27-05-2015 20:16 - Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de la Fonction Publique, du travail et de la Modernisation de l’Administration

Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de la Fonction Publique, du travail et de la Modernisation de l’Administration

L'Authentique - Objet : Doléances des Fonctionnaires et Agents auxiliaires de l’Etat victimes des événements 1989 admis à la Retraite.

Monsieur,

J’ai l’honneur de venir respectueusement auprès de votre haute personnalité bienveillante solliciter votre concours en vue d’apporter une solution juste aux nombreuses injustices qui continuent de frapper les victimes citées en objet, pour la jouissance de leurs pensions de retraite en toute légalité.

En effet, Monsieur le ministre, les victimes que nous sommes ayant subi toutes les privations, oppressions, humiliations sans raison valable, n’ayant commis aucune faute professionnelle, ni délit et exilées de force par la folie du régime défunt de Maouya Ould Sid’Ahmed Taya et, une fois de retour au pays, nous voilà encore objet d’injustice car privées de jouissance d’un droit que tout citoyen espère bénéficier, à savoir une Pension pleine et entière pour chaque victime et ce, en homologation avec les pensions de nos collègues restés en service puis admis à la retraite.

Trop d’anomalies ont été constatées dans les Arrêtés conjoints relatifs à notre situation notamment l’arrêté N° 261 du 13/05/2013, rectifié en partie par l’arrêté conjoint N° 134 en date du 23 Mars 2014. Une régularisation doit être effective et totale et non tronquée, ceci et notre souhait ardent.

Aussi nous constaté dans les arrêtés conjoints numéros 261 et 134 que l’esprit de justice fait défaut car ces arrêtés stipulent que nous victimes innocentes ayant bravé toutes les affres du malheur en exil, que pour l’obtention de nos pensions de retraite qu’il faille se référer à nos salaires de 1989, salaires qui sont inférieurs au SMIG actuel e surtout en 1989, nous étions bien loin de la retraite, et cela nous le récusons vivement.

Nous demandons à ce qu’il y ait justice dans le traitement de ce dossier si réellement nous sommes dans un état de droit et musulman de surcroit ; ce qui procède du respect de la date d’admission à la retraite de chacun des intéressés. Les deux arrêtés conjoints ci-dessus précisés tiennent compte du nombre d’années de service effectué les auteurs de ces arrêtés oublient que nous n’avons pas demandé une retraite anticipée d’une part et que le malheur des événements de 89 n’échappe à personne d’autre part.

La période d’inactivité de 1989 à 2012 ne nous incombe pas car cette inactivité est indépendante de notre volonté. Ce faisant, nous demandons le rappel de nos salaires de la période incriminée du fait de la reconnaissance du tort que nous avons subi, reconnaissance qui consacre notre réintégration en date du 22 septembre 2012 ( communication conseil des ministres-n° 299).

En vérité, Monsieur, le ministre, ces arrêtés ne tiennent pas compte de l’injustice qui nous assaille et traitent notre cas comme s’il s’agissait d’un cas ordinaire.

Or il s’agit là d’une situation particulière qui doit être réglée comme telle. Au lieu d’enfoncer le clou, l’état mauritanien doit prendre par vos soins une résolution favorable à notre situation.

En ma qualité de président de l’ONG, porte parole des victimes , je vous signale dans la même foulée que les Agents auxiliaires à cette date n’ont perçu aucune pesions en dépit du dépôt de leurs dossiers respectifs à la Caisse Nationale de Sécurité sociale depuis bien longtemps.

Concernant ce volet du dossier des victimes retraitées et selon les responsables de CNSS rencontrés , tant que l’Etat Mauritanien n’honore pas les cotisations de ces victimes durant la période 1989-2012 , les intéressés ne percevront aucune pension, ce qui perpétue leur malheur et constitue un déni de justice si tel devrait être admis.

Les responsables de la CNSS, rencontrés disent qu’il s’agit là d’un problème politique et que seule décision politique doit régler. Ainsi, nous comptons sur votre autorités et les compétences qui sont les vôtres pour une solution salutaire au dossier des victimes admises à faire valoir leur droit à la retraite dans un délai raisonnable car nous sommes fatigués et nos souffrances continuent, souffrances que nous vivons depuis plus de deux décennies soit un quart de siècle maintenant 1989-2014.

Comme tout citoyen, nous aspirons à vivre dignement dans notre pays, dans le respect de nos droits et devoirs. Espérant être bien compris, je vous prie monsieur le Ministre d’agréer l’expression de ma très haute considération ainsi que celle de mes salutations fraternelles. Le président de l’ONG REVE (Regroupement des victimes des événements 89/91).

Fait à Nouakchott le 25/12/2014



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Commentaires (2)

  • damocles (F) 28/05/2015 13:42 X

    Les arrêtés en question ne sont pas à incriminer, c'est plutôt la Fonction Publique qui a été incompétente car elle aurait du reconstituer la carrière de ces fonctionnaires soit pour les mettre à la retraite ou les réintégrer. Imaginez un fonctionnaire victime de ces événements réintégré 20 ans après et qui reprend avec son indice de 1989?

  • Ibiliss (H) 28/05/2015 00:54 X

    " si réellement nous sommes dans un état de droit et musulman de surcroit": Êtes-vous sûr de parler de la Mauritanie?