13-05-2015 18:30 - Éducation : Les étudiants paralysent l’Avenue Nasser [PhotoReportage]
Devant le Ministère de l’enseignement supérieur, ils scandaient leur fameux slogan : « Etudiants négligés, avenir menacé !». Un cri du cœur qui ne semble être jusqu’ici entendu par les autorités.
C’est le sentiment de Habib Kane qui est revenu sur la décision ministérielle de supprimer la bourse, ce qui, à son avis, « est injuste, discriminatoire et en porte-à -faux avec une année que l’on veut placer sous le sceau de l’éducation, c’est ce que nous pouvons appeler le summum de l’incohérence dans le style ».
Pour les étudiants, les autorités qui évoquent l’amélioration de la pertinence des formations académiques par une ouverture des enseignements au monde socio-économiques, « ne permettent pas à l’université de mieux prendre en charge les besoins liés au développement économique, social, et culturel par le biais de formation et la recherche ».
Si tel était l’objectif, ce serait une démarche noble, et louable mais c’est l’approche pour y arriver qui est inappropriée. On veut résoudre un problème purement pédagogique, de niveau opérationnel en encourant à des moyens politiques du niveau stratégique. La démarche top-down ne saurait marcher dans ce cas.
Pour améliorer la pertinence des formations et les adapter aux besoins socio-économiques, on ne peut agir efficacement qu’au niveau des départements de l’université, lieu d’élaboration des programmes et filières de formation.
La réforme LMD est une restructuration des schémas pédagogiques, conçue pour tenir compte des besoins socio-économiques. Bien appliquée, elle devrait améliorer la pertinence des formations. « Chez nous, on légifère plutôt que de trouver les moyens à aider à réussir cette réforme, l’université a plus besoin d’une tutelle d’encadrement que d’un ministère administrant », clame Habib.
C’est après avoir vu les choses tirer en longueur devant les grilles d’un ministère sourd à leur sollicitude que les étudiants entamèrent la seconde phase, à savoir « immobiliser l’avenue Nasser pour une bonne quinzaine de minutes ».
C’est ce qu’ils firent. Cette stratégie a été payante, car ils auront réussi à attirer l’attention sur eux. Le trafic routier était paralysé et les gens s’interrogeaient sur l’évènement. Il n’y a pas eu de casse, car les consignes étaient de faire de l’agitation pour être remarqué, et cela a marché.
« Demain ! Nous allons remettre çà devant chez Aziz », diront les étudiants. Sortie qui va coïncider avec celle de Darel Barka, Ould Birome et El Avi pour la sauvegarde de leur terre. C’est dire qu’il n’y aura pas que les ministres au conseil.
ADN
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