07-03-2015 13:51 - Education Nationale : Bâ Ousmane en toute transparence
L'Authentique - Rarement un ministre, du gouvernement actuel, aurait fait preuve d’une si grande transparence et de tact dans la présentation de son département que Bâ Ousmane lors de son show télévisé, mardi 3 mars dernier sur la télévision Mauritania.
Tout en miroitant l’avenir radieux qui attend l’éducation nationale, il a toutefois reconnu les défis présents posés par l’école mauritanienne, tant sur le plan des programmes, que la place de l’enseignement privé, ou encore la situation des enseignants, l’état de déliquescence des établissements scolaires, etc.
Ainsi, sans ambages, Bâ Ousmane reconnaît qu’il y a encore 12% d’enfants mauritaniens hors du circuit scolaire, notamment dans les Adwabas et autres zones défavorisées dans le monde rural. Son département s’attèle selon lui à mettre fin à la triste réalité de l’école mauritanienne, d’où l’annonce lancé par le Président Mohamed Ould Abdel Aziz pour que l’année 2015 soit une année dédiée à l’enseignement.
Il s’agira selon lui de redynamiser les mécanismes de l’institution scolaire publique pour en faire un foyer de l’excellence, capable de former une génération armée de savoir et de connaissances. Certes, reconnaît-il, tout ne pourra pas se faire en 2015, soulignant que ce n’est qu’une étape pour une réforme approfondie du système éducatif en général, à travers notamment l’organisation d’ateliers de réflexion et d’application pour redynamiser le secteur de l’enseignement vers une plus grande qualité et une plus grande efficience.
Le Ministre a également reconnu le grand déficit en tables-bancs dont souffre l’école mauritanienne, poussant plusieurs observateurs à se demander où sont passés les financements importants qui ont été accordés au projet « 1 Million de tables-bancs », lancé il y a deux ans par les pouvoirs publics ? Ainsi, selon lui, le département de l’Education nationale évalue à 70.000 tables-bancs, le déficit constaté.
L’autre chantier sur lequel il serait attelé, le regroupement des écoles pour mettre fin à l’ouverture anarchique de salles de classe. Ainsi, l’école 1 pourrait bien évoluer vers un collège, a-t-il dévoilé et cela sur la demande des autorités administratives partant du bon emplacement de cet établissement scolaire.
Dans cette apparition publique, Bâ Ousmane a déclaré que la stratégie adoptée par son département pour améliorer les performances de l’école mauritanienne vise à améliorer sa bonne gouvernance pédagogique, avec l’ambition de transformer l’institution scolaire en une institution réellement républicaine. Une école capable de former l’enfant mauritanien aux plus performantes techniques d’enseignement dispensées actuellement dans les autres écoles du monde. Il a promis dans ce cadre de rénover les infrastructures scolaires, pour en faire des lieux d’épanouissement pour l’acquisition du savoir.
Il a promis également de revoir la stratégie de la privatisation dans le secteur de l’enseignement, tout en assurant la promotion de l’enseignant afin de dépasser les dysfonctionnements en cours. Il s’agira de mettre le personnel enseignant dans de meilleures conditions, sur le plan des salaires, mais aussi sur le plan pédagogique et moral afin qu’il puisse s’acquitter convenablement de sa mission d’éducateur.
Bâ Ousmane a souligné par ailleurs que le département de l’Education Nationale cherche aujourd’hui à se départir de l’éternelle dualité qualité-quantité, mais aussi de la guerre de langue, avec des accents particuliers pour l’enseignement technique professionnel et les écoles d’excellence.
Ainsi, l’annonce de l’Année 2015 comme Année de l’enseignement ne serait pas née du hasard, mais serait le fruit d’une orientation formulée par le président Mohamed Ould Abdel Aziz lors de la commémoration de l’indépendance nationale, le 28 novembre 2014 pour une nouvelle réforme de l’enseignement en Mauritanie.
Outre ces belles dispositions, l’école mauritanienne continue cependant de souffrir de l’écart entre les promesses et la réalité crue du moment. Les syndicats d’enseignants se plaignent du retard pris dans l’exécution de tout plan ou programme en rapport avec l’annonce faite que 2015 sera entièrement consacré à l’école.
Les enseignants, notamment ceux du secondaire, se plaignent ainsi de la non résolution des problèmes posés à leur secteur, notamment le non respect des engagements pris par le département de l’Education Nationale et qu’il avait signé avec les syndicats, en l’occurrence la révision des corps au sein de l’enseignement secondaire, la non association des syndicats dans les affectations et la nomination des enseignants, l’absence de quota pour l’accès à des postes d’enseignants dans le Supérieur pour ceux qui répondent aux critères requis parmi le personnel enseignant, l’annulation du critère de formation imposé aux enseignants titulaires de maîtrise après leur recrutement, etc.
Les observateurs constatent cependant que les doléances du corps enseignant se résument uniquement à des avantages propres à leur statut sans proposition visant à améliorer le système éducatif en lui-même.
MOMS
