10-09-2017 15:51 - Journée de consultation du Groupe de la Banque Mondiale à Nouadhibou

Journée de consultation du Groupe de la Banque Mondiale à Nouadhibou

Nord Info - Le Groupe de la Banque Mondiale (BIRD/IDA) a organisé le 6 septembre une journée de consultation régionale à Nouadhibou à l’hôtel Tasiast pour la préparation du cadre de partenariat en Mauritanie.

C’était sous le thème : «Compétitivité et emploi pour une croissance inclusive et durable» en collaboration avec l’autorité de la Zone Franche sous le haut patronage de son président Mohamed ould Daff et du Wali de la région Mohamed Ould Ahmed Salem ould Mohamed Rare.

De prime abord, c’est Mme Louise CORD, directrice des opérations au sein de cette institution internationale, qui a eu l’insigne honneur d’ouvrir cette journée de consultation. Elle a répondu à deux questions qu’elle s’est posée : Pourquoi cette journée de consultation ? Quels sont ses objectifs ?

Elle dira en substance que la banque mondiale est un partenaire fondamental pour la Mauritanie et que l’institution qu’elle représente travaille main à main avec le pays dans le but de réduire la pauvreté et promouvoir la croissance pour tous en particulier les couches les plus vulnérables.

Elle a profité, dans son discours d’ouverture, pour présenter les trois agences clé au niveau de la Mauritanie (IDA, IFC, MIGA). Parmi les objectifs aussi de cette consultation réside la préparation avec le pays du Cadre de Partenariat (CPP/CFP) du groupe de la BM dans le but de définir leurs interventions et les zones de collaboration pour les 5 années à venir.

D’ailleurs, dit-elle, l’approbation de la SCAPP (Stratégie, Croissance Accélérée, Prospérité Partagée) et le diagnostic fait par la BM trace les priorités et explique le cadre de cette consultation. Mme Louise CORD a rappelé enfin que la BM a alloué au pays dans le cadre du cycle IDA17, près de 80 millions dUM et le cycle IDA18 prévoit plus de 200 millions d’ouguiyas triplant ainsi l’enveloppe qui vient de s’achever en juin 2017.

Débats et discussions

A la fin des discours d’ouverture, du Wali de la Région et du président de l’Autorité de la Zone Franche, les participants ont pris la parole afin de discuter et débattre sur les véritables besoins du pays et les voies et moyens pour amener la BM et son groupe à jouer son rôle d’accompagnateur dans les différents projets du pays.

Quatre points essentiels qui sous-tendent des secteurs économiques ont été retenus : Pêche, mines, environnement et ressources humaines. Les participants ont mis en relief l’importance du développement des multinationales, l’investissement dans le côtier et l’industriel, l’ouverture sur les marchés internationaux et le transport local des produits.

Dans le deuxième secteur est posé le problème des normes pour les sociétés fournisseuses des sociétés de mines, la recherche de services annexes. Le troisième secteur qui est l’environnement les participants ont parlé de la protection du littoral et de l’économie circulaire. Quant au dernier secteur des ressources humaines, les participants ont demandé l’appui de l’emploi, la formation et son adéquation avec les besoins du pays.

Lors de cette journée de cette consultation Mme Louise CORD a estimé qu’il est nécessaire d’entamer un changement de comportement surtout pour ce qui concerne la femme. Celle-ci doit être intégrée dans le circuit du travail pour devenir actrice du développement. Un programme de sensibilisation et de formation des jeunes dans le secteur privé, l’accès à l’eau, à l’électricité, à l’internet doivent exister d’ici 2022.

En outre, les autorités peuvent aussi promouvoir le secteur de transformation de pêche impliquant le secteur artisanal. Mais pour la plupart des acteurs économiques présents à cette consultation, tout ce qui a été dit par les représentants de la BM est bien beau mais il reste théorique car les projets de celle-ci n’ont pas d’effets induits sur les populations voire l’emploi tant dans le secteur privé que public. Pis, au niveau de celui-ci, la BM bloque l’insertion au niveau de la fonction publique du pays.

Pour eux, la BM ne doit pas rester dans les stratégies. Son effet restera nul tant qu’il n’y a pas du concret. Cependant comme le dit ce cadre géologue du ministère du pétrole la BM a beaucoup aidé et appuyé le pays dans plusieurs secteurs de la vie. A titre d’exemple, le code minier de 99 a été conçu grâce à l’appui de cette institution mondiale et a été à l’origine de la première découverte de l’uranium en Mauritanie. Les jeunes donc sont obligés de se cantonner au privé. Pour certains, il faut donner des moyens à celui-ci pour renforcer l’emploi.

Pour se faire, l’accès au crédit est nécessaire. Les banques doivent chercher des taux préférentiels pour l’appuyer et le rendre compétitif. Aussi comme le dit ce haut cadre de la Fédération Nationale des Pêches ayant pris part activement à cette journée de consultation, des formations adaptées aux besoins doivent être mises en place.

Il faut, dit-il, accompagner les jeunes dans les actions dont le pays a besoin. Marins, électriciens, mécaniciens, orpailleurs tout ce qui est métier informel doit être promu, rehaussé, appuyé, pris en charge. Il ne sert à rien, ajoute-t-il, pour le pays de vivre en autarcie, de jouer la politique du bannissement. La Mauritanie doit demeurer ouverte à tout le monde. Elle peut rester flexible car sur le plan démographique on n’est pas nombreux. Sur un autre plan, un participant a signalé le problème de l’investissement. Certains domaines tels que les usines de farine ne facilitent pas l’accès à l’emploi.

Pour lui, une évolution horizontale qui tient compte de la formation, du transfert des technologies peuvent provoquer un développement réel. Il faut signaler que les participants à cet atelier d’un jour se sont divisés en deux groupes de travail pour discuter de toutes ces problématiques. Il s’agit du rôle du secteur privé pour améliorer la compétitivité et l’emploi et pour le groupe 2 le secteur extractif comme moteur d’une croissance inclusive et durable.

Quelques recommandations des groupes de travail


Parmi les recommandations des deux groupes de travail on peut citer : l’encouragement du dialogue public/privé, le renforcement de la justice sociale et l’encadrement du secteur informel. Au niveau de l’emploi, le renforcement de l’acquisition de la formation professionnelle et la promotion de l’esprit d’entreprenariat. Au niveau de la compétitivité, l’accès au financement, le transfert des technologies et le développement des filières sont à encourager voire.

Pour le groupe 2, il est recommandé de mettre en place des facilités d’appui aux mines, le financement d’infrastructures de base pour la pêche, l’adéquation de la formation, le soutien aux PME, l’appui à la transformation locale, l’appui financier aux entreprises minières. Signalons enfin que, en plus des autorités sécuritaires administratives, il faut noter la présence active du conseiller du premier ministre, d’un représentant du ministère des finances, des acteurs économiques du secteur privé, du nouveau directeur général de KINROSS Tasiast et d’un parterre de directeurs au sein de l’Autorité de la Zone franche.

C’est à celle-ci d’ailleurs qu’est revenu le mot de clôture d’une journée de consultation riche en idées mais aussi en apports en vitamines. Il avait raison, le président de la Zone Franche, de dire qu’il ne regrette pas d’avoir écourté ses congés.

Synthèses A.S.W



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