18-06-2016 22:30 - Mauritanie : Tenue des premières assises du hip hop et des cultures urbaines, "vecteur de rassemblement"

Mauritanie : Tenue des premières assises du hip hop et des cultures urbaines,

Cridem Culture - Les artistes mauritaniens doivent s’inscrire dans une dynamique entrepreneuriale, a appelé vendredi à Nouakchott, Kane Limam dit Monza, rappeur et fondateur d’Assalamalekoum Festival.

Cet appel a été lancé en marge des assises du hip hop et des cultures urbaines, les premières du genre en Mauritanie, qui devraient aboutir à la tenue des assises nationales sur la culture, selon Monza.

Ces assises du hip hop et des cultures urbaines ont été organisées par Assalamalekoum Cultures et financées par le 10e FED du PESCC dans le cadre du projet "Assalamalekoum Cha'ab Youth Saghav". Elles ont réuni des DJ, des promoteurs et des acteurs du hip hop mauritanien.

En ouverture de ses assises, les participants ont suivi une enquête sur l’état des lieux du hip hop en Mauritanie. Cette enquête est menée par Yéro Abdoulaye Sow, rappeur et membre du Collectif de rap, Minen Tèye.

Elle cible les villes de Kiffa, Kaédi, Atar, Nouadhibou, Nouakchott et Rosso.

"70% de la population mauritanienne est jeune. La jeunesse mauritanienne consomme beaucoup le rap. C’est le constat qui s’est dégagé dans cette enquête que nous avons mené. Nous avons également constaté que le hip hop est aujourd’hui un vecteur de rassemblement entre les jeunes de toutes les communautés du pays. Cela fait 25 ans que l’on parle de rap en Mauritanie mais force est de constater que les racines du hip hop ne sont pas encore bien enracinées. Chacun d’entre nous doit se sentir responsable si les choses n’avancent pas", explique M. Sow.

"A l’arrivée, nous avons recensé 768 rappeurs et groupes de rap, 55 danseurs, 14 promoteurs, 15 animateurs, 40 lieux de diffusion et 26 studios", détaille Yéro Abdoulaye Sow qui précise avoir noté des "problèmes structurels et de ressources humaines" et une "absence de reconnaissance du statut du rappeur". "Ce qui bloque l’émergence des cultures urbaines en Mauritanie", résume-t-il.

"La situation actuelle ne donne pas envie de continuer", souligne Ismaël Diakité, promoteur, initiateur de "Vacances Loisirs" et qui a été manager de plusieurs artistes dont Ousmane Gangué. "Il n’y a pratiquement pas de mécènes et les moyens font toujours défaut", complète Cheikh Baby, promoteur et initiateur du Festival Dimbé, à Kaédi.

Les acteurs du hip hop mauritanien ont réaffirmé leur volonté de faire bouger les lignes dans un pays qui a pourtant ratifié la convention UNESCO 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles qui assure la rémunération équitable des artistes et des créateurs.

En marge de ses assises, Monza a appelé à la mise en place d’une société de gestion collective des droits des auteurs, pour éviter de reproduire des exemples qui ont échoué ailleurs, comme celui du Bureau sénégalais des droits d’auteurs (BSDA) qui a été remplacé par la Société de gestion collective des droits d’auteurs et droits voisins.

"Le modèle qui marche aujourd’hui, c’est le modèle burkinabé avec l’instauration de la copie privée numérique qui permet de percevoir des droits d’auteur. Il faut que l’Etat s’appuie sur les personnes ressources pour arriver à monter cette structure et que nous, les artistes, nous prenions nos responsabilités", souligne Monza.

Selon lui, dans un pays comme la Mauritanie où il n’y a pas encore un marché de la musique, le premier combat pour les artistes/créateurs, c’est d’avoir un statut. Autrement dit, chercher une alternative pour jouir de ses droits en tant qu’auteur.

En 2012, la Mauritanie a adopté une loi relative à la propriété littéraire et artistique. Mais, dans les faits, elle semble ne pas apporter du souffle aux artistes et créateurs dans le sens de leur générer des économies.

Par Babacar Baye NDIAYE

©Cridem 2016



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Source : Cridem Culture
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