09-09-2017 09:54 - Mauritanie: des opposants au référendum constitutionnel accusés de corruption

Mauritanie: des opposants au référendum constitutionnel accusés de corruption

RFI - En Mauritanie, les comparutions devant le juge d'instruction de plusieurs sénateurs, journalistes et représentants syndicaux qui avaient débuté il y a une semaine ont pris fin ce vendredi 8 septembre.

Ils sont accusés de faits de corruption, mais leurs avocats dénoncent un dossier vide et une instrumentalisation de la justice. Ces personnalités s'étaient toutes opposées à la réforme constitutionnelle qui prévoyait notamment la suppression du Sénat et qui a été validée par le référendum du 5 août.

Mohamed Bouamatou est le financier présumé de ce que l'accusation présente comme une vaste affaire de corruption. L'opposant et puissant homme d'affaires, ainsi que son bras droit, font désormais l'objet d'un mandat d'arrêt.

Ils auraient donné de l'argent à une vingtaine de personnalités pour qu'elles s'opposent au référendum constitutionnel initié par le président Ould Abdel Aziz.

Onze sénateurs, quatre journalistes et deux syndicalistes ont ainsi comparu ces derniers jours devant le juge : ils ont été inculpés, placés sous contrôle judiciaire et privés de leurs passeports avec instruction de ne pas quitter Nouakchott.

L'accusation, qui réclamait l'incarcération pour les sénateurs, a fait appel. Les onze élus restent libres, mais devraient voir leur sort fixé la semaine prochaine par la chambre d'accusation de la Cour d'appel.

Deux personnes restent en revanche emprisonnées. Le sénateur Ould Ghadde, l'un des leaders de la fronde contre le référendum. Il est accusé d'avoir reçu de l'argent de Bouamatou et de l’avoir aidé à corrompre ses collègues et les autres personnalités.

On lui reproche aussi d'avoir payé un militaire pour susciter une polémique durant la campagne référendaire, en remettant en cause la version officielle sur les circonstances de la blessure par balle du président Ould Abdel Aziz en 2012. Et c'est ce militaire qui se trouve également en prison.

Si le parquet parle de corruption, les accusés dénoncent eux une tentative d'écraser toute opposition au pouvoir.

Par RFI



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Source : RFI
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Commentaires (3)

  • Sidikader200 (H) 10/09/2017 06:01 X

    Nous voici revenus des décennies en arrière à la periode la plus sombre de la dictature militaire. Incapable de gérer le pays qui s'enfonce dans une crise politique et sociale profonde, on cherche à faire diversion en inventant des complots bidons qui ne trompe ni l'opinion nationale, ni les partenaires extérieurs . Le citoyen dont le niveau de vie s'est gravement détérioré sur tous les plans n'accorde aucun crédit à ses élucubrations qui lui rappellent de mauvais souvenirs qu'il pensait enfouis a jamais. L'opinion internationale, quant à elle, n'est pas dupe des manœuvres grossières du régime dont l'ultime objectif est de maintenir Aziz au pouvoir , de crainte de le voir rattraper par un passé peu reluisant.

  • abouth (H) 09/09/2017 19:31 X

    C'est pour des raisons liées à une grande opération de corruption, de l'étranger, que ces gens sont interrogés par la justice. Beaucoup de gens se sont opposés au dernier référendum, certains ont même voté officiellement contre ce référendum (~10%), sans conséquence d'aucune nature... Pourquoi tout cet amalgame, entre corruption et opposition au référendum?!...

  • bleil (H) 09/09/2017 14:23 X

    Le GRIM continue d'appuyer les chiens; tous les leviers de l'autorité sont utilisés pour qu'ils soient plus plus efficaces contre l'opposition et les élus du peuple ...