01-12-2017 16:33 - Ely Ould Krombolé (droit de réponse)
Mohamed Hanefi - Capitaine Ely. Je vais essayer de vous parler en respectant les règles de la bienveillance. Comme il se doit pour un officier de l'armée, de votre rang et dont la principale devise est l'Honneur.
Si vous n'aviez pas longtemps nagé dans les miasmes du tribalisme abject, je ne vous dirais rien sur moi. Mais sachez mon capitaine, puisque vous aviez introduit cet anachronisme, que je n'appartiens à aucune tribu. Je suis né d'un mariage d'une peule, Dieu ait son âme, et d'un homme des Idawali, qui a vécu dans les Oulad Ebyéri, et je n'aurais jamais su à quelle tribu appartenait ma famille, si certaines circonstances ne m'y avaient poussé.
Monsieur Ely, je ne suis ni érudit, ni mufti. Ni autoproclamé, ni auto-quoi que ce soit. Je suis un prof de français, très ordinaire. J'ai passé ma vie à vivre comme vit le commun des mortels.
"Mon Dieu est celui qui fait vivre et qui fait mourir".
Le Seigneur de Noé, d'Abraham, de Moise et de Mohamed (pse) Le vôtre, est votre choix de croyances. Puisque vous ne souffrez d'aucun traumatisme, ni d'aucun handicap.
Capitaine, j'ai passé deux années dans l'armée, pour le service obligatoire à l'Emia d'Atar. J'avais 17 ans, mais j'ai appris beaucoup de choses. Notamment sur la ligne morale d'un officier.
J'ai passé onze années comme prof au lycée national, au lycées arabe et technique, au centre supérieur technique. J'avais des chaussures de "poumons" et un ou deux boubous de la "déchirure 42". J'avais des promotionnaires devenus généraux. Des parents ministres et plus. Je n'ai jamais été nommé en rien du tout en Mauritanie. Et j'étais fier de ces proches, qui ne m'avaient pas choisi sur les critères auxquels vous faites allusion.
Je n'ai pas fonctionnalisé ma langue à écorcher les gens. Ceci je l'ai appris par la discipline inculquée par des officiers, qui ont vécu et qui sont morts dans le respect strict de la patrie et de l'autre. Jiddou Ould Saleck, Mohamed Lemine Ould Ndiane, capitaine Diop etc. J'ai travaillé avec le capitaine Ely Ould Mohamed Vall, Dieu ait son âme.
Vous êtes un capitaine. Vous avez servi dans le métier noble, pour un temps fixé par mon Dieu, qui a déterminé le destin de chaque créature.
Qu'est ce qui vous a poussé dans cette foulée que je n'ai pu saisir à mettre dans le même panier le colonel Abderrahmane Ould Boubacar, avec Ould Mkhaytir? Si vous connaissiez bien le colonel Abderrahmane, comme vous l'affirmez, vous n'auriez pas dit que c'est un officier, qui " mon Dieu, Ould Boubacar risque de commettre l'irréparable encore une fois."
Quel irréparable, mon capitaine ?
On sentait dans vos propos une haine sordide et injustifiée envers un homme, votre supérieur de surcroit, pour la simple raison, que vos désirs ou votre ambition n'ont pas été exaucés à un moment de l'histoire de votre carrière.
Ne vous êtes-vous pas demandé, une fois, que c'est peut-être la nature de votre relation avec vos supérieurs, qui était à l'origine de cette mauvaise chance ? Vous l'avez fait avec le président actuel, jusqu'au moment où vous avez subitement changé à 360 degrés.
Capitaine, d'après les préjugés, auxquels je ne crois absolument pas, les hommes de lignée si supérieure, comme la vôtre ne tombent pas dans les petites choses. L'homme est ce qu'il est, et non pas ce que furent ses ancêtres. Un conseil de frère: départissiez-vous de ce complexe, qui ne vous sied pas.
