11-11-2015 11:54 - Lettre Ouverte à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz

Lettre Ouverte à Son Excellence Monsieur le Président de la République,  Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz

Maouloud Elkhalil - A Son Excellence Monsieur le Président de la République,
Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz
Objet : Doléances

Monsieur le Président,

Les professeurs de l’enseignement supérieur affiliés au Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (SNESUP) et au Syndicat Général de l'Enseignement Supérieur(SGES), vous prient d’abord de bien vouloir recevoir l’expression de leur haute considération et les meilleurs vœux pour l’année 1437 de l’Hégire.

Priant le Tout-puissant qu’elle soit pour vous une année de concrétisation des ambitions que vous avez pour le pays et pour l'enseignement supérieur une année pleine de réalisations qui renforcent les acquis obtenus sous votre égide. Ils réitèrent, pour l’occasion, la valorisation de la décision de faire de 2015 une année de l’éducation ; décision qui dénote d’une conscience de l’importance de ce secteur et de son rôle fondamental dans la réalisation du développement global.

Monsieur le Président,

Etant profondément attachés, au niveau des deux syndicats, au bon fonctionnement de l'enseignement supérieur en particulier et convaincus que vous êtes le soutien sur lequel ils peuvent compter pour obtenir leurs droits, ils jugent qu’il est désormais nécessaire de vous tenir informé des soucis et doléances des professeurs de l'enseignement supérieur après l'échec des parties concernées ou leur incapacité à les satisfaire, durant plusieurs années de contacts sereins et responsables, au cours desquelles de nombreuses plateformes revendicatives ont été présentées en vain.

Monsieur le Président,

Le SNESUP, qui était alors le cadre regroupant les professeurs de l'enseignement supérieur, après s’être réuni avec vous en Février 2009 et sur la base d’instructions que vous avez données, avait signé le 8 Mars de la même année, avec le gouvernement en la personne du ministre des Finances, un accord qui portait sur une majoration de plus de 50% de la charge horaire des enseignants chercheurs en contrepartie d’augmentations substantielles de leurs salaires.

A ce jour, et alors que la majoration de leur charge horaire a été immédiatement supportée par les enseignants, les augmentations de salaires n’ont pas encore été obtenues par ces derniers.

D’autre part, l'accord stipulait une amélioration du traitement des professeurs de l'enseignement supérieur retraités dont la situation, soit dit en passant, est fort désastreuse et ne peut perdurer. Nous nous permettons, à ce sujet, d’attirer l'attention de Votre Excellence sur l'importance que revêt la création d'un Fonds National de Retraite Complémentaire, comme il est d’usage dans de nombreux pays.

Monsieur le Président,

Les professeurs de l'enseignement supérieur considèrent que les clauses de l’accord précité engagent les deux parties, qu’elles ne sont pas négociables et que les avantages qu’elles instituent sont des droits acquis pour les enseignants à compter de la date où les professeurs se sont acquittés de la nouvelle charge horaire, pourtant assez lourde pour certains d’entre eux.

Monsieur le Président,

Vous vous êtes engagé, auparavant, à augmenter de manière conséquente, les salaires de certaines catégories de fonctionnaires de l’état afin de leur permettre d’accomplir leurs missions respectives dans les meilleures conditions. Il s’agissait du corps diplomatique, des administrateurs, des magistrats, des professeurs du supérieur et des comptables.

Toutes les catégories concernées ont effectivement bénéficié de ces augmentations à l'exception des professeurs de l'enseignement supérieur. Pour mémoire, la dernière catégorie à l’obtenir est celle des comptables.

Monsieur le Président

La question du logement des professeurs du supérieur se pose aujourd’hui, plus que jamais, avec acuité, en raison du déménagement des facultés vers le nouveau campus universitaire.

En effet, il est difficile pour les professeurs d’assurer leur enseignement dans des institutions qui se trouvent parfois à des dizaines de kilomètres de leur lieu de résidence, surtout que l’indemnité de transport qu’ils perçoivent est dérisoire.

