30-04-2018 09:12 - La loupe du Rénovateur : Gagner le temps ou perdre la main !
Le Rénovateur Quotidien - Le temps passe, les acteurs politiques campent sur leurs positions. Le camp de la majorité tente de ratisser large avant les prochaines échéances électorales en dressant mécaniquement les listes de ses militants potentiels, sans encore s’armer de l’intelligence politique nécessaire pour convaincre l’opinion sur sa capacité de gouverner autrement.
Dans les rangs de l’opposition on tergiverse faute de garanties fiables après l’échec d’un dialogue secret entre l’upr et le fndu qui a tourné aux pipeaux. Et de nouveau la classe politique s’installe dans un assourdissant charivari.
A qui donc la faute si la situation politique continue à se dégrader, la démocratie tourner à vide en l’absence de mécanismes de régulation de ses interminables crises et dérapages ?
A qui profitent le statuquo et les incertitudes pré-électorales marquées par les contestations et réserves légitimes soulevées par une opposition désarmée, des analystes politiques et leaders d’opinion sur les conditions d’organisation des prochaines élections à propos de la garantie de leurs transparences ? En se contentant de se focaliser essentiellement sur les querelles de succession sans se soucier des fondamentaux de la démocratie, les acteurs de la scène politique mettent en avant leurs ambitions conjoncturelles au détriment de l’avenir du pays.
Ce virus attaché au fauteuil présidentiel principal agent pathogène de l’alternance pacifique est la cause de tous les chaos en Afrique et dont les menaces sont fortes à l’approche de toute élection. Notre édifice démocratique est fragile, les institutions qui le soutiennent précaires, si bien que les moindres secousses pourraient tout chambarder. L’urgence n’est pas d’aller à tout va vers des échéances mal préparées mais d’en créer les conditions requises à leur mise à niveau pour en assurer la crédibilité.
A voir tout ce branle bas de combat dans le camp de la majorité avec ses barons qui s’investissent dans la propagande du parti face à une opposition qui a du mal à se frayer une voie tant elle est laminée par des erreurs historiques répétées, force est de se demander si les prochaines élections ne consacreront pas la continuité des mauvaises expériences et pratiques politiques qui ne cessent de générer des cauchemars. La démocratie ne se limite pas seulement à organiser des élections. C’est bien plus que cela.
Elle trouve son point d’achèvement dans l’ancrage de ses institutions dans un Etat de droit garant d’une bonne gouvernance politique et d’une alternance pacifique. Si la politique est à l’image des hommes qui la font, le changement se fait à l’aune de la maturité de son peuple.
Entre volonté et fatalité, le destin est suspendu au tribunal de l’histoire …
