24-08-2016 11:11 - Baisse du niveau des élèves : qui est responsable ?

Baisse du niveau des élèves : qui est responsable ?

Tawary - Depuis presque une décennie en Mauritanie, après la proclamation des résultats des examens scolaires officiels, le choque causé par la note de délibération est devenue une tradition. Le constat général est que le niveau scolaire est en chute vertigineuse dans le pays.

Pourtant, on a l’impression que rien n’est fait pour essayer de relever le niveau qui est déjà très bas. Le processus d’enseignement et apprentissage implique plusieurs acteurs. En cas d’échec, chacun de ces derniers a sa part de responsabilité, en fonction de son degré d’implication dans le processus.

La responsabilité de l’échec revient bien entendu à l’élève, mais celui-ci n’est que le dernier anneau d’une longue colonne qui commence dans le Ministère de l’Education Nationale, continue dans les établissements scolaires et se termine dans les maisons.

Si on peut comprendre que les pouvoirs publics et la direction en charge de l’organisation des examens essaient de contenter les parents en validant une réussite aux examens avec des notes peu supérieures à la moyenne, il est en revanche incompréhensible que les parents ne montrent pas plus d’exigence que cela en ce qui concerne la qualité de l’enseignement qui est dispensé à leur progéniture. Pire, le taux d’admission chute considérablement.

A plus de 12 % seulement au baccalauréat sur le plan national cette année, tout le monde se réjouit, et les restent qui ont échoué ? C’est aux parents d’élèves de se poser cette question tout en sachant que ceux-ci, dans la plupart des cas, abandonneront au profit d’autres activités.

Depuis plusieurs années déjà, dans le pays, il existe une association nationale et des bureaux de parents d’élèves au niveau de chaque wilaya. Cette association est sensée accompagner les établissements dans leur mission éducative. Mais, elle n’existe pratiquement que de noms, car ne posant aucune action dans ce sens pour que les élèves et étudiants étudient dans de meilleures conditions.

Elle assiste « impuissante » au bradage du système scolaire. Même si des centaines de millions de nos ouguiyas sont versés sous la rubrique des indemnités et des primes (craies, éloignement, direction, fournitures,…) le meilleur n’est pas encore acquis ? Pourquoi alors !

On s’étonne encore de voir des établissements scolaires où certains enfants prennent les cours dans des conditions détestables souvent à quatre par table. On s’étonne encore de voir des établissements du secondaire avec des classes de terminale de 90 à 100 élèves et plus.

On s’étonne de voir des établissements sans enseignants professionnels, sans de la bonne craie, sans bibliothèque ni coin de lecture, avec des tableaux en mauvais état, sans bureau pour l’enseignant, etc.….

Même si ces problèmes sensibles peuvent être réglés par le département ou par l’administration de l’établissement, les parents à travers l’association des parents d’élèves, doivent proposer des solutions à leur niveau (car au final, ce sont leurs enfants qui ressortent abrutis de ces écoles qui altèrent plus qu’elles ne forment). En acceptant que leurs enfants reçoivent une éducation en chute, les parents ne se rendent-ils pas complices de leur échec autant à l’école que dans la vie ?

Selon un inspecteur de l’enseignement, un examen se prépare en début d’année scolaire. Si l’année scolaire se déroule mal pour une raison ou une autre (mauvais tableau, manque d’enseignants ou de matériel didactique, absences récurrentes ou incompétence des enseignants, absences incessantes des élèves, etc.), il est clair que les résultats des examens seront également plus que mauvais.

« Le plus déplaisant, c’est de voir des parents se réjouir en sachant que leurs enfants ont eu leur brevet avec 8 /20 de moyenne » martèle un professeur. Pourquoi l’association des parents ne s’est jamais levée pour dénoncer ces notes ? Les parents sont-ils heureux d’avoir des enfants diplômés mais incapables de former une phrase qui contienne moins des dizaines de fautes ou très mal formulée ? Seront-ils ravis d’avoir es enfants qui ne savent i poser correctement ou effectuer une addition ? S’interroge un observateur de la place.

Il est grand temps que les parents jouent pleinement leur rôle dans l’éducation des enfants en suivant de prêt le système scolaire. Ils doivent s’informer auprès des directions des écoles qu’elles soient publiques ou privées de la situation de leurs enfants. Car la présence du parent contribue pour le bon de l’enfant.

L’éducation et l’enseignement de qualité d’un enfant contribuent sans faute au développement de chaque famille et du pays tout entier. Alors il est temps que les choses changent pour le meilleur avant que le pire ne s’installe !

Aboubecrine SIDI



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Commentaires (8)

  • lass77 (H) 25/08/2016 08:28 X

    La qualité de l'enseignement est minée par le systeme éducatif du pays basé sur l'exclusion des negromauritaniens et à leur émancipation. Cette école mauritanienne n'est pas la priorité des dirigeants pour la simple preuve aucun dignitaire n'envoie ses enfants dans ces écoles pourries. A t-on vu un gouvernement vendre ses établissements scolaires ,ça ne se passe qu'en mauritanie.

