10-06-2018 16:33 - Mauritanie : une centrale syndicale veut traîner l’Etat devant l’OIT

Journal du Cameroun -
La Confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM), dans un communiqué dont APA a reçu copie, fait part de sa décision de relancer la plainte qu’elle avait déposée en mars 2016 contre le gouvernement mauritanien auprès de la commission de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du travail (OIT).
Cette plainte avait été à l’origine de la mission du Bureau international du travail (BIT) qui a séjourné en Mauritanie début janvier 2017 et qui a conduit à la conclusion d’une feuille de route signée en mars 2017, rappelle la CGTM dans son communiqué.
La même centrale, l’une des plus importantes du pays, a ajouté que, suite à sa demande, une telle plainte a été suspendue en signe de bonne volonté pour donner l’occasion à ladite feuille de route d’être réalisée.
La nouvelle décision intervient en réaction à la signature, récemment à Genève, d’un accord entre l’Etat mauritanien, la Confédération syndicale internationale (CSI) et certaines centrales syndicales mauritaniennes affiliées à celle-ci.
L’accord signé à l’insu de la CGTM porte sur la question du travail forcé et de la lutte contre l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie, sur l’abolition du travail des enfants et sur la question de la représentativité syndicale.
Le communiqué signale que la question de la détermination de la représentativité syndicale a été renvoyée jusqu’à fin mars 2019.
Selon le communiqué, les parties signataires ont « fini par concéder au gouvernement un avantage qui est celui de pouvoir continuer à violer la liberté syndicale et les droits des travailleurs d’avoir leurs délégués du personnel et d’avoir leurs représentants pour entamer les négociations sociales dans le pays ».
Pour la CGTM, il s’agit là d’une récompense à « un gouvernement qui n’a pas été à la hauteur des engagements déjà pris dans le cadre de la feuille de route qu’il avait signée avec les organisations syndicales affiliées à la CSI sous les auspices du BIT en mars 2017 et qui devait être clôturée en novembre» de la même année.
Apanews