02-11-2017 21:45 - Calamités: Excusez-nous, monsieur le Président !

Calamités: Excusez-nous, monsieur le Président !

Le Calame - Lorsque, le six Août 2008, les généraux décident de destituer Sidi Mohamed ould Cheikh Abdallahi, après avoir compris, à leurs dépens, qu’il n’était pas l’homme de paille qu’ils croyaient pouvoir manipuler à leur guise, pour continuer à gouverner, des députés, des sénateurs, des hommes et femmes de tout acabit entament une vaste campagne de dénigrement du vieux patriarche que les militaires déchaînés ont mis, sans état d’âme, aux arrêts.

Il faut, à tout prix, légitimer un énième coup d’Etat dont la particularité est d’avoir mis fin à une vraie tentative de démocratisation que le monde entier vient juste de saluer. Tout est mis en œuvre à cette fin. L’argent de certains présidents.

L’influence de quelques autres. La Françafrique. La corruption. L’Union africaine. Bref, tout pour faire accepter le fait accompli, en usant et abusant, sans compter, de tous les subterfuges. Peu de gens en parlent mais cette opération de légitimation coûta beaucoup d’argent. A l’Etat et à des particuliers.

A titre d’exemple, les membres du peloton de parlementaires qui voyageaient à travers le monde, pour justifier la « Rectification », recevaient, journellement, une indemnité de mille euros, contre un taux officiel de frais de mission à l’étranger de deux cents cinquante euros.

Gracieuses prébendes financées, s’il vous plaît, par la gabegie transfrontalière… Les missions d’explication/justification de l’intérieur et de l’extérieur rivalisaient d’indécence et d’incommodité, envers le président déchu qu’elles accusaient de tous les maux. Neuf ans plus tard, le temps a fait son œuvre. Les plus extravagants parlementaires se sont tus.

Au point que je sois particulièrement devenu « nostalgique » des envolées lyriques et dithyrambiques des chantres de la situation, tels Mohamed Ould Bebana, El Khalil Ould Teyib, Sid‘Ahmed Ould Ahmed ou autres sénateurs déclamant, presqu’en transe, les « prodigieuses » réalisations d’un certain « président des pauvres » dont la providentielle résurrection allait mener la Mauritanie de « l’exigüité à la largesse ».

Que sont devenus les grands soutiens internationaux de la Rectification du six Août ? Les Mauritaniens se rappellent, certainement encore, les poings levés du feu leader libyen, scandant six, six.

Il se retournera certainement dans sa tombe lorsqu’il apprendra dans quelles conditions son puissant directeur des renseignements fut bradé, à son pays, par le pouvoir qu’il avait contribué à légitimer. Les élections gabonaises ont fait goûter, à Jean Ping, l’amertume des fraudes électorales.

Les déroutes électorales des présidentielles, en France et au Sénégal, feront méditer Abdoulaye Wade et Sarkozy de ce qu’ils auraient mieux fait de s’occuper d’arranger leurs affaires internes, plutôt que d’aller s’immiscer dans celles d’un pays ami, sans savoir de quoi demain sera fait.

C’est depuis plusieurs années que l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou a choisi de vivre au Maroc. Les accords de Dakar sont loin. Ici, c’est Nouakchott. Qui les cherche doit aller à Dakar. La panique des premiers jours du coup d’Etat est bien passée. La campagne de la présidentielle de 2009 aussi.

Le message, on ne peut plus clair, de Mohamed Ould Bouamatou aux populations de Nouakchott, n’est plus qu’un lointain souvenir. Ses généreuses donations, en argent, en villas, en voitures luxueuses, pour faire avaler, à tous, la grosse couleuvre : acteurs nationaux influents, organisations régionales, responsables internationaux et autres ; ont été bien digérées.

Il ne lui reste plus que l’exil, l’amertume et les poursuites judiciaires, pour… gabegie transfrontalière. Le Sénat appartient désormais à l’Histoire. Son puissant président, devant qui ministres et généraux faisaient courbettes, passe des jours incertains aux Almadies de Dakar. Ses amis sont « triés un à un », pour être disgraciés, sans autre forme de procès.

L’ancien coordinateur du juteux projet Education/Formation et l’ex-directeur de la SNDE à Rosso qui viennent d’être limogés sont des exemples, éloquents, de cette chasse aux amis et proches de l’ancien président du Sénat.

