financier/avantages acquis ;

- Echelonnement du passif auprès des banques de la place ;

- Formation et perfectionnement des enseignants retenus pour l’année scolaire 2015-2016 ;

- Option de retraite anticipée à la demande.

En tout état de cause, par cette mesure très mitigée, le Ministère de l’éducation nationale semble avoir ouvert une véritable boite de pandore. Qu’en sortir-t-il ? les mois prochains nous édifieront.



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Commentaires (5)

  • Bougadoum (H) 04/11/2014 16:22 X

    Il y a un adage qui dit "est très brave celui qui n'est pas dans la bagarre". Si vous êtes détaché depuis plus d'une décennie avec un train de vie (X) au service de l'Etat, si vous avez contracté des engagements auprès des banques...serez mentalement disposé à aller dans une classe sans aucun préavis ? Si chacun devait retourné à son corps d'origine...les militaires devraient aller dans leurs caserne et tout de suite avant qu'un printemps noir ou blanc ne pointe...Ensuite c'est devrait être la loi du tout ou rien...les demi mesures c'est pour les décideurs tricheurs.

  • lass77 (H) 04/11/2014 11:35 X

    Sans oublier les Fonctionnaires Fantômes dans ce pays qui touchent des salaires haram sans cesse. Pourquoi détacher des enseignants au ministère de l’Éducation nationale ? tout cela résulte des magouilles , de favoritisme dans ce pays. Il faut profondément reformér le systeme éducatif Mauritanien sur tous les plans : formation et diplomes , programmes , statut , niveau, salaire , avancement , administration et controle , retraite etc... afin de ne pas sacrifier l'avenir de ce pays.

  • bouniya (H) 04/11/2014 00:27 X

    La noblesse de son métier devait plus tôt le pousser à rejoindre immédiatement l'école,la craie et le tableau noir quand aux intérêts pécuniers si 10 ou 15 ans ne suffisent pas autant regagner dignement le métier que j'avais choisi et que l'Etat a payé et à ma demande ma formation. En tout cas félicitation à des enseignants éparpillés à travers le pays dans des coins reculés dispensent avec courage et dignité le savoir: les enseignants de Niallelile, de Jrana et j'en passe Ntoume vem SMD

  • hathlele (H) 03/11/2014 21:47 X

    l'enseignement est comme la nage dès qu'on le connait on ne l'oublie jamais. Et puis tous les Mauritaniens sont des Éducateurs latents.Pourquoi voulez- vous en faire une boîte de pandore? Un homme retraité de l'armée rappelé sous les drapeaux nationaux peut-il prétendre ne plus savoir manipuler une arme.Messieurs l'ambassadeur,le SG,le chef service d'ailleurs,le peshmerga...le pays a besoin de vous,pour éduquer les générations futures. Revenez sous les couleurs nationales ou bien déposer votre démission. D'autres voudrez bien occuper ces places. Ce ministre est soutenu par la loi et l’intérêt suprême de l'Etat. Ya Ennase kavikoum mene Ellague! Sidi Ould Bobba D.E Collège "3" Zouerate.

  • Vent de Sable (H) 03/11/2014 21:23 X

    Qu’ils soient détachés ou rattachés, les enseignants, enseignantes et profs en Mauritanie sont des bons à rien, La meilleure solution est de les licencier en bonne et due forme, qu’il aillent se débrouiller, au lieu de les payer continuellement toute l’année, à ne rien faire.