05-09-2015 10:27 - Éducation : Journée internationale de l’alphabétisation
Un quart de siècle après les indépendances, si on devait tirer un bilan de l’alphabétisation dans les pays africains, il serait mitigé. Au moment où le monde célèbre la journée mondiale de l’alphabétisation ce 08 septembre , pour des pays comme les nôtres, il doit être à notre avis, un grand moment d’introspection, d’évaluation, et de mise en perspective pour les élites et les peuples africains.
Loin du lot des afro pessimistes, de ceux qui aiment se laisser aller à des exercices d’auto-flagellation, reconnaissons-nous cependant, le droit d’évaluer à sa juste mesure le poids du passif historique qui a pesé sur nos états au lendemain des indépendances. Nous sortions quand même, de deux siècles d’esclavage et de plus d’un siècle de domination coloniale.
La France pour ce qui nous concerne, suite à l’échec de son projet de promotion de l’Etat de la communauté franco-africaine, a eu de la peine à laisser nos dirigeants conduire en toute liberté le processus d’émancipation de nos nations.
La « Françafrique » a pesé pendant des décennies sur le destin des nations africaines en termes de projet néocolonial caractérisé par le contrôle d’un pré-carré où elle continuait d’exercer une mainmise totale sur nos richesses et un contrôle qu’on qualifierait de « sécuritaire ».
Et enfin, dans les années 80, le diktat des organismes financiers internationaux sur nos politiques de développement a durablement hypothéqué les chances de décollage des pays africains. Mais aussi nos hommes politiques ont une grande part de responsabilité dans la situation de sous-développement dans laquelle on se débat.
Dans un monde en mutation, les nations qui pèsent aujourd’hui sont de type fédéraliste, même le veille Europe a compris que son sort et sa place dans le monde dépendent de sa capacité à dépasser ses frontières nationales actuelles pour bâtir un projet politique européen fédérateur qui a débouché sur une monnaie commune.
S’il est vrai que toute langue véhicule un savoir scientifique accessible aux masses, les langues africaines sont les seules qui peuvent permettre au continent de sortir du sous-développement.
Même si une volonté a été observée pour l’introduction des langues nationales dans le milieu éducatif, et la confection d’outils grammaticaux et lexicaux, il reste beaucoup à faire, les langues étrangères qu’on nous enseigne depuis plus de 50 ans n’ont quant à elles, pas réussi à nous faire un décollage économique digne de ce nom.
En Mauritanie, le français et l’arabe ont si longtemps cohabité avec le pulaar, le hassaniya , le soninké et le wolof qu’ils se confondent aujourd’hui avec le patrimoine culturel et linguistique de ces langues.
Mais quoi qu’on fasse où qu’on dise, le français et l’arabe resteront des « langues étrangères » à côté de ces autres langues, qui sont les langues de la culture et de la personnalité intrinsèque propres aux quatre ethnies citées plus haut.
Vivement une école qui prépare à la citoyenneté, qui allie théorie et pratique, travail intellectuel et travail manuel, enseignement et production.
ADN
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