13-01-2021 10:35 - L'Editorial du Calame : Dangereux précédent

L'Editorial du Calame : Dangereux précédent

Le Calame - Le dossier dit de la corruption a enfin bougé. L’ex-Président Ould Abdel Aziz, les responsables et les hommes d’affaires qui y sont impliqués ont été convoqués par la police chargée des crimes économiques et financiers pour signer leurs procès-verbaux d’audition.

Tous se sont prêtés au jeu, sauf Ould Abdel Aziz qui se planque toujours derrière l’article 93 de la Constitution censé lui garantir une immunité. Tout comme il n’a cessé de dénier aux policiers la possibilité de l’interroger, refusant systématiquement de répondre à leurs questions. Ce qui, tout compte fait, ne change rien à la donne.

Les dossiers seront transmis au Parquet qui procédera, à son tour, à un nouvel interrogatoire avant d’envoyer tout ce beau monde devant un juge d’instruction qui peut, au vu des éléments dont il dispose, soit les envoyer tous en détention préventive ou les mettre sous contrôle judiciaire en attendant un procès.

Qui s’annonce d’ores et déjà retentissant. C’est la première fois, en effet, qu’un ancien président de la République est trainé devant les tribunaux pour malversations, gabegie, détournement de deniers publics.

En une décennie, Ould Abdel Aziz a saigné ce pays à blanc avec la complicité de responsables véreux et d’un clan vorace. Si la justice suit son cours normal – ce dont beaucoup commencent à douter vu la lenteur de la procédure –il n’aura que ce qu’il mérite : une expropriation en bonne et due et forme et quelques années derrière les barreaux.

Mais il ya loin de la coupe aux lèvres. Le système qui nous dirige n’a pas encore dit son dernier mot. Laisseront-ils un des leurs jeté en pâture au risque d’un dangereux précédent ?

Ahmed Ould Cheikh





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Commentaires (5)

  • Marrakech (F) 13/01/2021 17:41 X

    Pourquoi accepter ce faux prétexte d'Aziz ? Aziz était protégé en tant que président, il est redevenu un simple citoyen, il doit donc rendre des comptes des actes délictueux commis pendant son mandat !

  • habouss (H) 13/01/2021 14:23 X

    " Le système qui nous dirige n’a pas encore dit son dernier mot". Ce propos vaut son pesant en or, il érige le destin de ce malheureux pays pris dans les griffe de ce Système infame de gestion des affaires. Tant que ce Système n'est pas mis nu, des incohérences, tel le comportement de ce président qui malgré avoir mis à sac le pays, était prié par certains imbéciles pour rester un 3ème mandat, pourquoi pas à vie, persisteront !

  • yanis (H) 13/01/2021 14:23 X

    Excellent! C'est succinct et tout est dit...

  • activiobservat (H) 13/01/2021 12:17 X

    Le traitement juridique actuel de l’affaire est une question de « forme »-devant les juridictions de droit commun ou devant la Haute cour- cela importe peu. La forme est certes importante. Mais c’est le « fonds » qui importe le plus pour déterminer si quelqu’un, moralement, peut s’approcher ou s’éloigner des auteurs de l’affaire. Le fonds de l’affaire saute aux yeux : l’ampleur de cette affaire de la dernière décennie est sans précédent dans l’histoire du pays et dans la sous-région.

    Les dégâts de la dernière décennie se sont déroulés devant les yeux de tout le monde. Personne parmi les civils et les militaires n’a jamais pris un réel risque de les empêcher sauf de rares journalistes et blogueurs ou aussi l’ex président feu Ely, et csonertaines personnes de son entourage tribal, Bouamatou, ex senateur Ghadda..., qui savaient bien que l’aventure de leur cousin dans la dernière décennie ne pouvait avoir qu’une fin malheureuse pour tous.

    Contrairement à feu Ely, tous ceux qui étaient dans le système de l’ex président (majorité et opposition) ne prenaient aucun risque réel pour éviter ce qui s’est passé.

    A présent, le Président Ghazouani non seulement continue à ménager et garder les personnes de la décennie précédente, mais aussi il commence à leur amener des renforts en nommant à la tête des conseils d’administration de grandes sociétés publiques, la nouvelle société de l’entretien routier ETER(ENER) et Mauritel, des personnes symboles de la mauvaise gestion.

    Pour ETER(ENER), Didi Ould Biyé était au budget et aux finances au temps de l’ancien régime du président Maaouiya O. Taya. Il paraît qu’il était l’équivalent du Moctar Ould Diay de la dernière décennie avec tout ce que cela comporte. Il paraît que « Didi Ould Biyé, au temps de Maaouiya », était exactement le sosie de « Moctar Ould Diay dans la dernière décennie ».   Ainsi, le Président Ghazouani aura actuellement deux « Moctar Ould Diay » dans son regime.

    Pour Mauritel, le ministre de l’intérieur de la dernière décennie Ould Abdallah avait bien participé à la gestion des affaires de la dernière décennie même si on ne lui connaît pas de cas flagrant de mauvaise gestion.

    Tout le monde espérait que Ghazouani va finalement avoir du courage et abandonner cette attitude de peur et d’hésitation qui l’habite. Sa manière de ménager les intérêts de son prédécesseur de la dernière décennie n’est ni dans l’intérêt de son prédécesseur et c’est dangereux pour Ghazouani lui-même et pour la nation. Les répercussions de cette manière de faire risquent d’arriver en moyen et long terme en boomerang.

