31-10-2017 20:16 - Développement : en Mauritanie, on mise sur la gestion accès sur les résultats rapides en 100 jours
En Mauritanie, les initiatives pour les résultats rapides (IRR) sont en train de faire leur petit bonhomme de chemin. Non sans succès. Exemples illustratifs et concrets, avec deux "IRR", pilotées par la commune de Tévragh-Zeina.
Elles ont été présentées ce mardi 31 Octobre, lors d’une rencontre organisée par la CoP-Mauritanie, en partenariat avec Afrik4R. Il s’agissait au départ d’identifier des actions réalisables en 100 jours. Certaines institutions publiques, à l’image de la mairie de Tévragh-Zeina, ont adopté cette approche comme un vrai cheval de bataille.
La première initiative accès sur les résultats rapides (IRR) est relative à l’Etat-civil. La mairie de Tévragh-Zeina est partie d’un constat : la plupart des enfants des gardiens ne disposent pas de papiers d’Etat-civil. C’est ainsi qu’elle a décidé de les recenser. Au départ, elle s’était fixée comme objectif 72 enfants recensés. Finalement, ce sont 168 dossiers qui seront traités, dont 105 filles.
Un taux de réussite de 233% qui a satisfait Fatimétou Mint Abdel Malick, maire de Tévragh-Zeina et présidente du Comité d’orientation de la CoP-Mauritanie.
"Ces enfants ont pu être enrôlés mais également inscrits à l’école. Je suis très sensible au problème d’Etat-civil. Il faut que notre initiative se duplique ailleurs", dit-elle, avant d’ajouter que quelques 250 dossiers sont en instance de traitement.
Une autre satisfaction partagée par la Maire de Tévragh-Zeina, ce sont les résultats obtenus par l’"IRR", concernant la fiscalité communale, avec le recensement de 10.189 contribuables, grâce à une application moderne de géolocalisation qui a permis d’améliorer les recettes de la commune.
"Cela a permis de doubler les recettes de la commune, explique Fatimétou Mint Abdel Malick. Au départ, nous étions souvent confrontés à des problèmes. Ça créait souvent des mécontentements. Les citoyens n’ont pas la culture de payer leurs impôts. Il nous a fallu dans certains cas beaucoup d’acrobaties, pour redresser certaines situations, avec l’aide de la police. Au final, les gens ont compris".
Pour Oumou Khairy Ba Tall, coach de CoP-Mauritanie, ces deux initiatives, montrent qu’on peut faire avancer les questions les plus difficiles et réussir à convertir les mentalités des citoyens.
"Faire changer les choses, c’est difficile, admet-elle. C’est plus facile à dire qu’à faire. C’est par les moyens qu’on va régler les déficits pour pouvoir arriver aux résultats. Les politiques publiques ne sont plus efficaces. Les Etats investissent des sommes d’argent considérables mais il n’y a pas d’amélioration sensible dans la qualité de vie des populations. Il y’a urgence de s’inspirer de la gestion accès sur les résultats que sur les moyens".
Par Babacar Baye NDIAYE
©Cridem 2017
-------