  • medkankossa (H) 24/08/2016 21:50 X

    c'est très dommage que certains rendent les parents d'élèves responsable des échecs scolaires. l'enseignement , la transmission des connaissances s'effectue par des PROFESSIONNELS le savoir s'acquiert à l'école pas à la maison.et celà c'est le role du maître et du professeur qui doivent être mis dans des conditions favorables pour s'acquitter de la tâche par L'ETAT avec un programme adapté mis en place par L'ETAT .Si l'enfant vient de l'école le crâne vide le papa ou la maman n'y peuvent absolument rien.Donc ne culpabilser pas le parent

  • amiine (H) 24/08/2016 19:15 X

    Es'salamou eleykoum certains accusent le taux de natalité pour expliquer certains problèmes et je ne partage pas cet avis car c'est le bon DIEU Qui nous nourrit et pas nous-mêmes. La Mauritanie peut produire plus que ce dont nous avons besoin, et cela est valable. Notre principal problème est qu'on "oublie" DIEU dans la majorité de nos actes alors que RIEN ne peut se réaliser sans Sa permission. Pour en avoir la preuve, comparons ce que nous faisons et disons avec les enseignements et l'écart est plus que grand. Le résultat, nous nous enfoncons de plus en plus dans des problèmes. Wes'salamu eleykoum

  • cccom (H) 24/08/2016 14:39 X

    Addendum à mon commentaire: lisez "soit 3 mois/12 de 8h/jour" ( en référence à la convention de travail des 3 X 8h travail, loisir sommeil).cheikhany_ouldsidina@yahoo.fre

  • cccom (H) 24/08/2016 13:37 X

    Du fait que le nombre d’heures officiellement enseigné est de 700 h/an, soit moins de 3 mois par an j’avais proposé sur le net de changer le nom du Ministére de l’Education (MEN) en Ministére des Vacances de l’Education Nationale (MVEN) . Le systéme éducatif de Maaden El Ervane initié et pratique gratuitement de 1994 à 2008 réalise 2300 heures par an en assurant un cursus secondaire moyen de 3 ans avec 6900h au lieu de 4900h en7 ans assure une économie de de 70 à 90% des coûts publics et parentaux de l’Educatin a démontré qu’il est le plus performant du monde. Je martélle ma demande d’audience. Je martéle ma demande d’audience à son excellence le Président de la République pour lui proposer l’engagement d’un projet pilote vukgarisateur du systéme. cheikhany_ouldsidina@yahoo.fr

  • ZELINKHAM2 (H) 24/08/2016 13:11 X

    Les parents sont responsables à 80% et les enseignants pour 18% pour la baisse du niveau des élèves mauritaniens. J’ajouterai les principales raisons des parents d’élèves en A, B, C : A – : Les mauritaniens (maures, harratins, toucouleurs, ouolof, sarakolés, bambaras et …) font beaucoup d’enfant, plus de 3 enfants par famille c’est déjà beaucoup. En effet depuis la chute du mur de Berlin notre monde est dominé par un capitalisme liberal qui fait que tout est devenu très cher surtout l’acquisition des connaissances et du savoir, B – : Les parents d’élèves ne s’occupent pas de leurs enfants, ils n’ont pas le temps à cause de la pauvreté due à un mariage des couples très jeunes inexpérimentés qui n’ont aucune infrastructure et qui ont tous les problèmes du quotidien (ou habiter, quoi manger et autres) en plus de cela beaucoup sont polygames. Je suis de père harratin et de mère peule mais je vois combien de frères et de sœurs mes parents ont eu à faire croyant qu’ils vont avoir la majorité pour prendre le pouvoir. Et malheureusement ils n’ont fait que de pauvres enfants victimes de leurs parents. Les enfants n’ont pas demandé de venir sur terre, nous sommes tous des invités. Je me rappelle que nous étions plus 8 enfants et ma mère faisait son petit commerce d’arachides grillées, de jus de pain de singe, de « bissabe », des beignets, des pastels et elle nous en faisait manger pour calmer notre faim. C’est avec son commerce qu’elle nous payait nos cahiers. Par contre notre père a eu à marier plusieurs femmes qu’il a divorcées. Je n’ai jamais vu ma mere prendre des vacances et ne fait que travailler, C – : Le monde a si bien évolué et nous habitons dans un village planétaire qui fait que nous sommes obligés de nous adapter pour vivre correctement. Il faut des politiques de planning familiale et sanctionner tous les hommes qui marient de jeunes filles qui font avec elles des enfants et abandonnent les enfants pour aller se marier avec les autres plus jeunes. Cheikh FALL

  • NIONKO (H) 24/08/2016 12:50 X

    Faut-il s’étonner de cette situation ? Quand l’idéologie prend la place de la logique, il ne restera à l’éducation que déception et dépréciation. Un Etat qui vend ses écoles publiques peut-il entreprendre des reformes de son système éducatif pour améliorer le niveau de ses étudiants ? NON. Les parents d’élèves sont désarmés face à ce drame.

  • mystere1 (F) 24/08/2016 11:42 X

    Ca ne peut que provenir de la formation des nouvelles générations d'enseignant durant leurs formation en enseignement, maitriser la qualité et la base pédagogique, être stricte dans son domaine ou ce que l'on fait, ainsi, si la chose n'est pas maîtrisée au fond, c est normal, que les resultats ne seront pas bonnes, il faut bien préparer ce qu'on fait afin que ça soit cuit comme un aliment mangeable ! ce qui est valable pour l'enseignement médiocre d'aujourd'hui est valable par exemple pour la santé aussi, les nouvelles générations de médecins d'ici, comme aussi infirmiers et sages femmes, pour certains et certaines, n'ont pas maitrîsés leurs domaine, or la santé ne joue pas, ce domaine est sensible, délicat et critique car il s'agit de la vie des humains, qui est précieuse ! quant au domaine de l'éducation, là c est un problème pour l'avenir de nos futurs adultes d'une mauritanie de demain, qu'on est entrain de sacrifier !