09-09-2017 15:10 - Ces faux complots qui menacent le pouvoir !
Le Rénovateur Quotidien - Une démocratie qui n’avance pas finit inévitablement sa course dans la destruction des mécanismes qui ont consacré son existence.
La notre vient chaque année fournir aux mauritaniens les motifs réels de désespérer. La coupe est pleine de ressentiments entretenus par une crise à laquelle le président Mohamed Ould Abdel Aziz ne fait que rajouter de plus belle, par une compilation de toutes sortes de dossiers qui alimentent le gosier d’un appareil politico-judiciaire incapable de prendre de la hauteur pour pouvoir jouer franc jeu et donner au moins une fois confiance aux justiciables.
Loin s’en faut ! Notre appareil judiciaire reste vachement sous les ordres d’un exécutif qui en use à souhait jusqu’à l’excès. Au mépris des principes constitutionnels de la séparation des pouvoirs.
Ce qui est surtout grave aujourd’hui dans l’affaire en cours, c’est moins d’interpeller des présumés « fauteurs de troubles » que de pouvoir étayer les accusations par des faits avérés qui ne trahissent pas la conscience des juges.
Dans le cadre des dernières audiences sur l’affaire de Ghada et celle des personnalités accusées d’avoir obtenu des financements de la part de Mohamed Ould Bouamatou, les mauritaniens sont restés sur leur faim, eux qui s’attendaient à voir des commandos- robots appuyés par des mercenaires étrangers venus renverser le pouvoir en place.
Le communiqué du parquet qui avait tout l’air de préparer les mauritaniens à un sursaut patriotique pour « barrer le chemin aux ennemis de la nation » comme au temps des anciennes dictatures. Finalement, la mayonnaise n’ayant pas pris, on sort la carte du crime économique pour monter un dossier qui, à son tour, a du mal à tenir son plan, tant la qualification des faits reste sujet à controverse aux yeux des professionnels du droit.
Dans la précipitation, les enquêtes préliminaires ne pouvaient qu’aboutir à un enchaînement anachronique des pièces à faire valoir le travail du parquet et de ce qui en est suivi. L’opinion nationale et internationale a encore besoin de comprendre les véritables mobiles qui se cachent derrière toutes ces « comploteries » qui commencent à dégoutter au point que d’aucuns y voient l’expression d’une fragilisation du système de Mohamed Ould Abdel Aziz qui cherche à travers la théorie du complot à détourner les mauritaniens de leurs problèmes. La situation générale du pays est telle que les perspectives sont incertaines au niveau politique social et financier.
Les mauritaniens ne cachent plus leur ras-le-bol de voir leur niveau de vie chuter aussi lamentablement. L’insécurité urbaine a atteint une dimension dramatique pendant que la pauvreté creuse ses sillons aux quatre coins du pays.
Au lieu de se résoudre à se plier à l’évidente réalité pour tenter de relancer un dialogue franc et constructif, le Président s’arc-boute sur une mauvaise branche à mesure que l’édifice se dégrade, Mohamed Ould Abdel Aziz continue à accumuler des erreurs et à vouer un mépris à la raison et à la retenue tout en naviguant seul vers l’inconnu.
L’homme n’arrivant pas à digérer la fronde de ses anciens soutiens du sénat est sûr que la suppression de la chambre haute n’a pas mis fin au bras d‘acier avec ces rebelles qu’il faut pulvériser par tous les moyens quitte à transformer les gentils amis d’hier en exécrables diables aujourd’hui. Les accusations de corruption portées contre des personnalités de la société civile constituent alors le fameux second nœud de la corde à mettre autour du cou de ces « opposants dangereux ».
Au bout du compte, à qui profite ce feuilleton politico-judiciaire, véritable rouleau compresseur pour confisquer les libertés et entretenir la méfiance entre les citoyens à travers le délit de faciès. Comme si cela ne suffit pas, le pouvoir ferme l’accès aux missions étrangères des droits de l’homme dont la dernière était conduite par le fils du Révérend Jessie Jackson.
Autant de pratiques qui viennent achever le processus de fossilisation d’une démocratie qui se tient ses des béquilles bien fragiles …
CTD