     Le problème est que celui ou ceux qui ont causé les dégâts de la dernière décennie, il y a encore dans notre pays d’autres qui ont exactement leur profil, leur éducation, leur niveau, leur soucis, et ces gens-là du même profil que lui, qu’eux, vont se dire que c’est faisable, qu’il faut qu’ils réalisent eux aussi  exactement le même exploit que le copain qui était du même genre qu’eux, du même profil, qui ne pensait pas pouvoir ni devoir un jour s’occuper des affaires publiques à un si haut niveau. Alors, ces gens-là du même profil feront tout pour avoir leur décennie, leur tour comme Président de la république, avec un partenaire fidèle à l’état-major de l’armée et réaliser des exploits (dégâts) plus importants pour avoir une fortune au moins égale à celle amassée dans le régime précédent. Les copains se comparent entre eux. Et, cette fois, cette décennie-là, le pays ne va pas seulement s’affaisser, il va s’écrouler.

    Sauf sursaut venant de quelque part. Il va s’écrouler sur nous autres, sur tout le monde y compris ceux des dégâts de la dernière décennie et ceux du même profil qui vont venir faire la même chose demain ou après-demain dès qu’ils constatent que les dégâts précédents sont passés impunis malgré leur ampleur, ou que leur auteurs ont pu garder tout ou une partie de ce qu’ils ont détourné.  En gardant une partie de ce qu’ils ont détourné, ils sont toujours gagnants et c’est motivant pour ce genre de profils pour aller dans l’aventure.

    اللهم لا تؤاخذنا بما فعل السفهاء منا

  • activiobservat (H) 13/01/2021 11:33 X

    Les poursuites de la gabegie de la décennie de Ould abdel Aziz, si elles vont se faire, ce n’est pas le régime actuel de Oul Ghazouani qui va les faire. Sauf sursaut venant de quelque part, ces poursuites ne seront pas faites pour bientôt.

    En tous cas, ce régime actuel ne peut pas les faire car tous ceux qui sont responsables de mener ces poursuites sont eux-mêmes mouillés dans d’autres affaires, ou, ils sont tous simplement craintifs et hésitants. Ils ne sont pas des hommes d’Etat au vrai sens du mot. Ils ne mesurent pas par rapport à l’intérêt national la gravité de cette gabegie dont l’ampleur est sans précédent dans l’histoire du pays et dans la sous-région ouest africaine.

    Les principaux responsables pour mener ces poursuites sont : le ministre de la justice, Oul Boyé, nonchalant, de mentalité bédouine (pas au sens péjoratif mais au sens de tribale), il avance au même rythme que son président Ghazouani, lui-même encore plus craintif et hésitant dans le traitement de l’affaire. Le ministre de l’intérieur, Oul Merzoug qui n’arrive pas à se libérer de sa perception d’être nommé par discrimination positive et d’assumer concrètement sa responsabilité dans le traitement de l’affaire.

    Au contraire, Oul Merzoug se soucie surtout de comment s’habiller et sortir sur les écrans. L’exhibitionnisme médiatique est son sport favori, l’exhibitionnisme intellectuel aussi, il y dépense une bonne partie des commissions qu’il arrive à recevoir dans l’exercice de ses fonctions. Il vient de se faire attribuer un prix par l’ONG mauritanienne Choukrane la semaine dernière pour soigner son image, mais cela n’a pas duré longtemps. Une autre ONG ouest africaine qui suit les aspects de bonne gouvernance dans les pays de l’Afrique de l’Ouest, vient de féliciter notre ONG Choukrane pour avoir décerné des prix dans son édition 2020 à certaines institutions et des distinctions à certains ministres, mais, cette ONG ouest-africaine a émis des réserves sur celle décernée par l’ONG Choukrane à Ould Merzoug. Il paraît que les réserves émises sur Oul Merzoug par cette ONG Ouest africaine sont fondées sur les rapports qu’elle a reçus de ses points focaux pays, en Mauritanie et au Sénégal, sur la gestion de Oul Merzoug aussi bien en Mauritanie, y compris pour la pandémie COVID, que sur les poursuites liées à son séjour antérieur au Sénégal dont sa gestion de l’OMVS.

    L’ONG régionale SeticaWestAfrica a félicité l’ONG mauritanienne "Choukrane" pour son édition des prix décernés en 2020, mais avec des réserves sur Oul Merzoug le ministre de l’intérieur. Source: traduit de :

    منظمة "سيتيكا وا" غرب افريقيا...تَتَحفَّظُ على الجائزة التي منحتها منظمة "شكرا" الموريتانية لوزير الداخلية ولد مرزوق http://elilami.info/node/12848

    Quant au président Ghazouani, on ne doit pas lui demander plus que ses capacités. Pourtant de bonne éducation et de bonne foi, depuis plus d’une année, il distribue à gauche et à droite toute sorte d’avantages pour qu’on oublie les poursuites judiciaires de la décennie précédente et le laisser lui tranquille, lui donner la paix, car il a des craintes terribles et un embarras qui l’habitent. Il a gardé cette peur de son prédécesseur depuis qu’il le servait comme Chef d’Etat-major.

    Cette même peur l’avait poussé à bien garder le pouvoir pour son prédécesseur au moment où ce dernier était longuement hospitalisé. La même peur l’avait obligé d’accepter d’être candidat à la présidence en 2019, à la demande de son prédécesseur. La même peur l’oblige maintenant à faire passer le temps pour retarder les poursuites des personnes impliquées dans l’affaire de la dernière décennie. Une demande pressante et croissante d’une certaine opinion publique nationale et internationale au Président Ghazouani pour qu’il cesse de faire passer le temps pour retarder ces poursuites.

    Cette pression continue malgré les distributions des milliards aux populations face au coronavirus, mais aussi pour calmer cette demande pressante de cesser de faire passer le temps pour retarder les poursuites et récupérer les biens publics détournés dont la valeur est sans précédent dans l’histoire du pays et de la sous-région ouest africaine.