Je vous ai dit et je vous le répète que "Tfou", ne peut atteindre le ciel. Abderrahmane Ould Boubacar est un vieux, qui peut au minimum être votre grand frère. Toute l'armée nationale mauritanienne l'a connu comme un officier modeste, pieux et droit. Que peut représenter votre descente bruyante, devant tant de témoignages honorables en sa faveur?
Capitaine. Vous êtes un fils indispensable pour cette société. Cette entité humaine, a ses constantes, ses valeurs, et ses paramètres, qui rivalisent avec le sacré. Nous avons une ligne morale, qui représente tout notre patrimoine humain, moral et religieux. La démocratie, si elle déshabille des principes, est nocive capitaine. Je ne sais pas ce que le message de votre Dieu vous dit.
Le mien m'a confirmé qu'Il défend les croyants. Vous avez sauté très haut sans raison et sans bénéfice en vue. Il n'est pas interdit au colonel Abderrahmane, comme au général Ould Abd al Aziz, d'exprimer une inquiétude, sans arrière pensée pour un ami et un compagnon d'arme, comme il l'exprimerait demain si un quelconque autre officier mauritanien venait à mourir brutalement. Même s'il ne le connaissait pas.
Le mal est que nous passons notre précieux temps à interpréter et à envenimer les choses. Malheureusement. C'est pourquoi, sans vous adresser le moindre mot déplacé (et ce n'est pas mon genre), je vous ai dit que ces flèches du mal dirigées tout azimut, ne porte pas bonheur.
J'ai appris qu'un soldat peut mourir pour deux choses : Son honneur et sa patrie. Je n'aime pas le pédantisme et je ne suis pas un ARIAS, pour vous épater avec les termes tout droit sortis des encyclopédies poussiéreuses, bourrées de termes kilométriques, dont la morphologie s'est perdue dans la nuit du temps.
Mais je vous le répète : un homme de grande "lignée", comme vous affirmez l'être (et je n'ai, sincèrement aucune raison de ne pas vous croire), ne tombe pas dans les petites choses.
Vous distribuez des choses graves et inutilement.
Mais je vous l'ajoute en toute fermeté, ne comptez pas sur moi, pour vous alimenter un feuilleton, dont le thème sera l'alignement de votre nom à celui du colonel Abderrahmane. Lui je le connais très bien et vous, je ne vous connais pas.
Lui ne vous a rien dit de mal et vous, vous le ciblez avec de bien mauvaises choses à partir d'un autre continent. Ne me dites pas qu'il vous a préféré un autre pour l'envoyer en Amérique. Vous avez dit aussi que je me suis autoproclamé "mufti", et que le président Aziz ne priait pas etc.…
Quelle preuve avez-vous pour étayer ces affirmations, on ne peut plus gratuites? Ce n'est pas bien. Vous êtes plus grand que cela mon capitaine. Vous avez cité un autre capitaine, d'une autre nature: le capitaine Breika Ould Mbarek. Celui là aussi est mon frère. Nous avons habité sous le même toit, le sien pendant des années.
Il a été élevé aux plus hautes sphères de l'état par le président Mohamed Khouna Ould Haidalla, avant d'être emprisonné par son successeur, Maawiya Ould Sid Ahmed Taya. L'avez-vous, une fois, entendu critiquer ses anciens supérieurs ou ses frères d'armes, mon capitaine ? Breika est un officier drapé dans l'honneur de la carrière noble, qui croit en chez lui et accepte ce qui est écrit. Quitter l'armée, ne veut pas dire carte blanche pour se délier de son devoir d'honneur.
Révisez-vous, Monsieur Ely Ould Krombolé. Vous êtes un mauritanien, lié par certaines valeurs. Vous êtes vous-même valeureux. Si dans cette nouvelle tranche de temps, ce qui faisait mourir ne fait plus honte. Nous resterons ce que nous avons devoir de rester, ou nous ne serons plus rien du tout.
Mes respects sincères et mes souhaits de non "mouvtisme", pour vous d'une vie meilleure. Mon Dieu à moi dit " Que jamais il ne ferme une porte à une créature, sans en ouvrir une nouvelle." J'en ai vécu l'expérience.
Fraternellement.
Mohamed Hanefi. Koweït.
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