Tout en invoquant avec satisfaction votre initiative de leur attribuer des terrains à proximité du nouveau campus, les enseignants du supérieur nourrissent aujourd'hui l’espoir que vous donnerez des instructions aux autorités concernées d’en faire de même pour nos collègues qui n’ont pas encore bénéficié de la première distribution d’une part et, d’autre part, de procéder à la viabilisation des lots, leur raccordement aux réseaux d'eau, d’électricité et des routes et de doter la zone des infrastructures de base tels que les écoles et les établissements sanitaires.

Nous souhaitons aussi, qu’en collaboration avec les professeurs, des logements dignes de l’enseignant du supérieur et de sa noble mission soient construits, en application de l’engagement pris par votre Excellence.

Monsieur le Président

La recherche scientifique est la première des priorités en ce moment, pour la place centrale qu’elle occupe dans l'amélioration de la qualité et de l'efficacité de l'enseignement supérieur d'une part et dans la réalisation du développement global du pays d'autre part. Sur cette base, les professeurs de l'enseignement supérieur expriment leur pleine disponibilité à apporter leur contribution en la matière.

Monsieur le Président

L’ensemble de ces doléances pressantes et d'autres figurent dans les plateformes revendicatives remises plusieurs fois à différents partenaires. Nous constatons malheureusement un manque de réaction, voire une indifférence totale à nos demandes de la part de ces mêmes partenaires.

C’est pourquoi, d’ailleurs, nous avons décidé de vous adresser cette lettre ouverte. Plus grave encore, de nouveaux problèmes s’ajoutent chaque fois à ceux dont se plaignent les professeurs du supérieur. C’est le cas, par exemple, de leur privation jusqu'à présent de l’augmentation des salaires 2015 et le retard constant de leurs traitements, y compris leurs salaires.

Monsieur le Président,

Vue la gravité de la situation, nous comptons, au SNESUP et au SGES, sur une intervention diligente de votre part, à travers des instructions aux autorités concernées, pour mettre en œuvre les engagements et les accords signés avec le syndicat et satisfaire les doléances des professeurs de l'enseignement supérieur.

Dans l’attente d’une suite que nous espérons favorable, veuillez accepter, encore une fois Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération et notre profonde gratitude.

Nouakchott 12 Muharram 1437 correspondant au 26 Octobre 2015

Pour le Comité de Coordination

Dr. Mohamed Ould Ely El Kory, Président du Bureau exécutif du SNESUP

Dr. Saadna Ould El Haj Elemine, Secrétaire général du SGES





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Commentaires (3)

  • lass77 (H) 14/11/2015 22:49 X

    Et pourquoi ce Syndicat ne réagit pas à l'appel pour le recrutement des professeurs Marocains alors que des centaines des Mauritaniens diplômés sont à carreaux.Leur silence est équerrant face à ce problème. Vous savez bien qu'aucun pays au monde ne peut fournir un logement pour tous ces citoyens d'ailleurs cette politique n'existe pas en Mauritanie. Imaginez qu'on dise qu'on va cherchez des diplomés senegalais pour enseigner dans les colleges Mauritaniens ?

  • ELKHALIL (H) 13/11/2015 23:06 X

    Mr Lass77 Sachez que le role d'un syndicat est de défendre les conditions materielles et morales de ses adhérents ce n'est pas un parti politique! D'autre part un état respectable doit avoir un politique d'accès à la propriété d'un logement pour tous ses citoyens à plus forte raison pour ses fonctionnaires.Donner un salaire n'est pas suffisant! Soyez plus exigent ...ou au moins ne le reprochez pas à vos concitoyens!!. Oui

  • lass77 (H) 11/11/2015 22:11 X

    Que des interets personnels et individuels. Pas un seul mot pour dénoncer le projet de recruter des soi-disants universitaires Marocains . Quels logements ? Vous avez un salaire non ? Est ce que tous les Mauritaniens sont logés dans la même enseigne ? Non l'Etat ne peut pas fournir des logements pour tous les fonctionnaires . Et si l'armée demande la meme chose que Vous ? la Police ? la Gendarmerie ? les enseignants du Sécondaire ? etc... Autre point pour ce syndicat des soi-disant professeurs d'université dont la plupart ont des diplômes douteux. Un professeur d'université doit publier au maximum tous les Cinq ans,sauf ceux de la Mauritanie . En effet peu de professeurs se livrent à des recherches à part faire de la politique et autres emplois de la place.