12-09-2017 01:00 - Mauritanie : des opposants, dont des sénateurs, accusés de "corruption"

Mauritanie : des opposants, dont des sénateurs, accusés de

Xinhua - Des personnalités de l'opposition, dont des sénateurs, des journalistes et des syndicalistes, comparaissent depuis une semaine devant le juge d'instruction pour répondre à des accusations de "corruption", a appris Xinhua de source judiciaire.

Les accusés doivent rendre compte de ce qui constitue, selon le parquet, "une vaste affaire de corruption", où le principal présumé financier est l'homme d'affaires Mohamed Ould Bouamatou exilé au Maroc depuis plus de deux ans.

M. Bouamatou, qui fut proche du chef de l'Etat Mohamed Ould Abdel Aziz, dont il est le cousin, a quitté le pays après une brouille avec ce dernier, pour s'installer au Maroc voisin.

Le richissime homme d'affaires est le propriétaire du groupe "BSA" actif dans la cimenterie, le gaz ménager et le commerce de cigarettes. Un mandat d'arrêt international a été émis par la justice mauritanienne à son encontre.

Le dossier "Bouamatou et autres" concerne une vingtaine de personnalités, dont onze sénateurs, deux dirigeants de centrales syndicales des plus importantes du pays et quatre journalistes de la presse indépendante. Tous sont accusés d'avoir reçu de l'argent de Bouamatou pour mener une action contre les réformes constitutionnelles.

Le collectif de défense dénonce "un dossier vide et une justice soumise aux ordres de l'exécutif". Les avocats estiment qu'il s'agit d'un dossier concocté pour nuire à ces personnalités qui s'étaient activement opposées aux réformes validées par le référendum du 5 août dernier après avoir été rejetées par la chambre haute du parlement aujourd'hui supprimée.

Le parquet a requis le placement aux arrêts des sénateurs, lesquels sont aujourd'hui libres à l'exception de Mohamed Ould Ghadde qui a été le premier à se lancer dans une fronde contre le référendum du 5 août dernier et qui a, à plusieurs reprises, dénoncé "l'enrichissement illicite de personnes proches du chef de l'Etat Mohamed Ould Abdel Aziz".

On lui reproche en outre d'avoir payé pour obtenir une vidéo avec le témoignage d'un soldat, aujourd'hui en prison, qui affirme que la blessure, par balle, en 2012, du chef de l'Etat "n'était rien d'autre qu'une machination visant à berner l'opinion par rapport à une vérité qui se situe ailleurs".

Selon la thèse officielle, le chef de l'Etat avait essuyé à l'époque, "par erreur", le tir des militaires de la base de Tweila, situé à plus de 30 km au nord de Nouakchott.

La date du jugement des accusés n'est pas encore fixée, mais le parquet a fait appel de la mesure de mise sous contrôle judiciaire de sénateurs, dont la célèbre cantatrice Malouma Mint El Meydah, qui vient de recevoir en cadeau de fête de l'Aid Elkébir, une villa cossue, de la part de Bouamatou.

(Rédacteurs :Wei SHAN, Guangqi CUI)



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 1
Lus : 1785

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (1)

  • abouth (H) 12/09/2017 06:19 X

    Sans être d'accord (à 100%) avec le contenu de cet article, je le recommanderais tout de même, car son auteur, un vrai journaliste, fait l'effort difficile d'expliquer au lecteur la chronologie et la logique des événements qui concourent au sujet traité, tout en essayant d'établir un "fil conducteur", une genèse qui rendent cohérent tout le récit. Ce texte mérite d'être porté à la connaissance des auteurs "d'éditoriaux-communiqués politiques" qui n'hésitent pas à pousser des cris d'orfraie, à chaque fois que quelqu'un "ose" leur faire la remarque que le dénigrement et le journalisme "font deux". Les solutions "du moindre effort" sont toujours mauvaises...