09-09-2015 15:10 - L’année de l’an saignement
Elhourriya - Toute école qu’on ouvre est une prison qui ferme dit un sage mais que dirait-il aujourd’hui à l’occasion de l’année de l’enseignement où les écoles sont transformées en échoppes au plus offrant?
Le Trésor Public traverserait-il une crise financière si aiguë au point que le modique prix de trois petites écoles fondamentales lui serait d’un apport significatif ?
Non! à en croire les plus hautes autorités .Les caisses de l’Etat regorgeraient de sous et pour preuve la plupart des projets sont financés sur fonds propres !
Aussi il est important de souligner que ces écoles ne sont pas simplement des conglomérats de sable, de coquillage et de fer mais elles constituent des pans de l’histoire de ce pays que certains, sciemment ou non s’obstinent à effacer :
-En effet, de hauts cadres de ce pays ont reçu les rudiments de leur éducation dans ces écoles, d’autres y ont enseigné et combien ils seraient peinés de les voir transformées en boutiques ;
-Ces écoles sont les témoins vivants de la coopération bilatérale antérieure et de faits historiques nationaux. En effet, l’école I appelée communément et à juste titre Ecole Justice fut le premier palais de justice et aussi le premier internat pour les élèves du jeune lycée de Nouakchott à la veille de l’indépendance;
Enfin, il y a mieux que de célébrer la nouvelle année scolaire par la vente à la criée de monuments historiques ou du moins symboliques .Plusieurs alternatives s’offrent aux pouvoirs publics :
-Au niveau du Ministère de l’Education Nationale pourquoi ne pas affecter ces écoles à l’Inspection Générale de l’ Education ou à la Direction de l’Enseignement Privé qui se trouvent rejetées dans des locaux conventionnés à la périphérie de la ville ou à défaut qu’il les utilise afin de décongestionner les administrations centrales qui souffrent de la pléthore des effectifs et du manque de bureaux convenables ou mieux encore pourquoi ne pas envisager d’en faire des cités à usage d’habitation pour les enseignants?
Au niveau de l’Etat il n’est un secret pour personne que maintes administrations conventionnent encore et à prix fort qui égalerait le prix de vente escompté d’une école. Dans ce cas ne serait-il pas préférable d’affecter ces écoles aux administrations locataires et d’utiliser les loyers pour effectuer les réaménagements en cas de nécessité ? Faites le calcul !
Enfin, dans le cadre des efforts tendant à assainir et à améliorer le secteur de l’enseignement privé- qui ne bénéficie d’aucun soutien étatique mis à part le bâton- pourquoi ne pas lui affecter ces écoles?
UN AN SAIGNANT
