07-11-2016 16:51 - La rue s’emplit de chômeurs

La rue s’emplit de chômeurs

L'Authentique - La rue mauritanienne regorge de chômeurs alors que le secteur de l’emploi s’enfonce En 2015, 35% de la population était sans emploi. En 2016, ce taux est de 38% ! C’est du moins ce que vient de révéler une étude faite par l’université de Nouakchott qui prévoit le chiffre alarmant de 42% de chômeurs pour l’année à venir.

Une situation dramatique quand on sait que cela frappe en premier lieu la jeunesse du pays. Près de 63% des étudiants produits par l’université pour le monde du travail, ces cinq dernières années, sont toujours dans la rue à la recherche d’emploi alors que seuls 6% du restant ont obtenu un travail équivalent à leurs diplômes et 31% occupent des travaux en deçà de leurs capacités intellectuelles.

Il faut dire que ces cinq dernières années, la Fonction publique a circonscrit son recrutement à moins d’un millier de fonctionnaires chaque année, avec un accent appuyé sur les jeunes diplômés chômeurs.

Les seuls recrutements d’importance (évalués globalement à 6000) ont été effectués dans les forces de sécurité tels la gendarmerie, l’armée nationale et dans une moindre mesure, la Garde nationale et la police. Dans chacun des cas, le recrutement a davantage concerné les grades inférieurs voire les subalternes que les officiers.

Il faut dire ici que nombre de jeunes, pour accéder à l’emploi, dévaluent leur statut. Lors des derniers concours d’agents de police comme lors du dernier concours des Douanes, ils étaient nombreux, les jeunes maitrisards qui se sont présentés à ces deux tests, en présentant uniquement, leur diplôme de fin d’études secondaires.

Pour autant, quand on sait que la demande d’emploi est d’environ 12.000 postes annuellement, on comprend mieux pourquoi le chômage ne cesse pas de grimper. Et la situation est davantage difficile quand on sait que le pays est entré depuis quelques années dans une crise financière et économique sans précédent qui a conduit les pouvoirs publics à une politique d’austérité dont les conséquences sur l’emploi ne cessent pas de se faire sentir.

C’est d’ailleurs cette politique qui a conduit à la décision prise la semaine dernière par le gouvernement, portant sur la suppression de 6400 postes de professeurs contractuels mais aussi, le refus des Autorités, d’accorder des fiches budgétaires, aux cadres nommés dans des postes de responsabilité dans les différents départements ministériels.

Face à la situation généralisée de crise économique qui frappe le monde, le secteur privé mauritanien, a fini par montrer ses limites. Point de recrutement mais davantage de compression de personnel si ce ne sont tout simplement pas de présentation de bilan.

Ces cinq dernières années, 8265 personnes auraient perdu leurs emplois et 562 entreprises auraient mis fin à leurs activités. Il s’agit notamment de sociétés officiant dans les services de prestations diverses, du bâtiment. Plusieurs milliers de structures commerciales informelles auraient déclaré faillite et plusieurs autres ont vu leurs chiffres d’affaires baisser. Directement ou indirectement, toutes ces structures ont « envoyé des gens dans la rue ».

Il faut dire que ces dernières dix années, le taux de chômage en Mauritanie est resté l’un des taux les plus élevés au monde, et serait même deux fois plus élevé que dans le reste des Pays du Maghreb.

Alors qu’en Mauritanie on voit les chômeurs augmenter, en Algérie, « la classe moyenne est consolidée (le PIB par Habitant a été multiplié par trois, le chômage est réduit de deux tiers (de 33% en 1999, il a été ramené à moins de 12% en 2015) et l’extrême pauvreté (personnes vivant avec moins de 1,08 dollars par jour) concerne à peine 10% de la population- la même proportion qu’en Allemagne ». explique l’hebdomadaire indépendant- jeune Afrique-.

Au Maroc, le taux de chômage avoisine, quant à lui, les 9%. Officiellement, en milieu urbain, il a atteint 13,8% contre 14, 7%, alors qu’en milieu rural, il s’est stabilisé à 4. « L’économie nationale du Maroc a généré 95.100 emplois nets en 2009, permettant ainsi au taux de chômage de reculer à 9,1 % au niveau national au lieu de 9,6 % en 2015. »

Aujourd’hui, au risque de voir la situation du pays s’effondrer, le débat sur l’économie nationale devrait d’urgence se focaliser sur l’absorption des demandeurs d’emploi.

Il s’agit d’ouvrir la Fonction publique, d’alléger les procédures de création des entreprises tout en luttant contre la fraude fiscale et de soumettre les entreprises nationales et étrangères à des mécanismes plus réfléchis d’insertion des chômeurs.

MOMS



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 5
Lus : 2363

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (5)

  • ftmely (F) 10/11/2016 13:57 X

    Je pense qu’il sera difficile de déterminer le nombre de chômeur dans notre pays pour au moins deux raisons : La première c’est qu’il n’y a pas une institution fiable chargée de gérer les demandeurs d’emploi d’une façon globale et l’Etat est totalement absent du moment où le chômeur ne perçoit pas une allocation mensuelle et n’impose pas sa politique aux employeurs; La deuxième, c’est que le système social mauritanien fait que chacun de nous prend en charge 1,2 ou 3 personnes en chômage et qui ne sera évidement pas comptabilisée. Pour remédier à cette situation désastreuse, l’Etat doit réviser les textes régissant la question de l’emploi, abandonner la libération du marché et revenir sur l’ancien système en le modernisant afin de l’adapter au contexte actuel. Nous devons donc créer des bureaux de l’emploi dans chaque région, accorder une allocation de chômage aux inscrits selon des conditions bien précises, créer un fichier national des demandeurs d’emploi et revoir les conditions de recrutement avec les employeurs en les obligeants à adresser leurs demandes aux bureau de l’emploi sans aucune exception.

  • KIDSON (H) 08/11/2016 11:07 X

    ça c'est un problème et je pense que le peuple doit se réveiller surtout on parle de personnes instruites ayant des certification. L'ETAT DOIT SE PENCHER SUR CETTE QUESTION MAJEUR ET ESSENTIEL POUR NOTRE PAYS, CAR LES JEUNES SONT LA FRANGE LA PLUS IMPORTANTE DE LA POPULATION MAURITANIENNE. CETTE QUESTION EST BEAUCOUP PLUS IMPORTANTE QUE DE MODIFIER LA CONSTITUTION.

  • lamine98 (H) 07/11/2016 19:03 X

    Cela me rappelle ce que Bachar Assad a fait subir à son peuple causant la révolution. Aziz est entrain de suivre les pas de ce tyran: marginalisation, politique de la médiocrité, corruption, exclusion etc.. Réveillez vous car on va droit dans le mur.

  • boubou_kibili (H) 07/11/2016 17:37 X

    Bravo notre université et quelque soit le consensus ou non sur ce rapport de la part de ces administrations que nous connaissons. L'Université est dans son rôle et ce n'est que comme cela qu'elle se fera acceptée par les citoyens et non de rester confinée dans des répétitions et dans le politiquement correcte. En tout cas Bravo encore une fois et que continue cette production dans tous les secteurs et domaine de la vie nationales avec la rigueur scientifique qui relève de toute Université qui se respecte. Mabrouk !!!

  • cccom (H) 07/11/2016 17:12 X

    Si l’Etat accepte de nous entendre dans le vacarme assourdissant de la politique politicienne, il est aisé de créer dés l’année prochaine des dizaines de milliers d’emplois durables et grands impacts sur l’alimentaire et l’environnement. cheikhany_ouldsidina@yahoo.fr