Celui-là même qui vient d’être dégagé, manu militari, d’une maison à Rosso, après avoir été mis en demeure de bien vouloir la libérer, et dessaisi de trois magasins qu’il sous-louait, depuis plusieurs années.

Pendant ce temps, l’ancien premier président démocratiquement élu de la Mauritanie coule des jours paisibles à Lemden, en « colombe de mosquée », déroulant son chapelet pour accomplir la « prière de la Fatiha ». Excusez-nous, monsieur le Président. Dans l’espoir de vos prières pour la Mauritanie.

Sneiba El Kory



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 5
Lus : 2232

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (5)

  • Sidikader200 (H) 03/11/2017 07:30 X

    Il n'y a pas un crime de haute trahison plus grave qu'un coup d'état contre un president démocratiquement élu , coup d'état commis par un général pour la simple raison qu'il a été limogé de son poste . Il y a beaucoup de fumistes dans ce pays

  • ASSOCIATION MAIN PROPRE (H) 02/11/2017 23:27 X

    Sidi Mohamed ould Cheikh Abdallahi a été destitué pour haute trahison ,Un document confidentiel dont nous avons pu obtenir copie, indique l’intention de celui-ci de procéder au bradage des entreprises publiques: EXEMPLE la vente DE LA SNIM au groupe MITTAL L'indien. Sidi Mohamed ould Cheikh Abdallahi voulait brader la Mauritanie . je tiens à signaler que depuis la disparition de HABIB OULD MAHFOUTH (ALLAH YARAHMOU) ,le journal le calame est devenu une véritable calamité publique. VIVE AZIZ LE SAUVEUR DE LA MAURITANIE

  • Autopsie (H) 02/11/2017 23:19 X

    Votre constat est juste, tous ceux qui ont aidés à la destruction du régime de Sidi, sont parties avec des gaffes et des regrets et cela n’est pas finit, il faut qu’Aziz ait l’intelligence de remettre les pendules à l’heure, pour commencer il doit : 1/ Demander publiquement pardon a Sidi Cheikh Abdallahi et à la famille Mbaye Niass, pour qu’ils arrêtent leur chapelet sur Aziz et son gouvernement et cela les disciples de Mbaye Niass le font jusqu’au Nigeria. 2/ Il doit libérer le Sénateur Ould Ghadda. 3/ Il doit enlever le contrôle judiciaire sur les journalistes, les syndicalistes et annuler le mandat d’arrêt contre Bouamattou, pour lui permettre de revenir au pays et demander pardon à l’ancien Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, faute de quoi je ne vois que des jours sombres et malheureux pour lui, sa famille et son gouvernement.

  • Autopsie (H) 02/11/2017 23:07 X

    En ce qui concerne les laudateurs menteurs qui crier de toutes les forces qu’Aziz devait faire un troisième mandat, Aziz a compris qu’ils sont tous des opportunistes, des laudateurs avec un double langage et des péroreurs qui n’ont aucune conviction politique, Khalil ne laissera jamais son ami et frère de Ould Lagdaf, ils sont parent, Ould Maham s’entend mieux avec Ould Lagdaf qui est un homme de consensus, donc il est clair que Ould hademine sait la position de khalil et des autres, comme de Ould Maham, il va les détruire comme c’est n’est pas possible, Ould Hademine a compris que khalil n’était pas convaincu des changement constitutionnels et il manœuvré à contre-courant, mais en douce en faisant le BOUSSELIMETOUL KESSAB, il était un couteau à double tranchant.

  • Autopsie (H) 02/11/2017 23:04 X

    Sneïba le marabout de LENDEN n’a jamais pardonner les hommes qui l’ont amené, malmené et ridiculiser devant le peuple mauritanien et le monde entier, Sidi ould Cheikh Abdallahi est un disciple un vrai (Talibé) de Mbaye Niass, leur chapelet n’échappera jamais la tête des hommes qui ont trahit, je vous le dit quelque soit les résultats Aziz finira mal et très mal demain dans la vie. Il faut savoir qu’ils payeront un à un cette trahison, Aziz a déjà goûté un peu et un tout petit peu, le reste arrive doucement avec le temps qui le rend impopulaire et indésirable qui risque de le conduire en prison.