18-05-2015 20:16 - Les ouvriers de Pizzorno devant la présidence [PhotoReportage]
C’est à croire que l’état mauritanien reste insensible au sort des ouvriers de l’ancienne société de nettoyage Pizzorno. Ses anciens ouvriers qui étaient ce matin devant ce que d’aucuns désignent sous le vocable de « mur des lamentations », à savoir les grilles du portail présidentiel.
Tous les courants de mauvaise humeur des nombreux frustrés du pays épousent leur radicalisme face au palais gris, dont le locataire jusqu’ici inébranlable faisant fi d’un ras le bol qui pourtant outrepasse les limites de l’indignation. Après les ruraux du Brakna et les étudiants de l’université de Nouakchott, c’est au tour des ouvriers de manifester leur courroux.
Les pauvres, sont sevrés de salaire « depuis mai 2014 du fait d’une rupture de contrat entre notre ex société et l’état et les négociations sont au point mort », clament-ils.
Sans le moindre revenu, vivants dans un milieu urbain avec ses symboles d’avoir et de pouvoir sans y accéder, les nombreux mécontents peuvent bien in fine s’en remettre aux solutions radicales.
Plus rien ne doit être écarté dans un pays où la marche pour un état de droit n’a jamais était inscrite dans les agendas républicains.
En outre, l’injustice jusqu’ici notée dans le traitement de certaines contradictions dans le monde du travail, à savoir l’exclusion, peut mener facilement à l’affrontement. Nous avons vu ce qui est arrivé à Rosso après la condamnation de Birama Dah Ould Abeid et ses amis, les forces de sécurité n’ont dû leur salut qu’à un renfort arrivé d’urgence au tribunal.
Chez les manifestants de ce matin, la levée de boucliers entrainée par la rupture du contrat de la société européenne de nettoiement, mobilise et rameute des ouvriers qui crient à l’arnaque. L’occasion leur est ainsi donnée de rebondir pour prouver leur capacité de mobilisation, « prêts à frapper dans les dents ».
Aux nombreuses manifestations devant la présidence de la république, se pose la question de la satisfaction du peuple mauritanien. En tout cas, l’expression donnée par celle-ci renseigne sur le suivisme aveugle que déplore souvent l’opinion publique.
Et ce, malheureusement, pour les beaux yeux de nos gouvernants qui n’hésitent pas à se mettre à dos une frange importante de leurs populations. Ils sont tellement aveuglés par le pouvoir, qu’ils en deviennent incorrigibles, jusqu’à ce que la realpolitik les rattrape.
ADN
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